Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • Serpent Power, la transe du serpent

    par Adehoum Arbane le 26.06.2018 Le rock a toujours revêtu une dimension rimbaldienne. Un tropisme poétique que Jim Morrison préempta largement dans la symbolique avec Bob Dylan, encore qu’on pût rattacher ce dernier à la folk. Plus rares sont les poètes qui s’essayèrent à la pop. L’Histoire aura bien évidemment retenu Leonard Cohen. Celle-ci remisa honteusement dans les tiroirs de sa mémoire sélective The Serpent Power, bien plus intéressant cependant. Disons-le tout net, The Serpent Power coche toutes les cases du cahier des charges de la parfaite formation psychédélique underground. 
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  • The Glass Family, sur le carreau ?

    par Adehoum Arbane le 19.06.2018 Un adage imaginaire pourrait présenter les choses ainsi : « les albums les plus cités font souvent autorités. » Vérité ô combien criante mais qui connaît fort heureusement ses exceptions. Ainsi en va-t-il de la scène psychédélique américaine underground des années 67-69 qui s’avéra bien souvent supérieure à celle qualifiée – ne pas y voir d’ironie – de mainstream. Là où de nombreuses formations appartenant à l’establishment psyché – le Grateful Dead en tête – tentèrent de restituer sur disque le trip acide, sans trop y parvenir d’ailleurs, certaines réussirent en poussant plus en avant les frontières de l’audace. 
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  • Notes From The Undeground, excellente note

    par Adehoum Arbane le 12.06.2018 On le sait, le psychédélisme américain – garage à ses débuts – fut le fruit d’une transgression. Issues du blues le plus académique, voulant faire mieux que les Beatles sur Sgt Peppers, les jeunes formations s’émancipèrent rapidement, à juste titre d’ailleurs, d’un genre par trop ombrageux et limité. Pas les Notes From Underground. Cette stratégie leur a-t-elle couté ? Voilà un exemple typique du groupe qui émerge de la masse, grave un unique opus en 1968 pour retomber aussitôt dans l’anonymat. Signé sur Vanguard, label réputé pour sa tradition blues, le combo y côtoie les mythiques...
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  • Lake, paradis trouvé

    par Adehoum Arbane le 05.06.2018 La chance sourit aux audacieux. Et parfois aux seconds couteaux. C’est l’impression que l’auditeur ressentira à l’écoute du troisième album de Lake, improbable formation américano-allemande qui parvint, contre vents et marrées, à produire une douzaine d’albums en trente-huit ans de carrière. Ce Paradise Island sonne si bien, et pour cause, il fut enregistré en 1979 dans les studios CBS, à Hambourg. Avec tous les moyens mis à disposition, personnel, instruments. Mais on connaît la chanson, si l’on ose dire. Un groupe de « l’establishment »rock aurait pu très bien n’en tirer aucun parti, et se contenter de reproduire la même musique...
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  • Procol Harum, cru bourgeois

    par Adehoum Arbane le 29.05.2018 Le monde viticole se divise en deux catégories : les bordelais qui produisent avec une certaine classe un vin de notaire, provincial et bourgeois en diable, et le reste de la filière qui avance à grands pas vers le futur des grands crus. Ce schisme gustatif pourrait très bien se transposer à l’univers de la pop, notamment celle des sixties. Alors qu’en 1966, les Beatles emmenaient, princiers, toute une génération sur les routes de la révolution musicale, certains décidèrent de rester en quelque sorte sur le bas-côté. Ainsi, Procol Harum donna, tout au long d’une très décente carrière, dans un néo-classicisme de bon aloi..
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  • La genèse de Phil Collins

    par Adehoum Arbane le 22.05.2018

    Il y a chez les amoureux de Genesis, et de pop en général, une forme de schizophrénie latente et d'une certaine manière inévitable. D'un côté le fan du Genesis originel, celui des années 70-75 et la respectabilité arty initiée par Peter Gabriel. De l'autre, le même homme essayant de tendre une oreille attentive à la période Phil Collins du groupe, pour le coup, résolument commerciale - sans même parler de la carrière solo du célèbre batteur. Pour ne rien arranger, il faut bien dire que ce fan n'était sans doute pas né quand la Genèse sortit Trespass, Nursery Rhymes, Foxtrot, Selling England...


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  • Barnett, Everybody knows this is now her

    par Adehoum Arbane le 15.05.2018 Quelque chose frappe à l’écoute du deuxième album de Courtney Barnett, Tell Me How You Really Feel. C’est son extrême proximité avec un artiste d’un autre temps, d’un autre sexe – vous pardonnerez que l’on compare une jeune femme à un vieil homme –, Neil Young. Et pourtant, plus d’un indice mène de l’une l’autre, et inversement. En premier lieu, leurs origines et leur rayonnement. Neil Young, tout canadien qu’il est, s’imposa aux États-Unis, à Los Angeles plus particulièrement. Australienne de son état, Courtney Barnett est aussi parvenue à se faire une place...
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  • Thin Lizzy, pop en tête de Lynott

    par Adehoum Arbane le 08.05.2018 Des groupes de hard ayant le plus flirté avec la pop, l’histoire aura retenu Queen. Horreur ! Pourtant, il en existe un pas moins important et qui aura livré en cette fin de seventies flamboyantes – et parfois, avouons-le, décadentes – une série d’albums impeccables et surtout, impeccablement écrits. Il s’agit de Thin Lizzy. Dans le maquis de leur production, extrayons leur classique – il y en a quelques-uns, rassurez-vous – Jailbreak. Constat flagrant dès la première écoute. Si la particularité citée en introduction le déclassa provisoirement du peloton de tête, il existe d’autres raisons plus profondes...
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  • Syd Barrett, white light

    par Adehoum Arbane le 01.05.2018 La culpabilité postcoloniale a généré son lot d’imbécilités dont celle-ci : en déclinant opportunément les codes du rock, le petit blanc aurait spolié l’afro-américain. Certes, sans le blues il n’y aurait pas de rock, sans Muddy Waters donc pas d’Elvis, et sans Elvis pas de Stones ni de Beatles. Les pierres qui roulent sauront d’ailleurs célébrer la mémoire des bluesmen – que Keith, Mick et Brian vénéraient – en lâchant le psychédélisme provisoire pour assumer l’unique musique pour laquelle ils étaient faits. Cependant, il serait stupide, soit, mais aussi historiquement faux de rappeler sans cesse la pop blanche à ses racines blues...
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  • Barbara Carlotti, vous ne rêvez pas

    par Adehoum Arbane le 24.04.2018 Les carnets de rêves… Qui n’a jamais rêvé d’y consigner le souvenir parcellaire des songes de la nuit passée ? Comme les prémices d’une œuvre directement reliée à l’âme, sincère par définition. Barbara Carlotti aura utilisé cette méthode pour composer les nouvelles chansons de son dernier album, Magnétique. En apparence, personne n’aurait fait le rapprochement si l’artiste n’avait expliqué sa démarche créative (Dream Machine, hypnose, réveil sonnant au moment du sommeil paradoxal). Peut-être parce qu’une chanson ne peut être la restitution exacte d’une réalité, fut-elle née dans un rêve. 
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  • Roxy Music, rock sidérant

    par Adehoum Arbane le 17.04.2018 Connaissez-vous l’histoire de Byron Ferrari ? Elle nous vient de deux journalistes du NME qui n’aimaient rien tant que malmener leur idole, Bryan Ferry, leader de Roxy Music. Une anagramme ou presque résumant parfaitement la musique que propose le groupe, ce 16 juin 1972 : extrême sensibilité sous les lignes nerveuses d’un bolide fuselé. Peu de groupes peuvent ainsi se targuer d’avoir poussé à son summum la notion d’esthétique. Le Velvet bien sûr, mais c’était une autre époque. Les années 70 furent l’objet de moult révolutions, réinventions, explorations et Roxy Music aura été de toutes ces batailles. 
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  • WCPAEB, band original

    par Adehoum Arbane le 10.04.2018 Il est toujours regrettable de découvrir la musique d’un groupe par le prisme d’un autre média que le disque, un film en l’occurrence. La sortie prochaine de Isle of Dogs de Wes Anderson a fait l’objet d’une bande-annonce où l’on a entendu, comme par magie, l’une des chansons du premier album du West Coast Pop Art Experimental Band, I Won't Hurt You. Étrangement belle, sobrement déployée sur un canevas de guitare, portée par la pulsation d’une percussion (ou d’un autre instrument), la chanson captive automatiquement. On l’imagine même presque entière, en accompagnement d’images que le traitement animé...
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  • Il Balletto di Bronzo, latin killer

    par Adehoum Arbane le 03.04.2018 Au mitant de sa vie, il est parfois logique de rechercher la transgression. Celle-ci peut prendre plusieurs formes, mais dans l’immense majorité des cas le besoin de tout remettre en question passe par un psychotrope. Plus que toute autre substance, le LSD incarne bien la mère de toutes les drogues. Mais attention, il convient d’observer quelques recommandations salvatrices, avant de débuter l’aventure. Ainsi, le novice devra être absolument accompagné dans son trip, ses guides auront pour responsabilité de créer les conditions idéales qui lui permettront de « monter »...
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  • Jefferson Airplane, rêve d’Amérique

    par Adehoum Arbane le 26.03.2018 Le régionalisme, si souvent étriqué, semble mieux convenir aux vastes géographies. D’autant qu’en France, il se résume souvent au camembert de Normandie et aux rillettes du Mans. Appliquée aux États-Unis d’Amérique, l’idée pourrait paraître moins ravageuse. Par un effet de distorsion, de grandeur extrême, le pays et ses millions de citoyens n’ont aucun mal à se réclamer d’un état, d’une ville. S’agissant du rock, la chose fut bien différente, obérant parfois malgré eux leur plan de carrière. Surtout à San Francisco, capitale du psychédélisme, de la défonce et du grand n’importe quoi. 
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  • Fairport Convention & disruption

    par Adehoum Arbane le 20.03.2018 Tout comme le blues, la folk prend sa source dans les musiques traditionnelles de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième et à ce titre, formations et interprètes se sont longtemps bornés à rejouer les classiques, soit des chansons transmises de génération en génération. Dylan fut l’un des premiers folkeux modernes à écrire, allant en cette année 1965 jusqu’à parer ses compositions des atours de l’électricité. Parmi tous les exemples qui suivirent, un groupe se détache qui, lui aussi, décida un jour de se forger son propre répertoire. Il s’agit de Fairport Convention. 
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  • Drame, acte 2

    par Adehoum Arbane le 13.03.2018 La musique instrumentale est par définition inclassable. Elle s’étend du classique – appellation réductrice – au jazz, du rock (dont les jams cosmiques !) à la techno, et joue même des coudes pour se frayer un passage vers les œuvres expérimentales. Difficile à cerner, elle n’en demeure pas moins exigeante. Hors format, elle ne se laisse pas si promptement apprivoisée. Car il faut bien arriver à remplacer idées et mots par des sons, des notes, plus globalement caractères et tonalités afin d’exprimer telle ou telle émotion. Parfois, souvent, la musique instrumentale choisit un chemin de traverse, en dehors de toute recherche de signification. 
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  • MGMT, âge sombre ?

    par Adehoum Arbane le 06.03.2018 Wolfgang Amadeus Mozart composa La flûte enchantée en 1791, puis mourut la même année. Il avait 35 ans. Aujourd’hui, nous gardons de lui – et pour l’éternité – l’image du film de Milos Forman, soit un jeune homme fantasque au rire tintinnabulant. Il se trouve que Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser ont composé leur quatrième album, Little Dark Age, au même âge (on leur souhaite toutefois une plus longue existence !). Ainsi et depuis leurs fracassants débuts, ils réécrivent, au fil des albums, leur œuvre de jeunesse. Tels des Mozart de l’ère pop. C’est peu dire que leur musique recèle cette part enfantine...
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  • Alan Stivell, celte symbole

    par Adehoum Arbane le 27.02.2018 Je hais les bretons et leur agaçante manie – réflexe imbécile, donc répandu – consistant à sortir l'étendard de leur région dans tous les festivals du pays alors, ALORS qu'ils ont raté l'unique et légitime occasion de le faire. C’était le 28 février 1972, à l’Olympia. La star des harpistes y enregistre ce qui deviendra son troisième – et meilleur ? – album devant un public chauffé à blanc, cependant respectueux d’une musique traditionnelle ancrée dans la modernité. Alan Stivell s’en était déjà expliqué qui a depuis toujours intégré à son orchestre celtique des instruments plus rock, dont la fabuleuse guitare électrique de Dan Ar Braz...
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  • The Limiñanas, homme et femme de l’ombre ?

    par Adehoum Arbane le 20.02.2018 Johnny vient de laisser sa peau au vestiaire du provisoire pour rejoindre l’éternité. Pour les quelques rockeurs restants, c’est cependant un souffle précaire qui les maintient en vie. Et si comme après l’apocalypse, les Limiñanas étaient les derniers ? Des Mad Max des temps nouveaux, guerrière et guerrier. Ouverture et Le premier jour, comme le symbole de cette destruction créatrice. Leur musique sur cet album se déroule telle l’autoroute sans fin d’un rock extatique, avec paroles, mais sans réelle désir de l’inscrire dans les espaces codés du songwriting. D’où cette permanence...
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  • Magma, concert au Triton 27/01/28

    par Adehoum Arbane le 12.02.2018 L’un ne va pas sans l’autre. Ainsi, la découverte de la musique de Magma est-elle indissociable de l’expérience live. À rebours de tous les groupes – et c’est peut dire que la formation française fut à l’antipode de la pop de son époque, les seventies –, les concerts de Magma priment sur tout, même s’ils ramènent souvent, toujours à l’œuvre gravée. Rassurons-nous, le phénomène inverse existe aussi pour les anciennes générations. Mais revenons au propos initial. Pourquoi parler d’expérience ? Pour les novices – car c’est d’eux dont il s’agit en vrai – qui acceptent d’entrer...
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  • Electric Music at the Gate of Dawn

    par Adehoum Arbane le 06.02.2018 Au fond tout comme la techno, le psychédélisme reste une musique fondamentalement liée à la drogue, le LSD en l’occurrence. Voilà pourquoi le revivalisme sonne faux, son psychédélisme à lui s’apparente à une expérience bio, c’est-à-dire sans la chimie qui va avec. Qui dit chimie dit alchimie. Cette remarque semble s’appliquer de même à la production made in sixties. En effet, dès 1967 le rock psyché se transforme en mode. Tout le monde y va de sa lysergie sur disque, perdant au passage le message originel. Cependant il en est qui sauront tirer du cerveau...
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  • Tractor, that’s hard folks

    par Adehoum Arbane le 30.01.2018 Il existe cette idée reçue – et assez tenace – au sujet des seventies selon laquelle il ne se serait rien passé avant le punk. Diabolisation aussi injuste qu’excessive. Car ayons un tant soit peu de mémoire. Année 1970, au lendemain du split des Flying Burrito Brothers, Gram Parsons rêve d’un country rock cosmique, entre tradition et modernité. À force de patience, de travail et d’inspiration, il finit par le toucher. De l’autre côté de l’Atlantique, Led Zeppelin "invente" dans le brouet des studios un mariage entre la douceur de la folk et la virilité du hard. Nous sommes en 1971, et un titre comme Stairway To Heaven porte haut ces nouvelles...
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  • Incredible String Band, mages et images

    par Adehoum Arbane le 23.01.2018 Le pouvoir de l’évocation ! À l’heure du marketing digital, la remarque pourrait paraître incongrue. Voire tomber à côté. Nous avons déjà oublié – et c’est somme toute normal – qu’il y eut une époque autre, avant l’avènement des chaînes de vidéos en ligne, des réseaux sociaux, des téléphones aussi intelligents qu’intrusifs, dont l’effronterie consiste à capter pour l’éternité un moment, une situation – voire le dérapage de trop. Avant cela donc, les artistes pop n’avaient pour seul média que les pochettes de leurs albums, et pour les mieux nantis – des pop star ayant passé le barrage de la confidentialité avec succès...
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  • Manassas, USA Stills alive

    par Adehoum Arbane le 16.01.2018 Il n’y a pas que dans les livres d’Histoire que l’on raconte celle de l’Amérique. On la retrouve par touches parcimonieuses dans les poèmes de Walt Whitman – les fameuses Leaves of Grass s’achevant brillamment sur le formidable O Captain, my Captain – ou dans les toiles de Hopper. Et aussi dans le troisième album de Stephen Stills, sobrement intitulé Manassas. L’entreprise s’avère ambitieuse, comme si l’ancien de Buffalo Springfield et de CS&N (complété de Young) avait voulu délivrer son Ulysse à lui. Certes, on ne la retrouve pas de manière littérale. Celle-ci s’y exprime en sous-titre, au travers d’indices...
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  • Rétrospective ?

    par Adehoum Arbane le 09.01.2018 Au "c’était mieux avant", bêtement remisé par les thuriféraires de la modernité, préférons l’image d’un passé pop en forme de corne d’abondance dont on n’aurait pas fini d’explorer les moindres recoins. Non que notre époque ne soit pas digne d’intérêt, musicalement parlant, mais il semblerait que les trois âges d’or – 60s, 70s, 80s – de la pop nous réservent encore quelque surprise. Ainsi, on aura donc attendu 2017 pour découvrir des disques, connus ou non, parfois approchés ou pas, et dont l’écoute intégrale relève de la révélation mystique. Certains ont réapparu par l’entremise de la réédition quand d’autres ont été tout bonnement… 
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