C'était mieux avant


  • Pensée de la Police

    par Adehoum Arbane le 10.05.2016 Et si les années 80 étaient moins insipides qu’il n’y paraît ? Deux groupes et peut-être deux chansons démontrent, s’il en était, la résilience d’une musique qui serait cependant rudoyée, torturée pour finir rabougrie à force de céder aux canons des radios et, ô nouveauté, de la télévision, surtout MTV et son média roi, le vidéo clip. Le premier des groupes sonne familier à l’oreille, pas tant pour sa référence autoritaire mais pour la qualité et l’originalité de son répertoire, je veux parler de The Police. 
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  • Libéralisme et progressif

    par Adehoum Arbane le 18.04.2016 Jamais une doctrine économique – habituellement décriée – n’aura autant collé à un genre musical. Loin de l’appréciation sommaire – (rock plus argent) multiplié par cynisme égale capitalisme – à laquelle on aurait trop facilement la tentation de céder, il s’agit bien de montrer en quoi le rock progressif s’avère un style profondément pénétré, habité par le théorie libérale. Celle-ci ne doit pas au passage être vue comme un dogme, mais bien comme un prisme.  Si nous devions la définir brièvement nous dirions qu’au-delà de l’adéquation naturelle entre offre et demande...
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  • Alice Cooper, hell et lui

    par Adehoum Arbane le 12.04.2016 Les apparences sont trompeuses et, par prudence, il ne faut jamais s’y fier. Pour le commun des mortels adepte du métal le plus sommaire, Alice Cooper c’est l’homme à la peau parcheminée, regard fardé-zébré et commissures d’où s’écoule un sang noir, un corps de pantin tout en perfecto clouté et pantalon de cuir, parfois accompagné d’un python, voire plus inquiétant d’une hache. Âme damnée souvent annonciatrice d’un tonnerre de décibels. Pour quelques-uns, les 30% les plus érudits, Alice alias Vincent Furnier est surtout cette ancienne gloire des sixties-seventies
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  • Premiata Forneria Marconi, classique latin

    par Adehoum Arbane le 28.03.2016 D’une certaine manière, la musique classique était la pop des temps anciens. Les compositeurs incarnaient l’avant-garde et jouissaient en même temps d’une grande renommée. Ils voyageaient de pays en royaumes pour jouer leurs œuvres devant les grandes cours d’Europe. Ils s’appelaient Bach, Mozart, Wagner, Chopin, Berlioz, Ravel, Purcell, Vivaldi, Rossini, Puccini. À cette époque donc, quatre nations dominaient : l’Allemagne et la France, dans une moindre mesure l’Angleterre et bien sûr l’Italie. L’Italie, pays dont la puissance patrimoniale fit écho jusque dans la musique mais en cultivant certains particularismes, un romantisme échevelé
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  • Cressida, folle élégance

    par Adehoum Arbane le 21.03.2016 Et si derrière les stéréotypes culturels, jaillissait – haut et fier – le soleil de la vérité ? Ainsi l’élégance reste la marque indélébile des britanniques. Preuve en est le deuxième album de Cressida – Asylum –, paru en 1971 sur le mythique label Vertigo. Car derrière cette pochette Syd Barrettienne se cache un disque exquis, mêlant avec une grâce infinie – savamment dosée – jazz, pop et envolées progressives mesurées. Disons-le d’abord pour en être débarrassé – la comparaison n’est pas honteuse, voire plutôt flatteuse –, Cressida pourrait largement s’inscrire dans la scène de Canterbury, lui manque peut-être cet orgue fuzz pour y prétendre. 
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  • King Crimson, Red dingue

    par Adehoum Arbane le 07.03.2016 On dit souvent – ce n’est pas faux – que Low posa les bases de la new wave ; de la froideur et de la mélancolie dans la pop. Pourtant trois ans avant, un groupe devant livrer son chant du cygne jeta avec impudeur l’une de ses œuvres les plus crues, et en même temps la plus aboutie. Fondatrice. Ce groupe, c’est King Crimson. Cet album, c’est Red. Disque au nom trompeur – quoique – car tout ici suinte la noirceur d’une âme torturée, que son physique de professeur de mathématique ne laissait pas présager ; nous parlons du guitariste Robert Fripp.
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  • Rock’n’roll suicide

    par Adehoum Arbane le 29.02.2016 Comme pour la vie, la mort est intimement liée à l’histoire du rock. Ce fut d’abord les morts subites, précoces, forcément injustes. Buddy Holly, Otis Redding. Puis le fameux club des 27 inauguré par Brian Jones, suivi du trio infernal Hendrix, Joplin, Morrison. Mais là, les choses sont différentes. Ce nouveau cycle funèbre a commencé le 4 décembre 1993 avec le décès de Zappa, pour se poursuivre le 9 aout 95 avec celui de Jerry Garcia. Mais cela n’était qu’un prologue. Les années 2000 marquent la confrontation entre deux visions de la mort, deux slogans. 
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  • Argus, grosse cotte

    par Adehoum Arbane le 22.02.2016 La six cordes, une affaire d’hommes. De préférence virils, triturant les riffs comme on soulève les montagnes. En cette fin de seventies, alors que certains explorent le versant caché de leur féminité, la majorité s’adonne à un rock dur, tout à la fois heavy, mental, metal, hurlant. Sauf peut-être Wishbone Ash. Qu’ils soient anglais ne tient aucunement au hasard, tant leur musique se veut de la dentelle, assemblée pourtant à la pointe du médiator. Wishbone Ash n’appartient pas à la première division des groupes et artistes essentiels, cette poignée qui à elle seule a révolutionné le rock. 
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  • Jim, Croce du droit

    par Adehoum Arbane le 08.02.2016 Dilemme absurde comme il en existe tant, les quelques disques qu’on aurait le droit d’emporter – on se demande bien qui décida de cette règle – sur une île déserte. Ou pire, ceux qui finiront à coup sûr dans les classements du type, les 50 meilleurs albums de tous les temps, ever. Ces œuvres ont en commun d’appartenir à la première division du rock, soit les incontournables, et que l’on ne fera pas l’offense de citer. Certes, il existe loin derrière les œuvres mineures, voire dispensables et au milieu, coule la rivière de ces petits chef-d’œuvre oubliés...
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  • Martin Circus, les marrants de l’an II

    par Adehoum Arbane le 01.02.2016 En 1971, lorsque Martin Circus publie son deuxième effort – et quel effort ! –, baptisé sobrement Acte II, le groupe progresse sans changer de cap. C’est là sa grande force. Loin des Ange, Mona Lisa, Atoll qui s’évertuent à jouer les copistes d’un prog, anglais à l’écrasante majorité, Martin Circus approfondit la musique initiée sur En direct du Rock’n’roll Circus. Soit un rock efficace mais sans cesse imaginatif. Surtout, jamais il ne cède aux sirènes de la mode, des codes soufflés en catimini par les grandes formations comme Genesis ou Yes. 
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  • Martin Circus, acte fondateur

    par Adehoum Arbane le 18.01.2016 On réduit un peu trop vite Martin Circus au rock à nez rouge. Une réalité bien française en général – certes – mais qui cependant se limite à la période mainstream du groupe dont le point d’orgue demeure l’épouvantable pastiche de Barbara Ann, Marylène. À leurs débuts les Martin n’étaient pas des – Les – Charlots. Pas encore. Ils représentaient même l’un des premiers et plus beaux fleurons du rock hexagonal, tenté par l’aventure underground et dont les références – Soft Machine et surtout Zappa – définiraient les contours d’un style en vérité audacieux. 
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  • Allen Toussaint, l’ouverture

    par Adehoum Arbane le 11.01.2016 Malgré les courants qui structurèrent les sixties – d’une nation à l’autre –, jamais celles-ci ne furent dominées par l’esprit de chapelle. Ainsi pouvait-on, à l’époque, passer sans difficulté de Led Zeppelin à Marvin Gaye. Un singer-songwriter incarna de façon exemplaire cette tendance à la transversalité : Allen Toussaint. Un disque résume à merveille cette philosophie : Southern Nights. Considéré depuis comme sa meilleure contribution, il ne faudrait cependant pas s’arrêter au seul critère du jugement, fut-il communément partagé, mais plutôt explorer l’œuvre en question afin d’en saisir l’importance. 
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  • Help Yourself, yankee es-tu ?

    par Adehoum Arbane le 14.12.2015 Il y a dans l’histoire du rock un épiphénomène – peu relevé par définition – appelé l’identification qui appartient en vérité au registre le la psychanalyse. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un groupe essayant de sonner comme s’il était originaire d’un autre pays. Un exemple typique et pour le coup connu de tous, America. Ces clones sympathiques de CSN&Y ont toujours été fascinés par la pop anglaise, tant et si bien qu’ils choisirent George Martin comme producteur unique – accompagné du fidèle Geoff Emerick – à partir de Holiday, leur quatrième album paru en 1974. 
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  • King Crimson, îlot trésor

    par Adehoum Arbane le 07.12.2015 La dimension sacrificielle dans la musique pop prend des formes différentes. Des artistes maudits sombrant dans la dépression, voire trouvant la mort, à ceux embrassant la folie, incapables de déléguer à d’autres ce qu’ils préfèrent diriger d’une main de fer. Chez Robert Fripp, créateur et lead guitarist de King Crimson, cette dernière explore un nouveau biais, fondamentalement nihiliste ; ne respecter aucun code établi. Petite liste pour s’en convaincre : changement de line-up à chaque album – y compris de chanteur –, obsession pour "l’œuvre" au détriment du single...
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  • Jasper Wrath, adjoint de Tull

    par Adehoum Arbane le 23.11.2015 Dans la guerre ouverte – mais pacifique – à laquelle se livrèrent l’Angleterre et l’Amérique dans le domaine de la pop, Albion eut toujours, il faut bien le dire, un coup d’avance. Cela commença avec les Beatles en 65 qui amorcèrent le virage psyché avec une créativité certaine. Puis ce fut le tour de King Crimson qui, dès 69, ouvrit une nouvelle brèche, celle du prog rock, avec un premier opus déjà inclassable, à la fois terrifiant et phénoménal, In The Court Of The Crimson King.
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  • Thriller, n’ayons plus peur

    par Adehoum Arbane le 15.09.2015 Pour cette chronique, le je est obligatoire. Trop de raisons, de vérités, de souvenirs aussi m’obligent ainsi à me dévoiler. Longtemps j’ai considéré Thriller de Michael Jackson comme le sommet du mauvais goût absolu. Comme le pire représentant de la culture mainstream. La question n’est pas de me désavouer aujourd’hui, pire de faire acte de contrition. Je continue de garder mes distances avec le mythe, pas tant pour l’aspect le plus sordide de sa dernière décennie d’existence. J’avoue n’éprouver aucune attirance pour la période post Thriller...
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  • Zappa, le freak c’est chic

    par Adehoum Arbane le 17.08.2015 Et si le premier et plus grand double album rock de tous les temps n’était pas Blonde On Blonde de Dylan mais Freak Out des Mothers Of Invention ? Une fois lâchée, l’assertion peut sembler présomptueuse pour le quidam qui aurait décidé de s’aventurer ici, en ces lieux modestes où la grande et belle pop, son passé, son présent, s’écrivent jour après jour. Passé la consternation, après s’être bien frotté les yeux et ayant ruminé la dite phrase dans sa tête, n’importe qui d’un tantinet sensé aura compris que Freak Out est bien un album à nul autre pareil. 
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  • Seeds errants

    par Adehoum Arbane le 10.08.2015 Les virages, lorsqu’ils sont bien négociés, ne sont point mortels. Tout juste la machine accroche-t-elle un peu le bitume, arrachant à cette masse lisse, dure et saumâtre, quelques postillons de caillasses. Jadis Héraults du proto punk en mode acide, les Seeds ont emprunté cette chicane pourtant fatale. Passés en deux années de l’alpha du rock binaire, lacéré de farfisa, à un oméga pop couturé de clavecin, hautbois et autres harpe fantasmagorique, ils ont survécu livrant ainsi leur ultime chef-d’œuvre, chef-d’œuvre ultime, au titre sobre et prometteur : Future. 
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  • Gypsy, le contretemps des gitans

    par Adehoum Arbane le 03.08.2015 On a tout à craindre lorsqu’un groupe ayant débuté dans les affres du psychédélisme mordoré vire aussitôt mainstream. Gypsy est l’une de ces formations mineures qui fleurissent à la toute fin des glorieuses sixties et s’épanouissent tout de go durant les abondantes seventies pour ensuite disparaître. La décennie qui voit l’industrie s’imposer, est cruelle. Après deux excellents Lp en 70 et en 71 baignant dans un prog rock limpide aux morceaux étirés– mais toujours lisibles –, Gypsy simplifie sa formule tout en conservant son charme primal. 
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  • The Rascals, 71 année mélodique

    par Adehoum Arbane le 27.07.2015 Rares sont les groupes sixties qui franchirent la décennie suivante sans trop y laisser de plumes ; celles du songwriting en l’occurrence. Pour certains, il aura fallu un changement de leader – Pink Floyd –, pour d’autres un nouveau guitariste – les Stones –, sans parler de ceux qui virèrent tout simplement leur cuti – en gros tous les groupes psyché de San Francisco. Rien de tout cela pour les Young Rascals rapidement devenus les Rascals tout court et qui d’albums en Lp explorèrent de long en large la formule...
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  • The National Gallery, visite guindée

    par Adehoum Arbane le 20.07.2015 Bien avant le télescopage sidérant entre jazz et rock inauguré par Miles Davis sur Miles In The Sky, la rencontre entre ces deux genres que tout semblait opposer fut actée par le trompettiste Charles Frank « Chuck » Mangione. Sobrement intitulée The National Gallery Performing Musical Interpretations Of The Paintings Of Paul Klee, l’œuvre qu’il a en partie composée fait partie de ces projets fous, estampillés "album de producteurs" et qui trop souvent déçoivent par l’arrivisme de leur démarche et la piètre qualité de la musique proposée. 
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  • L’habit ne fait pas les Monks

    par Adehoum Arbane le 06.07.2015 Certainement le disque de rock garage le plus fou. Parce qu’enregistré, non pas dans un garage en direct de Ploucland USA, mais en Allemagne. Les Monks étaient des musiciens américains, tous enrôlés sous les drapeaux, et basés à Gelnhausen. Quand vient la quille, nos moines défroquent l’uniforme mais restent dans leur pays d’adoption pour y monter un groupe de rock. À l’époque – comme partout ailleurs –, la pop anglo-saxonne donne le la. Chacun y va – et y compris dans la patrie de Gœthe – de son combo en "The". 
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  • Rare Earth, prêt pour le succès

    par Adehoum Arbane le 23.06.2015 Comment expliquer que Get Ready, deuxième album de Rare Earth – groupe de seconde division, vaguement psychédélique et accessoirement américain – se retrouve depuis l’année 69 dans tous les bacs à disques de France et de Navarre ? Destin apparemment similaire à celui de Sweet Smoke, combo hippie américain installé en Allemagne et devenu étrangement star des hits parades hexagonaux. Leur unique point commun, avoir été signés par un gros label, EMI s’agissant de Sweet Smoke. Mais là où Rare Earth se distingue de son homologue
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  • Les Beatles sont morts, vive les autres

    par Adehoum Arbane le 15.06.2015 Le 20 septembre 1969, ô cataclysme, Lennon annonce son départ des Beatles, six jours avant la sortie d’Abbey Road. Le 10 avril 1970, c’est au tour de McCartney de jeter l’éponge. Les Beatles ne sont plus. Ce traumatisme vécu par la communauté des fans se doit d’être replacé dans un contexte plus large de cynisme et d’horreurs ; enlisement des troupes américaines au Vietnam, guerre au Biafra, parfum de scandale politique dont les fumets feront tomber quatre ans plus tard la présidence Nixon. 
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  • Alice Cooper, sévèrement musclé

    par Adehoum Arbane le 01.06.2015 Depuis l’aube des sixties les chemins du rock sont jonchés des dépouilles des artistes incapables de tenir leur carrière sur la durée. Celle d’Alice Cooper – le groupe, pas le bonhomme – débuta le 19 mai 1969 avec Pretties For You et s’acheva le 20 novembre 1973 avec Muscle Of Love. Cinq années, sept albums. Certes, les premiers pas furent hésitants. Pretties For You souffre des faiblesses de ses musiciens, encore novices. Péché de jeunesse que l’on retrouve partiellement sur Easy Action mais très vite éclipsé par l’arrivée de Bob Ezrin...
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