Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • Faith to Faces

    par Adehoum Arbane le 07.07.2020 Nous sommes des millions à connaître par cœur les mots célèbres de maître Yoda adressés au jeune Luke au sujet de la force : « La vie l'a créée, l'a faite grandir. Son énergie nous entoure et nous relie. Nous sommes des êtres illuminés, pas une simple matière brute. » On pourrait aisément transposer le concept de Force à celui d’esprit, une forme de sensibilité cachée sous la matière brute de la musique rock. Surtout en ce début de décennie 70 qui assiste, médusé, après la séparation des Beatles, à l’explosion des Led Zep, Deep Purple et autres Black Sabbath dans un torrent de décibels. C'est aussi le temps de l'emphase...
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  • Face au cauchemar de 69, Paul Revere

    par Adehoum Arbane le 30.06.2020 L’accord majeur est parfois délaissé au profit du mineur. Qu’elle en est la raison ? Le mode mineur témoigne d’un attrait pour la mélancolie et les artistes qui l’adoptent déclenchent systématiquement – mais très paradoxalement – des torrents d’empathie. Le mode majeur quant à lui incarne la joie, une certaine candeur – pour ne pas dire naïveté – qui le cantonne dans un registre, entre niaiserie et facilité. Ainsi, des petits malins se sont attaqué à Stairway To Heaven, réenregistrant ce classique ataraxique en majeur et diffusant la vidéo de leur méfait sur Youtube. Le résultat, fort logiquement catastrophique...
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  • Pentangle, vieilles branches

    par Adehoum Arbane le 23.06.2020 Si nous devions donner un conseil de lecture à nos chères têtes blondes, pas tout à fait adolescentes, nous les pousserions une main sur l’épaule vers Jules Vernes, Roald Dahl, Tolkien bien sûr, mais aussi Chrétien de Troyes et la littérature arthurienne dont il fut le fondateur. Et comme bande-son de ces folles aventures, entre héroïsme et amour courtois, nous aurions tendance à leur associer très naturellement la musique de Pentangle. Cette formation anglaise prend source dans les circuits folk et jazz londoniens. Bert Jansch et John Renbourn ont déjà roulé leur bosse ensemble. Leurs jeux de guitare, bien que différents...
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  • KAK, tempête du désert

    par Adehoum Arbane le 16.06.2020 Avec le temps le rock s’est diversifié en scènes, chapelles et autres sous-genres. Parmi eux, le Stoner Rock appelé aussi Desert Rock. Popularisé au cours des nineties par quelques groupes bruitistes, dont des formations emblématiques comme Kyuss qui deviendra Queen Of The Stone Age, cette musique prend sa source du côté de Joshua Tree. Cette région bien connue des amateurs de pop – on ne songe pas tant à U2 mais à Gram Parsons qui succombera d’une overdose dans ses immenses solitudes – aura fait naître des hymnes hypnotiques et lourds, toujours mélodiques et empruntant à un certain psychédélisme d’antan...
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  • La Qualité Françoise !

    par Adehoum Arbane le 08.06.2020 Le made in France ou Qualité Française effectue de nos jours un formidable retour en force ! Qui d’un politique, hier en marinière, sortant son miel ; qui de jeunes startupeurs lançant fièrement leur slip sur le marché, au sens propre comme au figuré ; qui d’un sweat clamant son cocorico national de ses mailles noués et liés à son pays. S’agissant de la musique pop, il y eut bien entendu la French Touch, incarnée par quelques formations universalistes telles Daft Punk, Air, Justice ou Phœnix pour ne citer qu’elles. Mais un malentendu a toujours plané au sujet du rock français et plus globalement de la pop...
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  • Just A Girl Called Eddy ?

    par Adehoum Arbane le 02.06.2020 Des avis tranchés, sans retour possible. Ainsi va notre monde contemporain, toujours (trop) sûr de lui. Qui plus est lorsqu’il affirme ses poncifs sur les réseaux sociaux. Il n’est nullement question d’assumer fièrement une absence d’ossature intellectuelle, politique, spirituelle ou artistique. Mais les choses sont en vérité plus complexes. Il y a la vie des idées, des idéologies mêmes – pour ne pas dire des totems – qui passent et restent gravées dans le marbre de nos conventions. On ne peut s’y soustraite sans être accusé de traitrise, sans être illico presto voué aux gémonies. Ce sont des principes intangibles, inviolables.
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  • The Wall of Patrick

    par Adehoum Arbane le 26.05.2020 Malgré la déferlante punk qui s’abat d’un coup sur l’Occident – de la Perfide Albion à la grosse pomme –, The Wall des Pink Floyd et Breakfast In America de Supertramp, deux albums sous stéroïdes, constituent les deux plus gros succès de l’année 1979. Mais c’est sans doute le premier qui demeure le plus massif par son ambition démesurée, œuvre fleuve d’une époque à venir et dont la figure la plus inquiétante et pas moins fascinante ne fut pas le Président Reagan. Ni le jeune et fougueux Donald Trump. Ce n’est pas d’eux dont nous voulons vous parler. Non. Prenons le temps de nous plonger à l'intérieur de cet album...
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  • GospelbeacH, art total

    par Adehoum Arbane le 19.05.2020 « Le rock, c’est ce qui englobe tout sauf Wagner » disait Pierre Desproges. Malgré son ironie mordante – l’humoriste fustigeait en fait les décérébrés aphones bramant sur des mots qu’ils ne comprennent pas –, la phrase mérite qu’on s’y arrête un moment. Le rock est-il, tout comme la pop, une appellation générique sous laquelle on viendrait ranger différents sous-genres ou un terme idiosyncratique, vivant indépendamment d’autres genres, pour le coup, eux aussi autonomes ? Les récentes évolutions musicales, et donc culturelles, nous inciteraient à retenir la deuxième option. Et pourtant, le rock américain n'en a cure.
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  • Charles-Baptiste, l’après

    par Adehoum Arbane le 12.05.2020 Rien ne sera plus comme avant. Le confinement aura donc eu raison de l’ancien monde, laissant déjà poindre l’après, à inventer bien évidemment. C’est peu de dire que cette éventualité fascine autant qu’elle effraie. Changer de monde, c’était la promesse de nos grands oncles hippies, des Dylan, des Beatles. Leur utopie s’était fracassée contre le mur des réalités. Et les seventies avait remis tout ce petit monde à sa place, y ajoutant son lot d’horreur guerrier et de cynisme politique. Alors qu’aujourd’hui, nos sociétés sont arrivées à un niveau jamais égalé de développement et de sophistication, l’idée de tout balancer...
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  • The Secret Sisters, secret bien gardé

    par Adehoum Arbane le 05.05.2020 « Pour moi, la pire image du rock, c’est les groupes d’aujourd’hui qui s’habillent en Kooples ». Voilà ce qu’affirmait le réalisateur Bertrand Bonello dans une récente interview pour Rock&Folk. La posture, c’est le pire danger guettant le monde de la pop. Constat identique lorsque la musique fait la course à la hype, quand elle se borne à capter, non pas l’essence, mais l’air du temps sans se prélasser dans la source de l’authenticité. Ainsi, un fin observateur a dit du Band que leur musique n’était pas plus à la mode aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque. Les Secret Sisters semblent avoir...
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  • Édith Nylon, avorton ?

    par Adehoum Arbane le 28.04.2020 Les vaches sacrées sont devenues hélas inattaquables (mais devraient l’être cependant). Certaines ont acquis ce statut de haute lutte quand d’autres en ont hérité à la faveur d’un événement tragique. Accident mortel, suicide façon grand cirque rock’n’roll, overdose dans une chambre d’hôtel, ou en huis-clos, moins théâtral et plus humain. C’est le cas de Ian Curtis, qui a sans le vouloir propulsé illico son mythe dans les Olympes de la Légende pop, au-delà des qualités intrinsèques des deux disques de son groupe, Joy Division. Le totem est tel que plus personne n’a prétendu lui faire, si l’on ose dire, de l'ombre...
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  • Camel top

    par Adehoum Arbane le 21.04.2020 Une pochette d’album digne de ce nom, lorsqu’elle fait plus qu’exhiber les bobines du groupe, renseigne toujours sur son contenu. Prenons quelques exemples. Celle de In The Court Of The Crimson King, bien que dépourvu de titre – le nom du groupe n’y figure même pas –, s’annonce bel et bien comme l’évidente promesse d’un contenu musical sous la forme d’un cri. Third de Soft Machine, sous son habillage de kraft, privé ainsi de chair et d’affect, rappelle bien aux initiés comme aux profanes que le groupe, inflexible, évolue à marche forcée vers une musique (presque) entièrement instrumentale, au grand dam de Wyatt. 
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  • Rough Machine

    par Adehoum Arbane le 14.04.2020 En brocante, tomber sur un vinyle d’occasion en parfait état – pochette comme disque – ne signifie qu’une chose. L’œuvre n’a pas été beaucoup écoutée. Ainsi, on peut en déduire qu’un vinyle en très mauvais état est un authentique chef-d’œuvre. De ceux que ses propriétaires successifs ont éprouvé, voire malmené. Cette règle est le pendant de celle qui a fait de Dark Side Of The Moon le disque idéal pour tester sa chaîne HI-FI. S’agissant du troisième album de Soft Machine, ce dernier nous le rend bien. Par-delà les sillons abîmés, c’est un cri qui se libère et surgit face à nous, tel un Dick Turpin sonique. 
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  • Weller outragé, martyrisé, Weller libéré !

    par Adehoum Arbane le 07.04.2020 La biographie, surtout dans le domaine du rock où le moindre guitar hero est sanctifié, rime bien souvent avec hagiographie. Et pour cause, nombreuses sont les bios à être purement et simplement des livres de fans. Le fan, cette engeance maudite qui, avec sincérité et sans la moindre complaisance, arrivera à transformer cet exercice honnête en déferlement lacrymal à tendance énamourée, la pire au fond. Fort heureusement, certaines productions échappent à ces travers, mieux elles font l’objet d’un travail critique minutieux avec, en ligne de mire, le souci de l’analyse musicale...
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  • Incredible String Bob

    par Adehoum Arbane le 31.03.2020 Si ce couillon de Dylan avait pris le tournant du psychédélisme, qu’aurait-il donné sur disque ? Cette question cruciale restera à jamais sans réponse. Ce n’est pas tant que nous regrettons cet enchaînement magique que constituent Bringing It All Back Home/ Highway 61 Revisited/Blonde on Blonde qui est un peu l’équivalent américain de la suite Rubber Soul/Revolver/Sgt Pepper’s, mais en folk. Mais quelles raisons objectives, en dehors du simple effet de mode, l’ont conduit à faire ce virage, si l’on ose dire, rigoriste des années 67-69 ? Rappelons que le 29 juillet 1966, Dylan est victime d’un accident de moto.
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  • Courtney, débranche, débranche !

    par Adehoum Arbane le 24.03.2020 Le merchandising, ce grand merchand loup ! Bienvenue dans l’industrie des produits dérivés qui semble avoir gagné le monde feutré et respectable du rock. Et il y a de quoi trembler ! Rendez-vous compte, en plus des rééditions, des coffrets collectors, des lives pirates ou officiels, des t-shirts, des tote bags, on trouve l’unplugged, figure quasi imposée depuis Nirvana. On s’en souvient, ça passait sur MTV et la prestation était même sortie en disque. Avant eux, Bon Jovi et Clapton avaient assuré le coup, surtout Clapton avec une version à nu de Layla qui avait eu le mérite de faire...
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  • Mayall, l’abbé

    par Adehoum Arbane le 17.03.2020 Il y a deux types de psychédélisme. L’authentique, le philosophique, voire le mystique. C’est un psychédélisme de quête, de dépassement de soi, un psyché de l’introspection et parfois même de l’oubli. Le deuxième est résolument opportuniste. C’est un psychédélisme de façade ou d’apparat, peu importe. Au mieux brille-il, au pire sonne-t-il creux. C’est avant tout un psychédélisme de fonds de commerce. Difficile de situer les uns et les autres dans telle ou telle catégorie sans tomber dans le procès inquisitorial. Malgré sa pochette 100% lysergique – le lettrage, les photos superposées comme pour le Piper...
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  • Free your body !

    par Adehoum Arbane le 10.03.2020 Une main de fer dans un gant de velours. Telles sont les seventies lorsqu’elles démarrent dans un flamboiement heavy. Sous leurs capes de hippies glabres, Ian Gillian de Deep Purple et Robert Plant au sein – !!! – de Led Zep cachent de beaux diables s’époumonant alors dans les stades, nouvelle dimension de l’Entertainment conforme à leur stature. Au sens propre comme au figuré, Free s’est libéré de ces nouveaux diktats pour incarner l’exacte figure opposée : le velours sous le fer. Le quatuor a même déjoué l’idée fausse selon laquelle le rock serait viriliste. Bien qu'incarnées majoritairement...
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  • Cotten Club

    par Adehoum Arbane le 03.03.2020 On n’a de cesse de demander à la pop de se réinventer et c’est là son unique défi d’une décennie à l’autre. Chaque époque a été ainsi portée par une révolution. Les 60s assurent brillamment le relai entre l’ère brève mais intense du 45t et celle plus conceptuelle du 33t comme objet pop à part entière ; les 70s accouchent du Hard, du Glam, du Prog puis du Punk ; les années 80 inventent et popularisent la Synthpop, l’Indie Rock mais aussi le Hip-Hop ; les années 90 offrent dans un maelström déroutant Électro, Britpop et Grunge. Et les années 2000 ? C'est avant tout l'explosion d'Internet qui rend ce legs...
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  • Temptations, Black Painters

    par Adehoum Arbane le 25.02.2020 La représentation des Black Panthers au cinéma est sans appel. Éructifs, violents, grossiers – du Fuck en veux-tu en voilà – et querelleurs. De Forrest Gump à BlacKkKlansman, rien n’y fait. Certes la cause qu’ils défendirent méritait un engagement plein et entier. Mais l’histoire populaire aura retenu leur tropisme belliqueux. Qu’en dit la musique de l’époque ? La soul qui déferle alors sur les ondes au début des années 60 – et qui produira de glorieux avatars dont le funk – a toujours fait dans le velours. D’ailleurs à ses débuts, la dimension politique est inexistante. Cette dernière apparaîtra néanmoins à la toute fin de la décennie
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  • Caravan, bataille de Waterloo

    par Adehoum Arbane le 18.02.2020 Toujours nous sommes sommés de choisir notre camp. Gauche ou Droite. Progressistes ou Populistes. Blondes ou brunes. Beatles ou Stones. Immédiateté ou avant-garde. Punk ou Prog. Comme tout cela est vain. Futile. Idiot. Cette injonction va par ailleurs dans le sens de la vieille querelle qui vaut au rock progressif d’être qualifié encore à ce jour de pompier, maniéré, boursoufflé. Reproche qui n’est pas totalement infondé lorsqu’on observe certains groupes, et qui plus est dans ces dernières années où le genre commençait sa lente agonie – avant de renaître la décennie suivante sous l’impulsion de formations nouvelles.
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  • Mondial Pokett, en exclu mondiale !

    par Adehoum Arbane le 11.02.2020 Pour beaucoup de gens, y compris ceux qui les connurent de très près, les années 80 ont souvent été synonymes de hardcore. Pas le genre. Mais bien l’adjectif. Il s’agit d’un malentendu longtemps entretenu par les années Top 50 en France, MTV aux États-Unis. Si l’on choisit de faire l’impasse sur le tout-venant des tubes eighties – et encore on trouve quelques perles mainstream –, il convient de s’arrêter sur l’essence même ce que les exégètes appelèrent synthpop, fille légitime du post-punk et du krautrock, entre autres. Gilles et Dominique François ne sont pas nés du côté de Londres...
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  • Fanny ardentes et nous

    par Adehoum Arbane le 04.02.2020 On vous dit Fanny et vous pensez fort naturellement à la femme du boulanger. On mentionne Fanny Hill et vous songez tout aussi promptement au célèbre roman anglais du XVIIIème siècle mettant en scène une fille de joie repentie. À chaque fois, des portraits de femmes bien campés. Le prénom de Fanny a connu un tout autre destin, celui de l’une des premières formations rock entièrement féminines. Ce qui les rend incroyables, voire incomparables c’est l’aplomb avec lequel elles ont coché toutes les cases de la singularité et de la réussite, au sens libéral du terme, en restant plus insondables que jamais... 
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  • MGMT, un nouvel album cet après-midi ?

    par Adehoum Arbane le 28.01.2020 La fin d’une décennie est souvent l’occasion d’un bref regard en arrière, afin de juger de ce qui fut accompli et ce que l’horizon étendu nous réserve. Surtout dans le domaine de la musique et plus précisément celui de la pop. Inutile à ce propos de se compromettre dans l’exercice risqué des meilleurs groupes et disques des dix dernières années. La tâche, herculéenne, serait vaine. En revanche, on peut largement affirmer qu’un groupe né dans la décennie précédente – en 2002 puis discographiquement en 2007 – aura marqué la pop de son empreinte. Il s’agit du duo poupin de MGMT.
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  • Alex Rossi, tempus fugit

    par Adehoum Arbane le 21.01.2020

    Demain est une autre nuit n’est peut-être pas une ode aux clubbers comme on serait tenté de le croire. C’est plus une variation sur le temps qui passe (et qui reste ?) ; la nuit y est vue comme la fin de toutes choses. Son créateur, Alex Rossi, est un artiste qui navigue dans nos scopes depuis bien longtemps, un peu comme un camarade que l’on fréquente sans vraiment bien le connaître. Il sort paradoxalement ce premier album après tant d’années passées à le concevoir, le peaufiner. Du coup, ce hasard-là nous raconte une autre histoire. Celle du temps nous l’avons dit mais dans toutes...


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