Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • Nos disques live

    par Adehoum Arbane le 19.10.2021 La remarque peut paraître incongrue, voire méchante mais vise juste : quel intérêt d’écouter un live enregistré, donc chez soi ? Un concert ne se vit-il pas en direct, au cœur de la foule ? Ainsi immergé on en ressent les moindres effets, positifs comme négatifs. Car il s’agit de fait d’une expérience éminemment risquée donc sincère, ancrée dans le réel où les erreurs techniques peuvent à tout moment survenir. Spectacle vivant dirions-nous aujourd’hui. Expression prenant tout son sens au moment précis où un Jim Morrison, encore ivre, donc ingérable, décide d’exhiber son membre à la vue du public, ce qu’il ne fera pas...  
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  • Burton Cummings Out

    par Adehoum Arbane le 12.10.2021 Trouver la fleur de la beauté sur un tas de fumier : le credo a mille interprétations. Faut-il remuer les pires choses de la vie pour exhumer la beauté sous sa forme la plus pure ? Faut-il se compromettre dans un contrat faustien pour accoucher du chef-d’œuvre ? Ou faut-il tout bêtement partir de la banalité pour toucher au sublime, à l’ineffable ? Burton Cummings s’est peut-être posé ces trois questions avant de fonder ce qui restera comme le groupe de sa vie : devinez qui ? Les Guess Who, bien sûr. Pas les Who de Londres mais les Guess Who de Winnipeg, dans le Manitoba, province de l'Ouest du Canada... 
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  • Kensington Market, marché parallèle

    par Adehoum Arbane le 05.10.2021 L’Histoire des Hommes au prisme du Progrès, a fait émerger deux catégories : les initiateurs et les suiveurs. Il ne s’agit pas de les hiérarchiser ou de témoigner d’un quelconque mépris à l’égard de l’une ou de l’autre. Juste un fait, rien de plus. Et l’égalité des chances n’y change rien. Il y a bien ceux qui ont su la saisir en profitant d’un moment, d’une opportunité. Cette considération peut être bien évidemment calqué sur le monde de la pop, toutes époques confondues. En gros, il y eu les Beatles puis tous les autres. Allons, pour éviter tout pugilat verbal, ajoutons à cette liste...
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  • Sylvia Hansel, coeur de Lou et plus encore

    par Adehoum Arbane le 27.09.2021 Les quatrièmes de couverture ont traditionnellement la fonction de résumer le roman que nous tenons entre les mains et de faire une courte présentation de leur auteur. L’espace dévolu ne permettant pas d’aller au-delà des informations d’ordre biographique, il est alors recommandé, si l’on est séduit par le titre ou le sujet, de se plonger dans la lecture du dit bouquin. Pour le cas de la romancière Sylvia Hansel, notons au préalable que « Cannonball, l’adolescence n’est pas une chanson douce » est sa troisième publication. Nous avons donc affaire à une femme de lettres chevronnée...
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  • La légende de Joni

    par Adehoum Arbane le 21.09.2021 On a souvent moqué – à juste titre il faut bien l’avouer – le narcissisme des singer-songwriters des années 70 qui ont éclos de la serre artistique de Laurel Canyon. James Taylor ou Jackson Browne ont bien souvent puisé leur inspiration dans leur vie quotidienne, narrant d’une chanson à l’autre leurs états d’âmes qui n’intéressaient qu’eux-mêmes, du moins pour leurs détracteurs. Ce phénomène de repli sur soi prend sa source dans différents événements de la décennie précédente dont l’hédonisme hippie et son corollaire, l’amour libre qui fit tant de ravages, et le meurtre ignoble de Sharon Tate qui fit mentir Maxime Le Forestier... 
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  • Joni Mitchell, Canada Cry

    par Adehoum Arbane le 14.09.2021 Dans l’une des scènes de La grande vadrouille, le squadron leader répond sèchement à son second, fort peu retors à son goût, d’un ton fleurant bon le mépris britannique : « MacIntosh, why don’t you get back to Canada ? » Comme si être canadien était l’insulte suprême. Comme si ce petit frère de l’Amérique, pas si petit d’ailleurs, n’avait pas fourni son lot d’artistes emblématiques. Parmi eux se distinguèrent groupes et singer-songwriters : les Guess Who avec leur mémorable tube American Woman, immortalisé par Kevin Spacey dans American Beauty (1999), Neil Young bien sûr...
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  • Crosby, Stills &Nash, le feu sacré

    par Adehoum Arbane le 07.09.2021 Il existe un point commun entre Magma, le groupe français de jazz rock coltranien, et CS&N. Il ne s'agit pas bien sûr de leur nationalité respective ou même de leur univers musical d’appartenance. Certes les deux formations ont fait leurs débuts la même année. Le célèbre trio sud-californien enregistre son premier album entre février et mars 1969, et le sort le 29 mai. En 1969, de retour d’un voyage quasi prophétique à Turin, Christian Vander réunit Laurent Thibault, René Garber, Francis Moze et le chanteur Zabu au sein d’un nouveau groupe, Uniweria Zekt Magma Composedra Arguezdra...
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  • Buffalo sprint field ?

    par Adehoum Arbane le 03.08.2021

    Dans son album Jules l’éclair, Mandryka narre les aventures d’un super-héros peu commun qui parvient à conquérir l’univers en achetant des pavillons. Ce que l’on pourrait appeler la stratégie des petits pas. Nombre de musiciens pop semblent rentrer dans cette catégorie mais pour l’occasion on pensera aux membres du très estimé Buffalo Springfield. Fleuron de la scène de Laurel Canyon, super groupe avant l’heure – c’est-à-dire avant la reconnaissance de ses deux plus hauts représentants –, Buffalo Springfield aura semé les petits cailloux qui l’auront fait sortir de la vaste forêt de l’anonymat...


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  • Les Byrds, l’envol

    par Adehoum Arbane le 27.07.2021 Ce peut être une provocation que de dire cela, mais les Byrds furent des esclaves. Affranchis cependant. Ils auront d’abord coupé les chaînes qui les reliaient à la musique noire, le blues, puis celles qui les rattachaient à Dylan, leur maître. Et pourtant, la musique des Byrds n’est pas profondément nouvelle, même si elle fut audacieuse. C’est le mariage d’une tradition européenne, appelée folk music et du nouveau rock tel qu’il est en train de s’esquisser en Angleterre mais aussi et surtout en Californie. Un rock qui cherche une porte de sortie – si l’on ose dire – et qui va trouver l’issue du côté de Coltrane, voire du free jazz...
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  • Mahavishnu or extra

    par Adehoum Arbane le 20.07.2021 Imaginez Alain Finkielkraut à la tête d’un compte TikTok suivi par un million d’abonnés. D’emblée mesure-t-on le caractère hautement improbable de ce curieux attelage. À l’heure où ceux qu’on appelle les boomers n’obtiennent que rarement les suffrages de la jeunesse, et la popularité qui va avec, on ne peut que soupirer. Et toiser une fois de plus vers ces glorieuses années 70. Cette époque lointaine et bénie où l’on pouvait être tout à la fois intello et populaire ! Et tout cela, comme par magie, par l’entremise du rock et plus globalement, de la pop musique. C’était Dylan hier, suivi par Simon & Garfunkel... 
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  • Portes ouvertes ?

    par Adehoum Arbane le 13.07.2021 Il y a un débat récurrent, faux par ailleurs, et qui agite le cénacle des amateurs de musiques rock, dirons-nous. Une question qui les sépare parfois, et même violement, cette opposition entre blues et pop. S’il l’on reprend les choses à leurs débuts, les sixties ont vu les premiers groupes balbutier des rudiments de rock en piquant par-ci par-là quelques plans au Chicago Blues. Puis, il s’est passé quelque chose de fondamental : ces groupes, pas tous mais beaucoup, se sont mis à écrire leur propre matériel, à composer, donc à s’éloigner des structures du blues, du moins, à les digérer au point d'inventer un son nouveau.
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  • Peter von Poehl, mémoire éternelle

    par Adehoum Arbane le 06.07.2021 Bourvil a longtemps joué les gentils, les naïfs, les maladroits puis, par désir personnel et sous l’impulsion de Melville, il enfila le costume de commissaire ombrageux dans Le cercle rouge. Lino Ventura, lui, semble avoir toujours interprété des rôles de doux-dur, du tonton flingueur, mais bienveillant, au commissaire inflexible, parfois saisi par le doute. Comme si l’acteur avait été imperméable au temps, aux modes, libre au fond. La musique, et plus particulièrement la pop, est un domaine plus fluctuant, soumis aux variations des époques qu’elle traverse...
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  • O Captain Sensible, my Captain Sensible !

    par Adehoum Arbane le 29.06.2021

    Le nom de Sergueï Malioutine ne vous dira peut-être rien et ce n’est pas en soi un problème. L’homme est entré dans l’histoire par la petite porte. Il est l’inventeur d’un objet que nous connaissons tous très bien, qui fascine même jusqu’à nos enfants. La matriochka ou poupée russe, bibelot gigogne représentant une paysanne traditionnelle. Quel rapport me direz-vous avec la pop music en général et avec Raymond Burns en particulier. Aucun en apparence, surtout lorsque l’on découvre le nom d’artiste derrière ce patronyme si patibulaire...


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  • Noir soleil de midi

    par Adehoum Arbane le 22.06.2021 À l’heure où les mythes et autres contes sont menacés de déconstruction, penchons-nous sur l’expression « la belle endormie ». Celle-ci a été reprise par nombre d’artistes peintres mais a aussi parfois servi à nommer des villes de France qui avaient tendance à végéter, à se cristalliser dans un passé révolu. Sachez que l’on pourrait en dire autant du rock et de sa production contemporaine. Détrôné pour de bon par le rap, le rock fait figure de grand cadavre à la renverse. Mais il semblerait que ce dernier bouge encore. Par frémissements, dans un ultime réflexe nerveux avant de se raidir dans une mort...
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  • Les Doors à la porte ?

    par Adehoum Arbane le 15.06.2021 Faut-il penser à rebours de toutes les doxas musicales ? Éternelle question qui continuera pour longtemps d’agiter le petit monde du rock et de la pop. D’autant qu’en bon pourfendeur du « système », on peut se placer de n’importe quel côté. Le système, est-ce les conventions établies depuis des lustres et qui irriguent la critique musicale ? Est-ce plutôt le fait de systématiquement remettre en question les totems, de crier noir quand tout le monde dit blanc ? Tradition contre snobisme, mainstream contre prescripteur de tendances ? Propos convenus ou opinons tranchées, esprit moutonnier ou posture du seul contre tous ?
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  • L’Hammill des allemands

    par Adehoum Arbane le 08.06.2021 Moins connu que Max Beckmann, Otto Dix ou George Grosz, Rudolf Schlichter est pourtant un représentant éminent de la Nouvelle Objectivité par son style tranchant et singulier. Sa Dame à l’écharpe rouge (rapide avec la lune) ne sera pas restée dans les mémoires, il n’en demeure pas moins que sa découverte relève du choc émotionnel et esthétique. La netteté du trait, le caractère saillant des couleurs, la composition à la fois hyper réaliste proche de la photographie et le décor hautement fantastique lui donnent des allures de chef-d’œuvre méconnu, voire incompris. Le propre d’une œuvre picturale...
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  • Israël Nash, Duke of the bay

    par Adehoum Arbane le 01.06.2021 Avant de mourir, dans un mouvement paradoxal du ciel vers la terre, Otis Redding a vécu le syndrome Martin Luther King. Il a eu un rêve. Il a rêvé une soul musique plus adulte, plus sérieuse et paradoxalement plus proche des canons de la pop californienne. Et pour cause, en juin 1967, Otis Redding joue au Monterey Pop Festival. Succès énorme. Ce n’est que l’une des dates d’une grande tournée californienne avec les Bar-Kays qui le voit passer au Fillmore de Bill Graham, à San Francisco. L’histoire raconte qu’ayant loué un voilier dans le port de Sausalito dans lequel il réside alors, Otis est fasciné par le mouvement incessant...
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  • SRC, CRS

    par Adehoum Arbane le 25.05.2021

    Les rituels du combat social sont nombreux, et nous sommes bien placés en France pour le savoir. Il ne s’agit pas, pour le coup, de ces grandes conférences censées préparer le terrain des futures réformes dites nécessaires. Ce ne sont pas non plus les oppositions qui attendent en embuscade, dans les travées du Parlement, les élus de la majorité. Encore moins ces lobbys qui œuvrent bien souvent dans le secret et le velours des allées du pouvoir. Ce sont les formations syndicales préparant les braséros. Avant les grèves, avant la manif... 

     

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  • La minute Blonde

    par Adehoum Arbane le 18.05.2021 Il existe un romantisme français (Géricault, Delacroix, Hugo, Chateaubriand), un romantisme allemand (Weber, Beethov, Schuman, Novalis) et bien évidemment un romantisme anglais. Ce dernier dépasse bien souvent les grandes figures littéraires comme Byron, Shelley (Percy et Mary), les sœurs Brontë. Aux États-Unis, la chose semble moins figée, plus incertaine. On pense bien sûr à Ralph Waldo Emerson, puis à Walt Whitman. Écrivains ou poètes reprennent à leur compte ce romantisme si européen pour le tordre, en faire autre chose. Les poètes Beat en sont la preuve. Il y a un souffle romantique dans les vers de Bob Kaufman. 
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  • The New Tweedy Brothers, nage d’or

    par Adehoum Arbane le 11.05.2021

    Les scintillantes années soixante auront été un moment dans l’histoire de la culture américaine où se seront joués quelques grandes révolutions. Parmi elles, entremêlées, la pop music et ce que l’on appellera le Nouvel Hollywood. Les deux médias se sont croisés et parfois même répondus. Au sens propre quand des groupes comme les Seeds, les Electric Flag, Strawberry Alarm Clock, Chocolate Watchband ou encore Spirit apparaissent au détour d’une scène de film. De manière figuré lorsqu’une œuvre semble étrangement résonner...


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  • Gloria, grattes Sabbat

    par Adehoum Arbane le 04.05.2021 Il est une tradition musicale où la France excelle – hum hum hum –, il s’agit de l’adaptation. Choisir une chanson de la pop culture anglo-saxonne, archi connue de préférence, et l’adapter en français, paroles et musique. Prenez House of The New Rising Sun et transformez-la en Les portes du pénitencier. Faites de même avec Do Wah Diddy Diddy pour proposer Vous les copains, je ne vous oublierai jamais. Même topo pour December, 1963 (Oh What A Night) qui devient Cette année-là. Originaire de Lyon, le sextet Gloria a décidé d’adapter un genre entier, le psychédélisme. Me direz-vous, rien de bien nouveau.
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  • Ils sont forts, Mustang

    par Adehoum Arbane le 27.04.2021 Ontologiquement, la musique populaire est traversée de multiples références. Qui plus est, me répondrez-vous, lorsqu’une partie de sa production fait suite à des décennies si brillantes qu’on ne peut les dépasser. Nous voulons parler de cet apogée que constituent les sixties-seventies. Si on ajoute à cela le fait que Jérôme Bosch, en dessinant une partition sur les fesses d’un supplicier dans Le jardin des délices, a inventé la pop avant l’heure, nous ne sommes pas sortis de ce cruel dilemme de la réinvention. Parfois, les références sont piochées ailleurs, piochées au sens où celles-ci semblent plus diffuses qu’un emprunt franc et massif
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  • Glory Cooper

    par Adehoum Arbane le 20.04.2021 Mes bien chers frères, en cette période de célébration pascale, la foi chrétienne nous questionne. Au sujet de la Passion et de son corolaire spirituel, la résurrection. Jésus est mort puis a ressuscité le troisième jour, conformément aux écritures. Il s’agit à n’en point douter de la fête la plus importante de la liturgie catholique, avec la nativité bien sûr. Parce que le trépas du roi des rois, du fils de Dieu, est fondé sur un contrat sacrificiel : laver les péchés du monde. Jésus est mort pour nous sauver comme le veut la formule consacrée. Et le rock dans tout ça, me direz-vous. Il n'est jamais bien loin. Oh, nous n'évoquerons pas...
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  • Poplitiquement correct ?

    par Adehoum Arbane le 13.04.2021 De la célèbre déclaration de Lennon au sujet de la popularité des Beatles, supposée plus grande que celle de Jésus et qui valut au groupe les foudres des ligues chrétiennes américaines, aux pitreries punks, le rock se fit un malin plaisir à constamment bousculer l’establishment. Qu’on qualifie ce dernier de politiquement correct ou de conservateur, cette réalité ne date pas d’hier et domina l’Occident. C’est d’abord le puritanisme états-unien avec le fameux Code qui fit trembler le tout Hollywood. C’est encore Elvis « The Pelvis » Presley et son fameux déhanché dont les remous moraux ne cesseront de prodiguer...
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  • ELO, bad taste

    par Adehoum Arbane le 06.04.2021 Quelle est la raison, snobisme mis à part, du décrochage de la critique à l’endroit de Queen ? Sans doute son tourbillonnant appétit musical qui aura conduit le groupe dans bien des directions, trop disparates pour affirmer une cohérence. ELO aura assumé une seule voie, un unique parti-pris : le mauvais goût. Rien que le mauvais goût. Inclination envisagée de manière totale, contenu et contenant. Chez ELO, il n’est pas un centimètre carré de gomme (celle du disque), de carton qui ne soit fondamentalement et furieusement outrancier. On objectera que c’était ainsi durant les seventies, qu’après les douceurs acidulées du psychédélisme...
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