C'était mieux avant


  • Hammond beau fils du Pourpre

    par Adehoum Arbane le 23.02.2026 On s’en souviendra longtemps de ce tube interplanétaire, éternel et qui fit danser la jeunesse occidentale : Whiter Shade Of Pale de l’inimitable et classieux Procol Harum. Comment expliquer ce succès, au-delà des qualités propres de la chanson, de sa mélodie évidente ? L’orgue Hammond peut-être ? L’orgue Hammond sûrement. Cet instrument roi des grands classiques du rhythm’n’blues se verra pourtant relégué loin derrière par les Farfisa, Wurlitzer, Vox Continental et autres Fender Rhodes dégainés alors par la jeune garde pop. Trop lourd et difficile à transporter lors des tournées, il est de surcroit et selon Irmin Schmidt...
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  • Homme libre, tu chériras la Mère

    par Adehoum Arbane le 17.02.2026 On a souvent reproché à Zappa, comme à tous les musiciens et groupes de la vague progressive, d’avoir proposé une musique boursouflée, emphatique, prétentieuse, par trop technique, délaissant l’émotion des chansons pop des mid-sixties. C’est un mauvais procès fait à cette scène mais surtout à ce musicien inclassable dont les origines lui ont dicté un vocabulaire musical à la fois multiple et singulier. Ce que Zappa a réussi à faire, à produire, c’est avant tout une musique qui a su constamment se réinventer. Mais est-ce tout s'agissant du plus célèbre des moustachus...
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  • Chat à 3 vies

    par Adehoum Arbane le 09.02.2026 Il aura fallu l'irruption de Nick Drake dans le paysage médiatique des années 90 pour détrôner Cat Stevens de son piédestal de Folk Singer et Songwriter, avec ce qu'il faut de majuscules pour imposer une stature. Il faut dire que Nick Drake cumulait pas mal de bons points, à savoir une production resserrée, sans fausse note, le bon narratif biographique passant de la reconnaissance de son immense talent par Joe Boyd à la dépression qui devait précéder sa tragique disparition, l’oubli puis la résurrection (au début, relativement confidentielle, puis éclatante par la suite, comme chacun sait). Derrière sa carrière impeccable...
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  • Arthur Brown, light my fire

    par Adehoum Arbane le 02.02.2026 En 1968, malgré le vent de modernité qui souffle sur le monde occidental et qui s’appelle pop culture – mode, cinéma, musique –, la publicité n’existe pas encore, du moins dans la forme aboutie que l’on connaît aujourd’hui. Certes, les artistes et les labels disposent d’espaces dans la presse, ils ont aussi la possibilité de communiquer sur les tickets de concerts, surface d’expression qui fut admirablement bien exploitée, sans parler des pochettes de disques, moyen idéal de se démarquer. Mais pas encore de page Facebook officielle ou de compte Instagram avec leurs déclinaisons. De la même manière, nous ne sommes pas encore...
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  • 10 ans et après ?

    par Adehoum Arbane le 27.01.2026 Ten Years After s’est toujours rêvé plus grand qu’il ne fut. Malgré les honneurs que lui firent les programmateurs du festival de Woodstock et une performance, disons-le, mémorable. Ce I’m Going Home mené de mains de maître par Alvin Lee, leader du groupe, et qui lui valut la réputation de guitariste le plus rapide au monde. Et ce dans un secteur où la concurrence était rude. Pour autant, il a toujours manqué à TYA ce petit quelque chose qui l’aurait propulsé au panthéon où figurent Hendrix, Neil Young ou Led Zeppelin, pour ne citer que ces monuments électriques. Et ce malgré l'ambition affichée. Tenez, prenez la pochette de... 
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  • Cheryl, fais-moi peur !

    par Adehoum Arbane le 19.01.2026 Le narratif victimaire est solidement enfoncé comme un clou dans le bois des idées reçues. Où sont les femmes, pourrait-on crier à l’image de Patrick Juvet, et plus précisément dans le paysage créatif ? Ne cherchons pas plus loin, elles sont nombreuses à s’être fait une place durant ces deux décennies mirifiques que furent les sixties et les seventies. Tant et si bien que même entre musiciennes, la concurrence fut rude, la consécration des unes jetant sur les autres un impénétrable voile d’ombre. Tout comme leurs confrères masculins, certains artistes pop tombèrent dans les oubliettes mémorielles et il faut parfois être un simple collectionneur...
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  • Weird Herald, tribune

    par Adehoum Arbane le 13.01.2026 Nous nous sommes tous, entre fanatiques de musique pop, dit ceci : un groupe qui ne produit pas de hit reste en marge. Un groupe dont les labels ne veulent pas, donc qui n’obtiendrait pas le précieux sésame de la signature de contrat, n’en vaut certainement pas la peine. Le marché de la réédition est venu bousculer cet axiome, rendant le travail d’écoute et d’appréciation objective quelque peu difficile. Maintenant que tout est là, publié, disponible chez notre disquaire de quartier, comment faire la différence, comment préserver la hiérarchie qui avait cours il y a encore vingt ans ? Certes, les rééditions ont toujours été...
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  • Doobie or not Doobie ?

    par Adehoum Arbane le 06.01.2026 Le terme doobie qui constitue le patronyme Doobie Brothers signifie, dans l’argot hippie, joint de marijuana. Comment se fait-il qu’un nom aussi idiot, choisi de manière provisoire par les membres du groupe, ait pu rester comme leur éternelle marque ? D’autant que la musique du groupe, au gré des albums, n’a jamais relevé de la pochade ou de la lente et ennuyeuse digression musicale comme seuls les hippies étaient capables d’en imaginer dans leurs pires moments. La musique des Doobie Brothers s’est toujours évertuée à sinuer habilement sur la crète d’un country-rock délicieusement californien...
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  • Paul Simon, grâce lui soit rendue

    par Adehoum Arbane le 11.11.2025 Je me suis longtemps – oui j’ose le je –, je me suis longtemps tenu à bonne distance de Graceland de Paul Simon. Même si je connaissais les quelques tubes dont l’inusable You Can Call Me Al. Sans doute l’estampille world music qui, dès les premières secondes que l’album fut livré au public, a sauté aux yeux et aux oreilles. La faute à cette sauterelle de Johnny Clegg et Scatterlings Of Africa (mon dieu, ce clip qui ne passerait plus aujourd’hui). Avec sa production pataude et malgré une mélodie habile, Scatterlings Of Africa n'échappe guère aux clichés alors que Clegg le sud-africain...
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  • Waiting for the seum ?

    par Adehoum Arbane le 21.10.2025

    Les Doors ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils ne jouent pas aux « Doors ». Dire cela, c’est avant tout définir les Doors par le prisme de l’histoire de Morrison, celle d’un fils d’officier, apprenti metteur en scène sans réelle envergure et aspirant poète souvent méprisé. Coincé entre ces deux ambitions insatisfaites, Jim Morrison nourrit l’idée de créer le véhicule acceptable, si ce n’est idéal, pour lancer sa carrière de poète : un groupe de rock. Il a déjà quelques chansons dans ses bagages de faux freak. Pour cela, il choisit de s'installer en Californie, à L.A., où il sent le vent de la révolution...


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  • Ange, du ciel à la terre

    par Adehoum Arbane le 20.05.2025 Si on voulait être taquin, l’on dirait sans sourciller qu’en matière de pop et de rock, Liverpool, Manchester, Newcastle, Sheffield, Birmingham, Canterbury bien sûr, valent autant si ce n’est plus que Londres, l’orgueilleuse capitale, elle-même subdivisée en chapelles (Denmark Street, Camden Town, Muswell Hill, Ladbroke Grove, Chelsea…). Pour l’exprimer autrement, la notion de province, avec ses aprioris négatifs, résonne moins, voire pas, dans l’inconscient collectif britannique, alors qu’en France, il en est autrement. Malgré les villes et les scènes, toujours plus nombreuses, la suprématie parisienne semble toujours s’imposer... 
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  • Becoming Led Zeppelin, bien dirigé

    par Adehoum Arbane le 15.04.2025 On le sait. Inutile de le répéter. Et pourtant, il faut l’écrire : Led Zeppelin est un monument. Volant certes. Mais un monument. Un dirigeable qui a su trouver le chemin d’une carrière sans trop de fausses notes, nous parlons de quelques albums en dessous des chefs-d’œuvre et le Dieu du Métal sait à quel point ils en ont au compteur. Avec Pink Floyd et quelques autres grandes figures anglaises et américaines, Led Zep figure parmi les groupes les plus importants, les formations les meilleures, les légendes du rock. Une fois avoir ressassé l'évidence jusqu'à la lie, que penser d'un documentaire... 
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  • Les lumières de Gabriel

    par Adehoum Arbane le 07.04.2025 C’est peu dire que l’œuvre de Manset demeure insondable quand bien même elle serait cohérente, chaque nouvel album explorant ce que le précédent avait patiemment bâti tout en y apportant son lot de nouveautés. Pour dire les choses autrement, on n’en fait jamais le tour. Une nouvelle écoute et ce sont des motifs inédits qui se dessinent de manière invisible dans notre esprit ; la musique, la grande, possède ce pouvoir. Restons dans l’esprit où les associations d’idées jaillissent, où les postulats les plus culottés prennent forme. On vous en livre un ici, qu’il y a entre le douzième album de Manset...
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  • Caravan passée ?

    par Adehoum Arbane le 18.03.2025 Certains albums vous font cet effet, rappelant du fond des âges ce titre qui s'est transformé en vieille formule : « à la recherche du temps perdu ». Le temps perdu est aussi le temps qui passe, les années filant entre nos doigts sans que l'on parvienne à les compter. Ces disques au nom surgi de nulle part convoquent des époques anciennes, réelles ou imaginaires, peu importe au fond, car celles-ci possèdent ce doux parfum de vernis, cette patine que l'on perçoit du bout des doigts. Ces disques sont des maisons, des blasons, parfois les deux, des manoirs aux mille pièces où l'on se perd même quand...
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  • Hey Judie, Na na na nananana

    par Adehoum Arbane le 04.03.2025

    Le ruissellement existe bel et bien. Du moins s’est-il manifesté tout au long de la féconde décennie 70. Durant cette période, l’industrie du disque connaîtra une croissance incroyable, portée par le succès sans borne des mastodontes rock et pop, de Led Zeppelin à Elton John, pour ne citer qu’eux. Le climat artistique et économique est tel que les majors ouvrent facilement leurs portes et sortent avec une aisance tout aussi déconcertante contrats et stylo-plumes. À cette époque heureuse, chacun a sa chance, d’autant plus quand chacun devient aussi chacune. Ainsi en est-il de Judie Tzuke... 


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  • Il Van der Graaf Generator

    par Adehoum Arbane le 18.02.2025 L’amour est ainsi fait, il ne s’explique pas. Enfin pas toujours. Comment deux êtres, d’apparence si différente, parviennent-ils à vivre dans la communion des sentiments ? La question nous taraude à l’heure où nous nous penchons sur l’idylle entre le public italien et la formation progressive anglaise, Van der Graaf Generator. Par quel sortilège un groupe au son si âpre, à l’univers à ce point torturé a pu séduire un pays latin où errent sur les chemins de l’inconscient les fantômes de Vivaldi, Verdi ou Puccini ? Rappelons que VdGG a durablement joui là-bas d’une popularité insolente au point de propulser son quatrième album et chef-d’œuvre...
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  • Noir c’est noir

    par Adehoum Arbane le 04.02.2025 On se souvient du choc de 21st Century Schizoid Man judicieusement placé en ouverture de In The Court of The Crimson King et qui faisait écho à la pochette dépourvue de nom mais dont le visage apeuré, criard, écarlate au possible marqua des générations d’auditeurs. On se rappelle aussi combien il fut difficile – pour ne pas dire impossible – à King Crimson de réitérer l’exploit du chef-d’œuvre et de donner ainsi à son premier album un digne successeur. Non pas que les œuvres suivantes ne furent dignes d’intérêt, mais elles ne purent se hisser à pareille hauteur. Ce que King Crimson avait dès lors échoué...
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  • Never Say Die au pied de la lettre

    par Adehoum Arbane le 28.01.2025 Étonnant de débuter un article sur Black Sabbath par Led Zeppelin. Il y a une logique à cela. Led Zep assoit en cette décennie soixante-dix sa suprématie avec pas moins de huit albums dont six peuvent être légitimement considérés comme des classiques. Le dernier, le bien nommé Coda, ouvrant les années quatre-vingt de la plus singulière des façons, les morceaux étant tous issus de sessions s’étalant de 1970 à 1978. Le quatuor avait donc su, pardonnez la facilité, diriger sa carrière de main de maître, parvenant à se renouveler sans jamais trahir son credo du heavy rock... 
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  • Jethro Tull, Cleese to the edge

    par Adehoum Arbane le 21.01.2025 On considère à tort le rock progressif comme une entreprise sérieuse. Il faut dire que les longs soli, les morceaux à tiroirs et les albums concepts n’ont rien arrangé. Si l’on ajoute à ces quelques considérations structurelles la somme des déclinaisons des quelques grandes figures consacrées surgissant entre 70 et 79, d’un bout à l’autre de l’Europe, l’auditeur se sentira à jamais vacciné. Alors que penser de Jethro Tull dans ce capharnaüm de synthés et de Mellotron ? Qu’est allé faire ce diable à quatre de Ian Anderson sur la galère progressive ? Car Thick as a Brick relève bien de la pure galéjade. Le cinquième album de Jethro Tull...
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  • Best drummers

    par Adehoum Arbane le 10.12.2024

    Quand on vous interroge sur vos musiciens préférés, on pense solistes, auteurs-interprètes ou groupes. On ne songe pas musicien au sens de technicien, et si l’on avait ce filtre, le choix du batteur ne viendrait pas forcément à l’esprit. Voici donc une liste de batteurs que j’affectionne tout particulièrement.  Celle-ci dépasse le cadre bien trop restrictif du top 10, c’est aussi une sélection qui laissera des batteurs mythiques sur le bord de la route. Non que je ne les tienne pas en haute estime, mais je me suis borné à ne retenir que les batteurs qui, pour résumer les choses... 


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  • Damin Eih ALK. & Broth. Clark, peu importe ?

    par Adehoum Arbane le 03.12.2024 Vous vous souvenez sans doute de cet avertissement énoncé distinctement dans toutes les bandes-annonces de films d’horreur : “Si vous voulez vivre, n’entrez pas… Dans cette forêt, dans cette maison, dans cette pièce, dans la cave, dans le grenier…” Il va de même dans le monde des pressages privés – ces albums financés par leurs créateurs –, duquel il faut parfois se tenir à bonne distance sous peine de sombrer dans l’addiction puis la folie. La production officielle est déjà conséquente, alors imaginez qu’elle s’enrichisse de milliers de nouveaux albums conçus sans producteur...
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  • Les Ménestriers, et la lumière fut

    par Adehoum Arbane le 25.11.2024 Souvenons-nous des premières minutes d'Excalibur.. Sur fond noir, dans une typographie typique des années soixante-dix, se détachent ces quelques mots : "The Dark Ages. The Land Was Divided And Without A King. Out Of Those Lost Centuries Rose A Legend... Of A Sorcerer, Merlin, Of The Coming Of A King, Of The Sword Of Power... Excalibur." Que devons-nous retenir de cette introduction énigmatique et pourtant annonciatrice du récit arthurien ? The Dark Ages. Tel est qualifié le Moyen Âge. Les Âges Sombres. Ainsi durera cette image, fossilisée dans les esprits... 
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  • Clichés d’Abbey

    par Adehoum Arbane le 05.11.2024 Abbey Road est le dernier album enregistré des Beatles et c’est aussi un album… photo. À l’image de ceux qui se trouvent dans les maisons familiales et que l’on prend toujours plaisir à ouvrir. Pour quelle raison profonde ? Parce qu’ils constituent la somme de toute une vie. Un résumé existentiel en quelque sorte. Ou, pour user d’un terme musical, un « best of ». Dans ces albums s’étalent page après page nos souvenirs, des moments précis, les portraits de nos proches, leurs sourires, regards, toutes ces preuves de leur identité, de leur caractère, bref autant de pièces d’un puzzle que l'objet lui-même...
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  • Leon Russell, Russ meilleur

    par Adehoum Arbane le 22.10.2024 Comment expliquer que la carrière de Leon Russell fut à ce point singulière et anecdotique. Ce dernier mot est sans doute violent. Et si on le change, alors, modifions le duo de qualificatifs. Massive et à la marge conviendrait mieux. À la marge, sous les radars, comme si le musicien avait dû se cantonner au rôle d’éternel second. De Leon Russell, nous savons peu de choses en définitive, au sens où la grande mémoire de la pop n'aura retenu que quelques bribes informationnelles, des bouts d’histoire donnant une indication sur talent de l’homme. Une discographie riche de vingt-cinq albums...
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  • Maître Kantner

    par Adehoum Arbane le 15.10.2024 L'esprit de la contre-culture n'est-il pas d'aller à contre-courant ? On le sait, 1969 aura été une année de bascule. 1969, l’année Charles Manson. En 1968, la chanson en demi-teinte des Mamas & Papas, Mansions, avait préfiguré le drame. Par suite des meurtres de Cielo Drive, les manoirs se referment, les hippies oublient leur rêve et en reviennent aux racines, le folk, la country, une musique plus simple, moins torturée, comme pour exorciser le cauchemar mansonien. Tous s’y mettent. Avec un certain succès. Les plus signifiants, Crosby, Stills & Nash, suivis par le Dead qui abandonne les longues divagations électriques pour embrasser...
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