Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • Le rock est-il viriliste ?

    par Adehoum Arbane le 26.01.2021 Le rock est viriliste ? Vraiment ? Certes, les hommes y sont légion. Certes, la guitare électrique s’impose vite comme un symbole phallique. Certes, la violence n’est pas seulement sonore, comme en témoigne celle que Ike fit longtemps subir à Tina Tuner. Mais beaucoup de « certes » ne font pas les certitudes. L’époque aimant les raccourcis autant que les formules chocs, il convient de se poser un moment, à la manière douce, le rock étant largement coutumier du fait. En préambule, précisons à toutes fins utiles que la différence entre rock et pop, si elle existe bien, peut parfois paraître artificielle...
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  • Nektar, nec plus ultra allemand ?

    par Adehoum Arbane le 19.01.2021 On a parfois du mal à se représenter ce qui apparait ici, avec le temps et l’indispensable recul historique, comme une saine évidence. La place qu’occupe désormais Pink Floyd dans la Pop Culture ; par Pop Culture il faut entendre l’ensemble des domaines la définissant, cinéma, mode, BD – aux côtés des Star Wars, Indiana Jones, Marvel et DC Comics etc. Leurs quelques gros succès planétaires (Dark Side of the Moon, Wish You Were Here, The Wall) ne sont pas les seuls arguments qui tournent chez nous, critiques rock, professionnels ou amateurs. Pink Floyd incarne cette figure de proue...
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  • HP Lovecraft, Happy children ?

    par Adehoum Arbane le 12.01.2021 Il existe bien plus qu’une communauté d’intérêts entre Lovecraft l’écrivain, HP Lovecraft le groupe psychédélique et Michel Houellebecq. On ne présente plus Howard Philip Lovecraft, véritable maître de l’horreur dite cosmique (ou Cosmicisme), selon le genre qu’il inventa. H.P. Lovecraft, le groupe, emprunte au romancier son prestigieux patronyme et avec, tout un pan de son inspiration tourmentée. Les deux albums, sortis successivement en 1967 et 1968, mettent en musique certaines des plus célèbres nouvelles de l’auteur, comme The White Ship et At The Mountain of Madness. Quant à Houellebecq, on lui doit un court...
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  • À la mode, Rod ?

    par Adehoum Arbane le 05.01.2021 Pauvre joueur de mandoline à jamais tombé dans l’oubli. Car il existe bien deux Rod Stewart. Celui de Sailing et de Da Ya Think I'm Sexy, le plus connu. C’est le Rod de Atlantic Crossing, des succès planétaires mais aussi du Mainstream. Et le Rod adoré par les fans, celui des Faces, bien sûr, et de ses premiers essais en solo, entre 1969 et 1972. Non pas que cette période ne fut pas placée sous les feux croisés de la créativité et de la bonne fortune. N’oublions pas de préciser, avant d’aller plus loin, que Every Picture Tells A Story, puisqu'il s'agit de l'album du jour, fut numéro 1 des charts en Angleterre mais aussi aux États-Unis.
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  • Proggy & poppy, Oui !

    par Adehoum Arbane le 22.12.2020 La tentation de l’amalgame. Dans tous les domaines, de la pensée à la création, cette dernière sévit. Ainsi en est-il du Rock Progressif. Ces détracteurs n’aiment rien tant que mettre tous les groupes dans le même panier avec ce qu’il faut de mépris et de suffisance pour installer dans les esprits le poison d’une idée reçue. Celle d’une musique pompière, ampoulée, prétentieuse. Alors qu’il n’en est rien. S’il n’y avait ces longs développements instrumentaux, ces ruptures de rythme hardies, cette manière de faire progresser un morceau donc, le prog rock ne serait qu’un gigantesque puzzle de mélodies mémorables. Historiquement...
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  • Starship, étoile en déclin ?

    par Adehoum Arbane le 15.12.2020 La critique est aisée mais l’art est difficile. On ne se lasse pas de cette célèbre maxime du fond des temps et reprise par Beaumarchais. Cependant son actualité n’aura jamais été aussi réelle, et cruelle en défintive. Qui plus est quand on est un groupe de pop et que l’on court après le temps. Ainsi, on l’a oublié, mais le Jefferson Airplane aura bien traversé les décennies, sous différentes formes certes – Airplane, Starship mark I, II –, avec plus ou moins de succès et d’accomplissement artistique, faisant paradoxalement de ce groupe de hippies de San Francisco, l’un des plus gros vendeurs de disques aux États-Unis...
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  • Love & change

    par Adehoum Arbane le 08.12.2020 Dans son panthéon cinématographique personnel, Jean-Pierre Dionnet cite, entre autres, Mad Max, La course à la mort de l’an 2000 et Vanishing Point. Et d’ajouter : « Les compétitions de hot rods (…) sont aux sources de la mythologie américaine. Le message est simple : même après l’apocalypse, la course continue. » L’apocalyspe c’est l’explosion en plein vol de la formation d’Arthur Lee, Love, telle un bolide de l’enfer dans un chaos de pistons et un brouillard d’essence enflammé. Tout avait pourtant bien commencé. Premier groupe interracial. Patronyme universel à la limpidité publicitaire. Situation géographique idéale...
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  • The Saxophone Songs

    par Adehoum Arbane le 01.12.2020 Le saxo couinait, couinait et couinait, il couinait d’autant plus que le musicien se penchait sur lui. Le sax, cet instrument impérial, n’était pas que le prolongement du corps du jazzman, son double cuivré. Il était bien plus en vérité. Un instrument rock et pop. The Saxophone Song de Kate Bush nous le rappelle le 17 février 1978 bien que la chanson ait existé sous la forme d’une démo enregistrée par David Gilmour en juin 1975. À cette époque, c’est-à-dire au plus fort des seventies, le sax fait habilement le lien entre jazz et rock et c’est en Grande-Bretagne qu’il donne la pleine mesure de ses capacités. Du Keith Tippett Group à King Crimson...
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  • Just one Morby

    par Adehoum Arbane le 24.11.2020 Quel disque emporterait-on sur une île déserte ? Question rituelle qui nécessite courage et sacrifice. Inversons la proposition. Quelle île déserte emporterait-on dans un disque ? Tournée ainsi, celle-ci se pose. Surtout à Kevin Morby, musicien qui a toujours rapporté dans chacune de ses créations un bout d’asphalte appartenant à ces quelques villes qu’il aura mille fois foulé du pied. Harlem River était une ode à New York, Singing Saw et City Music à Los Angeles. Sur Sundowner, Morby a pris une décision : retourner à Kansas City, le berceau de ses origines, et d'y enregistrer ces dix  nouvelles chansons...
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  • Francesco Bianconi, splendeur abyssale

    par Adehoum Arbane le 17.11.2020

    L’esprit fin de siècle n’a jamais été aussi prégnant qu’aujourd’hui. Angoisse climatique, sanitaire, identitaire et religieuse, le monde semble au bord du gouffre. Et comme souvent, ce sont les italiens qui ressentent le mieux ce curieux sentiment contradictoire. N’oublions pas que les progrès technologique et économique ont rallongé notre espérance de vie. Entre désespoir et espérance, obscurantisme et renaissance, ainsi va ce grand peuple latin dont Francesco Bianconi est, en 2020, le sublime ambassadeur. 


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  • Joan Armatrading, tale & betrayal

    par Adehoum Arbane le 10.11.2020

    La sincérité d’un singer-songwriter est souvent évoquée dans les articles, à grands coups de sentences. Argument automatiquement contesté lorsque l’œuvre gravée en parait dépourvue, c’est-à-dire quand seule l’efficacité pop, le graal absolu, prédomine. L’histoire de Joan Armatrading relève du cas d’école buissonnier, car tenant des deux aspects. Si son premier long, Whatever's For Us, jouit d’une réelle force mélodique, la sincérité de ses chansons – car elles le sont – existe. Cependant elle est à chercher ailleurs que dans la musique...


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  • Incredible String band, hit coast ?

    par Adehoum Arbane le 03.11.2020 Après la jeunesse, faite d’espérance, survient bien souvent le temps des désillusions. L’année 1974 pourrait être ce point de bascule, surtout pour l’Incredible String Band, duo formé par ces deux songwriters inclassables que sont Robin Williamson et Mike Heron. En 74 donc, le groupe – augmenté de Malcolm Le Maistre, Graham Forbes, Stan Lee et Jack Ingram – sort Hard Rope & Silken Twine. Album touchant, car il marque, à maints égards, la réelle fin d’une époque. On passe ainsi de l’Éden des sixties à l’Ère Industrielle des seventies. Il faut une bonne dose d'ironie...
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  • Vacance, du pouvoir !

    par Adehoum Arbane le 27.10.2020 Je préfère une mauvaise pub à pas de pub du tout. La phrase, de celles que l’on a tous entendue ou proférée, sonne comme une évidence. L’hostilité est parfois plus douce que l’indifférence. Et l’indifférence c’est par définition le vide. La nature ayant horreur du vide, il convient alors le combler, d’exister, de proposer et ce, quel qu’en soit le prix. Un jeune groupe a décidé pourtant de défier cet axiome. Il s’appelle Vacance. Pas la villégiature, le traditionnel chassé-croisé entre juilletistes et aoûtiens, les joies du camping. Rien de tout cela, bien que le groupe se soit formé l’été dernier. Vacance au singulier fait surgir une toute autre imagerie...
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  • Robert Wyatt, by Alfreda

    par Adehoum Arbane le 20.10.2020 Robert Wyatt est sans doute l’un des musiciens et personnages les plus singuliers de la pop britannique, voire de la pop tout court. Inclassable, sa musique nous accompagne depuis plus de quatre décennies. Il y a la voix de Robert, frêle comme une tasse de thé en porcelaine sur le point de se briser. Il y a aussi son jeu de batterie dont il nous aura gratifié ces quelques poignées d’années de liberté, trop peu à notre goût. Il y a surtout ses disques et ses chansons – au sein de Soft Machine, de Matching Mole et en solo –, trop rares pour être égarées. Ces trésors font partie de ce  que nous avons de plus précieux.
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  • Hendrix le déraciné

    par Adehoum Arbane le 13.10.2020 Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va, disait Bismarck. Jimi Hendrix, qui avait notamment commencé sa carrière avec Johnny Hallyday à l’Olympia, avait une petite idée sur la question. Toute le musique qu’il aimait venait de là, elle venait du blues et jusqu’à son dernier souffle, le gaucher de Seattle lui resta fidèle. Les onze minutes de Red House à l’Ile de Wight, malgré la qualité de la prestation décriée à l’époque, en témoignent. Pourtant, tout dans l’histoire brève mais folle du célèbre soliste va à rebours de ce postulat. Même s'il avait le blues chevillé au corps, Hendrix fut, de ses débuts...
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  • Matching Mole ou l’annonciation

    par Adehoum Arbane le 06.10.2020 Une douleur articulaire, vous pouvez en être sûr : il va pleuvoir ! Du simple rêve aux signes médiumniques en passant par l’annonciation divine, l’art de la prémonition aura connu des incarnations diverses. Un tel phénomène semble exister s’agissant de la pop et une œuvre – il doit en exister d’autres – s’est attelée pour mission de délivrer un message, presque subliminal si l’on n’y prête aucunement attention. Sorti en novembre 1972, la même année que son prédécesseur, Matching Mole’s Little Red Record n’est pas seulement le deuxième disque du groupe fondé ironiquement par Robert Wyatt suite...
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  • 1969, année fatidique ?

    par Adehoum Arbane le 29.09.2020

    « If you’re going to San Francisco, be sure to wear some flowers in your hair. » La célèbre phrase qu’entonne Scott McKenzie le 13 mai 1967 en introduction de son tube éternel, San Francisco, n’avait pas forcément valeur d’avertissement. Elle traduisait un moment in time comme disent les anglais. Soit l’incroyable vent de liberté qui souffle alors sur la Californie, et surtout San Francisco. La Mecque du psychédélisme hippie. Et McKenzie de poursuivre : « For those who come to San Francisco/Summertime will be a love-in there/In the streets of San Francisco/Gentle people...


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  • Band à part

    par Adehoum Arbane le 22.09.2020 Né en littérature, le mythe de l’antihéros appartient désormais au Cinéma. Et prend des formes différentes selon les genres. C’est la figure taciturne et ombrageuse du manchot incarné par Clint Eastwood dans la Trilogie du Dollar. C’est aussi le personnage de Han Solo, mercenaire et gentil voyou au début de la saga qui se mue en généralissime galactique au tout dernier acte. C’est enfin Snake Plissken dans New York 1997, œil lepénisé, magnifiquement incarné par Kurt Russell. L’antihéros existe aussi dans la mythologie rock. C’est Ray Davies des Kinks qui semble n’avoir cure des modes et du succès...
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  • Souviens-toi, Barbara…

    par Adehoum Arbane le 15.09.2020 On oublie souvent de le dire : ce qui fit la magie de Hatfield & The North et de son avatar heureux, National Health – super groupes de Canterbury –, ne tient pas tant au fameux son d’orgue fuzz, généré ici par Dave Stewart. Ni à la virtuosité sinueuse et délicate de la guitare de Phil Miller. Ou à l’agilité fracassante du batteur Pip Pyle, l’autre percussionniste de génie à ranger à côté de Robert Wyatt. Ou à la folle inventivité d’un John Greaves. Sans parler de la basse, noueuse comme un lierre grimpant, de Richard Sinclair, excellent chanteur qui plus est. Ce qui rend ces quelques disques si précieux pourrait tenir à cet art...
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  • Lemon Twigs, all the young dudes

    par Adehoum Arbane le 07.09.2020 Même en 2020, l’Amérique demeure une Nation jeune. Et ce, malgré les vieux dirigeants qui prétendent la diriger. Deux-cent quarante-quatre ans, c’est beaucoup et peu à la fois. Voilà pourquoi les américains n’ont aucun mal à revisiter leur Histoire, contrairement aux injonctions contemporaines qui n’ont de cesse de réécrire le passé, quand celui-ci n’est pas tout bonnement censuré. En témoigne le succès du western au cinéma dont les multiples incarnations peuplent nos écrans, petits et grands. Cette salutaire survivance peut être vue comme une réponse fière, tête haute...
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  • Agitation Free, jam, jam pas ?

    par Adehoum Arbane le 01.09.2020

    « We're jammin'. I want to jam it with you. We're jammin', we're jammin'. And I hope you like jammin' too » chantait-il d’une voix indolente, belle d’abandon, dans un élan étiré. La jam, ce terrible avatar des années 70, ne signifiait pas seulement confiture comme le croyait Paul Weller. À la toute fin des sixties, il était de coutume de voir des artistes jammer après un concert. Ce rituel renvoyait à un imaginaire de franche camaraderie, à la fois viril et décontracté. Puis, la jam quitta la scène pour être transposée sur disque. Hendrix en fut un des précurseurs avec Voodoo Chile (Electric Ladyland)...


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  • Neighb'rhood Childr'n, enfants terribles

    par Adehoum Arbane le 25.08.2020 « Là où Attila a passé, l’herbe ne repousse plus. » Adage antique mais qui a aujourd’hui encore valeur d’avertissement. Qu’il s’agisse de chef de guerre, d’homme d’état à la blonde houppette, l’Histoire n’est pas avare de ces figures à poigne qui bien souvent pratiquèrent la politique de la terre brûlée. La pop qui n’aura connu que des trajectoires inspirantes n’échappe cependant pas à cette funeste réalité. Un groupe issu de la scène de San Francisco témoigne de cette volonté de tout saccager en même temps qu’il explore de nouveaux territoires musicaux. Non, pas que les Neighb'rhood Childr'n, puisqu’il s’agit...
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  • Tommytruant

    par Adehoum Arbane le 28.07.2020 Arriver à un certain niveau de connaissance amène souvent le spécialiste, au contraire du profane, à considérer un art de manière fragmentée, en préférant le particulier au général. Il en bien évidemment ainsi avec la pop musique. Les Beatles qui font l’unanimité sont souvent l’objet d’une bataille critique avec ses forces en puissance, ses camps : ceux qui vont vénérer leur début où le rock juvénile, la fraîcheur des mélodies et de l’interprétation primaient quand d’autre vont défendre mordicus la période dite psychédélique – avec à l’intérieur un schisme entre les pré et les post-Sgt. Pepper’s. On ne parlera pas du feu...
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  • The Fish rising ?

    par Adehoum Arbane le 21.07.2020 Le chef-d’œuvre indépassable. La phrase claque comme l’étendard états-unien. L’expression n’est pas aussi innocente qu’elle n’y parait. Elle dit autre chose : qu’il est parfois impossible de réitérer un premier exploit, surtout quelques années après, quand l’inspiration fraîche des débuts s’est alors fanée. Country Joe & The Fish a eu l’audace – on pèsera le mot – voire même l’outrecuidance d’écrire et d’enregistrement consécutivement deux chefs-d’œuvre en cette féconde année 67 où le Summer Of Love battait son plein, avec le psychédélisme acide comme porte-voix. Geste artistique sans commune mesure et qui devait en même temps...
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  • Logan Ledger, sirènes du passé ?

    par Adehoum Arbane le 14.07.2020 Ce qui est bien, voire pratique, avec la Country, c’est qu’elle sonnera toujours de la même manière. Que l’on remonte le long fleuve du temps jusqu’au XIXème siècle, ou que l’on s’arrête avant, dans les années 1920, 1950 – avec l’apparition de la pedal steel guitar –, ou même en 1968 lorsque les Byrds gravent Sweetheart Of The Rodeo, rien n’y change. Constat identique pour le jazz, quoique le genre aura tout de même connu de nombreuses révolutions : passer du style Big Bands – ou Brass Bands –, au Bebop, Hard Bop, jazz modal et à la fusion ne fut pas une mince affaire.
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