Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • Alexia Gredy, évanescent paradis

    par Adehoum Arbane le 21.03.2017 C’est stupide, mais ce sont souvent les mauvaises images qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on se plonge dans la pop au féminin. Françoise Hardy nous laissant un message personnel, Adjani dans son joli pull marine au fond d’une piscine ou encore les fautes de prononciations et d’accords, en vérité charmantes, de Jane Birkin. Avant de découvrir la musique d’Alexia Gredy, il convient d’abord de fermer les yeux. Puis d’ouvrir grand son cœur, enfin son esprit. On pense alors étrangement à un homme, Michel Lang qui filma ces amours adolescentes auxquelles la jeune artiste fait ici involontairement allusion. 
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  • Les marchands de Temples

    par Adehoum Arbane le 14.03.2017 On nous chante à longueur d’antenne que l’Industrie est morte, que la Moselle sombre, que la Lorraine ne vaut guère mieux. Certes, le chômage de masse est là qui en atteste. Mais soyons sérieux, comment affirmer une telle sottise alors que le dernier né de Temples est une usine à tubes ! Volcano grondait déjà, lorsque le groupe avait décidé de jeter en pâture à l’Internet tout ébaubi son monstrueux single Strange or Be Forgotten. C’était sans savoir que le reste, c’est-à-dire les onze morceaux qui le précédaient, était à l’avenant ! 
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  • Family, sous le rock la finesse

    par Adehoum Arbane le 07.03.2017 Une main de velours dans un gant de fer. Vous avez bien lu. S’il est un groupe à qui ce retournement d’expression convient à merveille, c’est bien The Family qui finira d’ailleurs par effacer ce pronom inopportun. Family prend source à Leicester, la ville et non le célèbre quartier londonien. Comme beaucoup de jeunes formations nées dans le giron des Beatles, le groupe sort son premier album en 1968, année zéro de cette génération qui comprend aussi Traffic et surtout Jethro Tull auquel il est de bon ton de comparer Family. 
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  • Grand Funk, America thirst

    par Adehoum Arbane le 28.02.2017 Make America great again. Après l’aventure hippie qui a vu l’Amérique se complaire dans les affres de l’hédonisme naïf dont l’acide fut le vecteur sournois, il était temps de se ressaisir. Grand Funk Railroad, ce groupe moqué, dédaigné, méprisé, tient enfin sa revanche. Il l’affichera ostensiblement l’espace d’un album où le patronyme se montre une fois de plus dans sa version réduite, plus franche, presque braillarde. Grand Funk plane dans un océan d’or, son slogan lui scintille de façon tapageuse : We're An American Band crane alors le trio, devenu au passage quatuor. 
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  • The Hollies, Romany conté

    par Adehoum Arbane le 21.02.2017 Se fier à son instinct. Puis écouter les conseils avisés d’une tierce personne surtout quand ils sont frappés du coin du bon sens. La pochette, étrangement belle, magnétise d’emblée. Sa poésie surannée fait son œuvre. Surtout en ces temps où le présent contrarié, dans l’attente d’un futur toujours plus grand, voudrait estomper, voire effacer le passé. Celui-ci resurgit de notre mémoire cotonneuse, le temps et l’espace d’un disque où la mélancolie n’a rien de honteuse. Au contraire. Quant aux conseils pétris de cette bonne vieille sagesse des anciens...
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  • La poésie, les yeux Klô

    par Adehoum Arbane le 14.02.2017 Jacques Prévert est l’un de nos poètes les plus populaires dont le langage, à la fois familier et visuel, fascine encore aujourd’hui. Nombre de ses œuvres ont été mises en chansons, c’est donc tout naturellement qu’un pont imaginaire vient se jeter entre l’auteur de Paroles et la chanteuse et compositrice Klô Pelgag. À l’écoute de son deuxième album, L’étoile Thoracique, la filiation semble évidente. La pochette, merveilleusement dessinée, onirique à souhait, constitue un premier indice menant à l’inventaire qui se trouve bien évidemment dans les treize chansons de Chloé Pelletier-Gagnon...
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  • Bob Dylan, silence royal

    par Adehoum Arbane le 07.02.2017 Plus encore que la prise de son, au demeurant excellente, mieux que l’interprétation juste et impeccable de Dylan, ce qui impressionne le plus dans ce Real Royal Albert Hall 1966 concert, c’est le silence qui règne. Un silence religieux, respectueux. Une communion sans bruit de fond, sans parasitage, un regard que l’on imagine ému – nous ne sommes malheureusement pas dans la salle avec ces londoniens chanceux, alors que le maître essuyait au dehors les pires insultes, « Juda », « traître ». 
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  • Foxygen, la corde du pendu ?

    par Adehoum Arbane le 31.01.2017 Le progressisme n’en est pas à une imposture près. Alors qu’il claironne à qui veut bien l’entendre – et le croire – que du passé il faut faire table rase, il ne tolère – pour ne pas dire révère – rien tant que l’esprit vintage. La musique pop semble traverser la même crise identitaire qui la voit vasouiller dans des postures schizophréniques, jadis impossibles à envisager. Non pas faire du neuf avec du vieux mais arriver faire passer le vieux pour quelque chose de neuf, de moderne, pire de révolutionnaire. 
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  • Kevin ailleurs

    par Adehoum Arbane le 24.01.2017 Comparaison n’est pas raison prétend le vieil adage. Kevin Ayers serait une sorte de Syd Barrett blond. Même début en fanfare au sein d’une formation qui agita, à l’époque – c’était en 67 – les cercles de l’underground dont l’UFO était alors l’avant-scène. Même contribution éphémère, soit un album. Certes, Barrett s’imposa comme le seul maître à bord du Pink Floyd à qui le groupe, mythe du psychédélisme anglais, doit son nom. Il fut ainsi le principal songwriter et le père de tant de classiques comme Arnold Layne, Astronomy Domine, Lucifer Sam, The Scarecrow… 
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  • The Monkees, not too old for rock’n’roll

    par Adehoum Arbane le 17.01.2017 Les Monkees, ce phénomène médiatique avant l’heure. Les Monkees, premiers héros de la télé-réalité. Groupe né d’abord au travers d’un show qui lui fut entièrement dédié, puis, enfin sur disques.  Pour autant jamais le combo n’exista d’un point de vue purement discographique, cantonné à quelques – superbes – singles et autres albums concepts toujours reliés à des formats filmés. Et ce bien qu’il constituât la réponse américaine aux Beatles. Cinquante après leurs premiers succès, deux décennies après la précédente livraison, les Monkees reviennent avec un nouvel album. 
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  • Top 2016 : Brexit pop

    par Adehoum Arbane le 10.01.2017 Ce serait sans doute une boutade si la chose n’était entendue, réelle. L’alignement des astres en cette année 2016 a rapproché deux événements, symboliquement parlant. Le Brexit d’un côté, la vague Trump de l’autre. Un schisme entre deux pays, deux puissances, et qui ne se révèle pas seulement politique. Mais aussi musical. Dans le grand match US versus UK, il semblerait que nos amis britanniques aient dévissé, pour s’écrouler. Dans le contingent des sorties musicales pop et rock, et les meilleures, l’Angleterre accuse le coup. À la traine, au tapis même. 
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  • Top 2016 : très France, pas rance

    par Adehoum Arbane le 10.01.2017 Alors que sonne le refrain de La mélancolie française, la production hexagonale très paradoxalement ne s’est jamais aussi bien portée. Bien qu’un belge et un canadien se soient immiscés dans ce classement, le reste renvoie à la promesse du made in France, une réalité plus que flatteuse. En vérité, la tendance ne date pas d’hier et n’est pas prête de s’arrêter aux dernières heures de l’année 2016, pourtant peu avare en RIP. N’en déplaise aux pessimistes comme aux zélateurs d’un sans-frontiérisme falot, la production pop d’ici n’est pas perdu son rang
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  • The Legal Matters, dad pop

    par Adehoum Arbane le 03.01.2017 Vous avez la quarantaine passée, un peu de ventre, vous regardez dorénavant dans le rétroviseur – ne vous formalisez pas, c’est normal – et comble de l’humiliation, votre adolescente de fille vous qualifie de parfait ringard. Et si vous lui rétorquiez que non, vous n’êtes pas si dépassé que cela, quoique amoureux des mélodies pop à l’ancienne. Vous lui répondrez aussi que malgré le passage – cruel – du temps, vous pouvez vous targuer d’appartenir à un groupe de power pop, certes petit mais honorable, The Legal Matters, et qu’après un premier et franc succès, vous sortez votre deuxième album, Conrad. 
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  • Julien Gasc, soft power

    par Adehoum Arbane le 27.12.2016 La surprise du deuxième album de Julien Gasc ne vient pas de sa position sur la constellation de la nouvelle chanson pop française, car à y bien réfléchir, la comparaison ne tient pas. Même seul aux commandes, le jeune singer-songwriter traînera toujours derrière lui l’ombre de son propre groupe, Aquaserge. Mais dans une version synthétisée. Difficile à l’écoute de Kiss Me You Fool de ressentir une idée d’incarnation qui est le propre de la pop et de son corollaire, le chanteur. Ainsi la musique de se couler en glacis imperturbables. 
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  • Chocolat, bromance avant la transe ?

    par Adehoum Arbane le 20.12.2016 « La vie est trop courte pour être petite », confessait Benjamin Disraeli. Surtout, la vie est trop courte pour se perdre dans je ne sais quel délire de mecs, de geeks, de gaspiller temps et énergie à ne pas produire pour soi. C’est en substance le sentiment que l’on ressent à la découverte, d’abord amusée, puis enthousiaste du troisième – et conceptuel –  album de Chocolat, le side project du singer-songwriter Jimmy Hunt. Alors que les fans transis attendent le digne successeur du génial Maladie d’amour, Hunt se tape un trip avec ses potes musiciens. 
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  • Gaspard Royant, single bells !

    par Adehoum Arbane le 16.12.2016 L’Histoire du rock regorge de rituels auxquels tout musicien doit, à un moment donné, se conformer. Gaspard Royant, généreux par-dessus tout, a décidé de revisiter celui des albums de Noël comme seul Phil Spector savait les concocter ; on se souvient de son fameux A Christmas Gift for You from Phil Spector réunissant la crème sur buche des groupes maison (The Ronettes, Crystals, Bob B. Soxx & The Blue Jeans…). 
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  • Barbagallo, chien pas si fou

    par Adehoum Arbane le 13.12.2016 Arrêtons de faire de Paris l’épicentre de la créativité musicale. Vive la décentralisation ! Non, ceci n’est pas le slogan, la promesse griffonnée, braillarde, sur un tract de campagne à l’aube de l’année 81. À l’heure de la mondialisation, Barbagallo a décidé de donner sa chance à la régionalisation. De sillonner un imaginaire terrien, hautement émotionnel. « L’amour est le dernier pays ou j’irai marcher. Pourquoi courir le monde, à l’ombre de rien ? », chante-il d’un air faussement désabusé, en vérité d’une joie inépuisable. 
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  • BLOT, Mr Tambourine frontman

    par Adehoum Arbane le 06.12.2016 Le monde du rock est ainsi fait, divisé entre frontmen et sidemen. Ce que l’on appelait autrefois, avec une pointe de mépris, les requins de studio. BLOT a longtemps fait le job aux côtés de l’éruptif Gaspard Royant, et qui plus est, avec conscience et professionnalisme. Par tous les temps, en studio comme sur scène – il fallait à ce propos le voir dans la nuit live décocher ses flèches hendrixiennes.  BLOT est bien plus que le simple nom d’un musicien, celui d’un singer-songwriter qui eut soif de se réinventer sans cesse au travers de projets...
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  • Daisy Lambert, maréchal de transe

    par Adehoum Arbane le 29.11.2016 Maréchal de France, chef du conseil royal des finances et ami de Louis XIV, François de Neufville de Villeroy représente l’une des principales figures de la noblesse lyonnaise et qui fut, pour reprendre les mots mêmes de Saint-Simon, « magnifique en tout ». Malgré une carrière militaire des moins glorieuses, cet homme loyal se coula dans les habits du courtisan accompli bien qu’il conserva des attaches solides avec sa bonne ville de Lyon dont il fut gouverneur. 
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  • Alister, souvenir, souvenir

    par Adehoum Arbane le 22.11.2016 Dernier volet d’une trilogie qui ne dit pas son nom et dont il représente la synthèse, Mouvement Perpétuel annonce donc la fin d’un cycle. Il clôt une époque qui semble résonner avec une promesse épanchée sous la plume alerte d’Alister : No Future mais No Stalgie. Et pourtant, alors que le rockeur laisse partir son petit dernier, on ne peut s’empêcher d’y voir un signe de tristesse, une forme de mélancolie codée que l’on retrouve, en filigrane, à travers les douze chansons de l’album.
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  • Charles-Baptiste, artiste dalien

    par Adehoum Arbane le 15.11.2016 Salvador Dali était coutumier du fait, non par manque d’inspiration mais bien parce qu’il se sentait profondément questionné par un sujet, une œuvre. Revisiter inlassablement un tableau, lui conférer une majesté nouvelle, l’éclairer d’un soleil autre, autrement placé. Même le terme revisiter possède un charme certain, comme si l’artiste pouvait rentrer une fois de plus dans son œuvre, la parcourir méticuleusement, en modifier l’architecture. 
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  • The Lemon Twigs, Cocteau Twigs

    par Adehoum Arbane le 08.11.2016 On pardonne tout à la jeunesse. Son audace, son insouciance, son insolence, son mépris des codes et des usages. De même que son talent. Grande oubliée des programmes et des promesses, la jeunesse exprime toute la démesure de son immense potentiel dans le libre périmètre du rock. Et ce depuis des décennies. Songez aux Beatles, aux Who et autres trublions électriques. Nous accorderons donc notre grâce aux deux têtes pensantes de Lemon Twigs...
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  • Pépite, têtes chercheuses

    par Adehoum Arbane le 01.11.2016 On ne les connaît que trop bien ces accroches faussement prometteuses qui lardent les affiches de cinéma. « Un chef-d’œuvre », « Magnifique », « Émouvant », « MAGISTRAL », « Une pépite ». Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, dit-on. Lorsque l’on découvre la musique de Pépite, on craint le pire, on s’attend à une déception à la hauteur de la proposition. Imaginez donc ! La pépite, ce bout d’or gros comme un caillou que des pionniers cherchaient inlassablement. 
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  • Pet Sounds, la messe est dite ?

    par Adehoum Arbane le 25.10.2016 C’est le grand retour de tout. Du psyché, des synthés, de l’Histoire, de la Nation, des religions, du moins du religieux. En tant que fait mais aussi comme aspiration. Alors qu’il va être prochainement rejoué dans son intégralité comme c’est de coutume en ces temps de muséification de la pop, Pet Sounds s’affirme comme une œuvre puissamment religieuse, ô combien spirituelle. Pas seulement pour God Only Knows. Et bien avant SMiLE, sobrement qualifié de Teenage symphony to God.
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  • The Divine Comedy humaine

    par Adehoum Arbane le 18.10.2016 Balzacien, Neil Hannon l’est sans le savoir. Pas tant pour la pop à patine qu’il polit depuis plus de deux décennies. Balzac avait emprunté à la Divine Comédie son titre de La comédie humaine, et ce n’est ici pas vraiment un hasard. Reprenons depuis le début. D’un disque à l’autre, Neil Hannon perpétue les codes du songwriting pop à l’ancienne, il enlumine ses chansons d’instruments antiques, explore des registres que d’aucuns qualifieraient de poussiéreux, voire de franchement rétrograde. Ironie du sort, sa musique n’a jamais été aussi actuelle. 
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