C'était mieux avant


  • Pink Floyd, Umma gommé ?

    par Adehoum Arbane le 17.10.2017 Malgré sa pochette emblématique, Ummagumma n’a jamais réellement trouvé dans le cœur des fans, et plus largement du public, la place qu’il a amplement méritée. Pour des raisons connues et authentiquement exactes, le groupe éprouva pendant de longues années des difficultés à se remettre du départ, le mot est bien faible, de son leader – mieux, son créateur – Syd Barrett. D’autant qu’avec Piper at the Gate of Dawn, ce dernier avait inauguré un psychédélisme tout à la fois anglais pourtant très sombre, traversé de visions oniriques, féériques, mais également fortement teinté de science-fiction. 
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  • Love, pop fellinienne

    par Adehoum Arbane le 08.08.2017 Des clavecins moussant en cascade, des espagnolades à la mode californienne, on aurait pu en rester là. Bien que rigoureusement exactes, ces quelques impressions négligent l’essentiel au détriment du particulier. Da Capo au deuxième rang de la discographie de Love en cette année 66 si décisive, s’oriente malgré son nom vers un pays, mieux un homme, pour en ressortir nanti d’un adjectif des plus précis : Da Capo invente donc une pop fellinienne. Certes Orange Skies, signé Bryan Maclean, vise une forme de tropicalisme californianisé. Idem pour Que Vida, ceinturé de points d’exclamation. 
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  • Jefferson Airplane, Surrealistic Frisco

    par Adehoum Arbane le 01.08.2017 Surrealistic Pillow. Un album synecdoque. Fruit d’un groupe qui l’est tout autant. Le Jefferson Airplane, la partie. Et San Francisco, ville-scène dont il est issu, le tout. Le deuxième album de l’Airplane a ceci de remarquable qu’il constitue le miroir de Frisco. Allons plus loin dans la métonymie : les deux apparaissent comme indissociables, l’un ne pouvant s’empêcher de faire songer à l’autre. Peut-être parce que Surrealistic Pillow sortit le 1er février 1967 et que son succès, immédiat, fulgurant, en fit la bande-son parfaite et naturelle du Summer of Love dont nous fêtons cette année les cinquante ans. 
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  • Dion, le monde perdu

    par Adehoum Arbane le 25.07.2017 1965 fut une année charnière, la médiane entre l’ancien et le nouveau monde. Avant 65, c’est la résilience du rock’n’roll, la suprématie du single. Après 65, l’avènement de la pop et de son corolaire, le psychédélisme. Cette année-là donc, Brian Wilson – accessoirement accompagné des Beach Boys – sort Today, marchepied vers Pet Sounds. Les Fab entament leur trilogie pop moderne avec Rubber Soul – en vérité ils avaient publié la même année « Help ! ». Idem pour Dylan qui se chauffe avant Blonde on Blonde, fomentant sa révolution électrique sur Bringing All back Home et Highway 61 Revisited.
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  • In the court of Kobaïa

    par Adehoum Arbane le 11.07.2017 Juste avant la tombée de rideau sur les sixties moribondes, 1969 serait le signe avant-coureur d’un basculement dramatique, d’un renversement de valeurs. L’acmé d’une longue série qui avait vu la pop et le psychédélisme débonnaire s’installer dans le paysage culturel, avec leurs codes, leurs modes et leurs hérauts, d’un côté les pop stars, de l’autre, « la tribu prophétique aux prunelles ardentes » comme l’avait si bien écrit Charles Baudelaire. Tout avait commencé avec le vrai faux dernier album des Beatles, le symphonique Abbey Road qui, sans le savoir, allait annoncer une nouvelle ère d’ambition musicale.
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  • Tom Rapp, à un cheveu de Macron

    par Adehoum Arbane le 20.06.2017 On parle souvent des musiciens de second plan – l’expression ne se veut pas péjorative – en ces termes : untel est le Dylan anglais, un autre le Hendrix du pauvre. Ainsi en va-t-il de Tom Rapp, leader du groupe d’acid-folk Pearls Before Swine, qu’on pourrait qualifier de Macron de la chanson. Fut-il banquier, conseiller, ministre ou président ? À l’évidence non.  L’analogie tient à si peu, à ce chuintement dans la voix de l’artiste qui dénote quelque peu à l’écoute de la musique si délicate qu’il écrivit et joua avec son groupe ou sous son propre patronyme...
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  • Tous les chemins partent de Abbey Road

    par Adehoum Arbane le 06.06.2017 Pygmalion, inspirateur, père spirituel, mentor, maître, la culture classique regorge de mythes, termes et autres images – souvent saisissantes – renvoyant à cette vérité : nous sommes tous redevables envers les figures du passé qui, nous ayant précédé, ont toujours ouvert la voie. Nous pourrions ajouter une expression de plus, qui aujourd’hui s’accorde à merveille avec l’un des grands mythes de la culture populaire, les Beatles. Abbey Road, tout comme Sgt Pepper’s, peut s’enorgueillir d’être devenu un album étalon. Au point de qualifier les choses ainsi : tel album est le « Abbey Road » d’un groupe
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  • Captain Beefheart, travail perso

    par Adehoum Arbane le 30.05.2017 Et si contre vents et marrées Bob Krasnow, l’indélicat producteur de Strictly Personal, le deuxième album de Captain Beefheart and His Magic Band, avait eu raison ? Voilà bien une polémique dont seul le rock a le secret et qui traversa les décennies sans faiblir. Au point d’avoir, hélas et fort injustement, déclassé l’album dans le cœur des fans. Ceux-ci le jugeant de mauvais goût, cédant à travers ce tripatouillage arbitraire et sournois à l’air du temps, à la mode des années 67-68 où tous les groupes, producteurs, labels voulaient absolument sonner psychédélique.
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  • Vanilla Fudge, introduction en règle

    par Adehoum Arbane le 23.05.2017 Une règle de la pop – la bonne – prétend qu’il ne faut pas plus de quelques secondes pour jauger un hit single.  Quelques petites secondes pour se faire embarquer, et ne plus jamais lâcher l’affaire. Roulement de caisse-claire, riff de guitare, ou le bon vieux « one, two, three, for », c’est dans ce laps de temps de l’introduction que la bataille se joue. La survie aussi. Vanilla Fudge est passé maître dans l’art de l’introduction, pas dans sa jubilatoire brièveté, plutôt dans sa capacité à instaurer une ambiance. Poser les bases de sa dramaturgie
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  • Jim Buckley, au bon souvenir de Morrison

    par Adehoum Arbane le 16.05.2017 Théorie du complot. 1971, les Doors livrent sans le savoir leur chant du cygne. Après s’y être époumoné avec grâce et volupté, Morrison part pour la France, terminus Paris au sens le plus littéral puisqu’il y trouvera la mort. La voie est libre, si l’on ose dire. La voix du moins. Tim Buckley y voit un signe qui le conduit à écrire, enregistrer puis sortir Greetings from L.A. l’année suivante. Théorie certes, mais conjecture assez évidente à l’écoute de l’album. Nous n’irons pas plus loin dans le complotisme bêlant qui défigure trop souvent les rayonnages de l’actualité. 
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  • BS&T, les larmes de la délicatesse

    par Adehoum Arbane le 09.05.2017 Le rêve urbain se transforme le plus souvent en cauchemar. La ville devient un cloaque duquel on peine à s’extraire. Souvent l’envie de retrouver des paysages artificiels certes, mais harmonieux, se fait sentir. Voilà pourquoi on rêve au château de Versailles, sa verticalité arborée, son horizontalité de granit. Est-il possible de concevoir un chef-d’œuvre de délicatesse ailleurs qu’en ces lieux ? Faut-il se retirer dans un cottage pour signer le futur chef-d’œuvre de la pop sophistiquée ? Prenez New York par exemple, cet enfer fumant et maugréant.
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  • Les Stooges, « radical sixties »

    par Adehoum Arbane le 02.05.2017 En 1971, le cinéaste Don Siegel jette un pavais dans la marre des Radical Sixties. À l’hédonisme ambiant, au libéralisme échevelé, celui de l’économie et des mœurs –bousculant les valeurs traditionnelles et White Trash –, il oppose Dirty Harry, ce personnage de flingueur froid et brutal, défiant crânement l’ordre établi par sa vision expéditive d’une justice qui sans lui serait vouée à la mollesse. Un an après, Nixon bat à plate couture le candidat démocrate, George McGovern. Il faut remonter à l’année 1970 pour voir les graines de cette ultra-violence pousser. Jusqu’à l’explosion. 
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  • Led Zeppelin, Holy shit ?

    par Adehoum Arbane le 11.04.2017 Révélation. Acte par lequel une force supérieure fait connaître son dessein. Autre stade, supérieur encore, celui de l’illumination : la manifestation d’une vérité qui vous dépasse. On parle également d’éveil spirituel et là, on pense évidemment aux saintes à l’image d’Ermine de Reims. C’est encore la transfiguration qui voit l’homme messianique se couler dans les vêtements probes et étincelants du dieu vivant. Au fond, quel que soit le terme, sa définition ou sa valeur, il existe communément un état de transcendance par lequel on se révèle à soi-même, on se réalise ! 
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  • Family, sous le rock la finesse

    par Adehoum Arbane le 07.03.2017 Une main de velours dans un gant de fer. Vous avez bien lu. S’il est un groupe à qui ce retournement d’expression convient à merveille, c’est bien The Family qui finira d’ailleurs par effacer ce pronom inopportun. Family prend source à Leicester, la ville et non le célèbre quartier londonien. Comme beaucoup de jeunes formations nées dans le giron des Beatles, le groupe sort son premier album en 1968, année zéro de cette génération qui comprend aussi Traffic et surtout Jethro Tull auquel il est de bon ton de comparer Family. 
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  • Grand Funk, America thirst

    par Adehoum Arbane le 28.02.2017 Make America great again. Après l’aventure hippie qui a vu l’Amérique se complaire dans les affres de l’hédonisme naïf dont l’acide fut le vecteur sournois, il était temps de se ressaisir. Grand Funk Railroad, ce groupe moqué, dédaigné, méprisé, tient enfin sa revanche. Il l’affichera ostensiblement l’espace d’un album où le patronyme se montre une fois de plus dans sa version réduite, plus franche, presque braillarde. Grand Funk plane dans un océan d’or, son slogan lui scintille de façon tapageuse : We're An American Band crane alors le trio, devenu au passage quatuor. 
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  • The Hollies, Romany conté

    par Adehoum Arbane le 21.02.2017 Se fier à son instinct. Puis écouter les conseils avisés d’une tierce personne surtout quand ils sont frappés du coin du bon sens. La pochette, étrangement belle, magnétise d’emblée. Sa poésie surannée fait son œuvre. Surtout en ces temps où le présent contrarié, dans l’attente d’un futur toujours plus grand, voudrait estomper, voire effacer le passé. Celui-ci resurgit de notre mémoire cotonneuse, le temps et l’espace d’un disque où la mélancolie n’a rien de honteuse. Au contraire. Quant aux conseils pétris de cette bonne vieille sagesse des anciens...
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  • Bob Dylan, silence royal

    par Adehoum Arbane le 07.02.2017 Plus encore que la prise de son, au demeurant excellente, mieux que l’interprétation juste et impeccable de Dylan, ce qui impressionne le plus dans ce Real Royal Albert Hall 1966 concert, c’est le silence qui règne. Un silence religieux, respectueux. Une communion sans bruit de fond, sans parasitage, un regard que l’on imagine ému – nous ne sommes malheureusement pas dans la salle avec ces londoniens chanceux, alors que le maître essuyait au dehors les pires insultes, « Juda », « traître ». 
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  • Kevin ailleurs

    par Adehoum Arbane le 24.01.2017 Comparaison n’est pas raison prétend le vieil adage. Kevin Ayers serait une sorte de Syd Barrett blond. Même début en fanfare au sein d’une formation qui agita, à l’époque – c’était en 67 – les cercles de l’underground dont l’UFO était alors l’avant-scène. Même contribution éphémère, soit un album. Certes, Barrett s’imposa comme le seul maître à bord du Pink Floyd à qui le groupe, mythe du psychédélisme anglais, doit son nom. Il fut ainsi le principal songwriter et le père de tant de classiques comme Arnold Layne, Astronomy Domine, Lucifer Sam, The Scarecrow… 
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  • Pet Sounds, la messe est dite ?

    par Adehoum Arbane le 25.10.2016 C’est le grand retour de tout. Du psyché, des synthés, de l’Histoire, de la Nation, des religions, du moins du religieux. En tant que fait mais aussi comme aspiration. Alors qu’il va être prochainement rejoué dans son intégralité comme c’est de coutume en ces temps de muséification de la pop, Pet Sounds s’affirme comme une œuvre puissamment religieuse, ô combien spirituelle. Pas seulement pour God Only Knows. Et bien avant SMiLE, sobrement qualifié de Teenage symphony to God.
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  • Anthony Phillips, voix au chapitre

    par Adehoum Arbane le 03.10.2016 Le cas d’Anthony Phillips n’est pas seulement singulier pour avoir été le tout premier guitariste de Genesis – et pour avoir quitté le groupe avant qu’il ne connaisse le succès. Non, Anthony Phillips pose sans le vouloir – sans le savoir ? – l’un des problèmes du rock que certaines formations avaient réglé dès leur fondation : proposer une véritable voix. Qui porte. Qui donne aux chansons le relief suffisant pour entrer dans la carrière et la légende. Certes, Phillips fut guitariste avant de chanter. 
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  • Beau Dommage, Où est passée la pop ?

    par Adehoum Arbane le 20.09.2016 On le dit souvent, il faut choisir son camp. Les quelques exemples de groupes ayant voulu brasser tous les genres dénotent parfois un manque de conviction, du moins une faiblesse. On pense ainsi à Queen qui, à force de trop en faire – hard, pop, vaudeville, glam, prog –, a sans doute perdu nombre de fans en chemin, et l’ensemble de la rock critique avec. En suivant ce précieux adage, on aurait exigé de la scène québécoise qu’elle tranchât entre chanson à texte – la tradition francophone – et le rock d’obédience anglo-saxonne. 
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  • Sonic Youth, in or out ?

    par Adehoum Arbane le 06.09.2016 Sonic Youth, formation clivante. D’aucuns se pâment devant l’intellectualisme bruitiste du groupe, d’autres pointent l’absence de « chansons ». De quoi venir chahuter ce bon vieux vivre-ensemble. D’abord disons-le, tous ont d’une certaine manière raison. Comment cependant parvenir à réconciliation ces deux familles ? Sans se soustraire à l’analyse objective – si l’écoute et la compréhension d’une œuvre musicale peuvent l’être. Afin de ménager les susceptibilités des uns – en gros, les fans – tout en garantissant l’intégrité des autres – les détracteurs – commençons par faire l’école buissonnière du parfait petit rock critic zélé...
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  • Quand David n’était pas encore Bowie

    par Adehoum Arbane le 30.08.2016 En 1967, David Bowie est un parfait ringard. Comme l’atteste son éponyme premier album. Un suiveur ? Même pas. À en juger par sa tête de puceau recto verso, Bowie n’est même pas à la hauteur du sergent poivre, de Syd et tant d’autres. Il aura ainsi loupé toutes les révolutions du Swinging London. Il faut dire que dans le genre Ray Davies de second rang, la promesse n’est guère enthousiasmante.  Pourtant il ne faudrait pas passer par pertes et profits ce premier album – premier essai – moins catastrophique qu’il n’en a l’air. 
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  • Soft Machine, 7ème merveille ?

    par Adehoum Arbane le 23.08.2016 Musique d’ambiance. Sans doute s’agit-il de la pire insulte qui soit. Moins peut-être que musique d’ascenseur. Et pourtant, l’intention était louable. Soit instaurer un contexte plaisant dans le confort feutré d’une salle d’attente, ou bien de détendre quelque cadre stressé avant une réunion de la plus haute importance. Une musique fonctionnelle donc. Il est humiliant et pour le coup injuste de qualifier ainsi Soft Machine, mythique formation de l’école de Canterbury, bien que sa production post-Wyatt, post-Hopper and Dean s’en rapproche immanquablement. 
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  • Miles Davis, l’avenir du rock ?

    par Adehoum Arbane le 16.08.2016 Qui ne s’est jamais interrogé ? Quel artiste, album incarnera l’avenir du rock ? En 2016, la question reste plus que pertinente, primordiale. Imaginez alors en 1969. Le rock s’était déjà mille fois réinventé, des générations – si l’on ose dire – s’étaient déjà succédées depuis les premiers rockers d’abord, puis leurs fabuleux rejetons, Beatles-Stones en tête. La révolution pop était en marche, celle du psychédélisme avait produit ses premiers effets, sidérants, joyeux, incalculables. C’est Lester Bangs qui, de façon quasi prémonitoire, annonça le coup d’après : Miles Davis, à l’avant-garde du nouveau rock. 
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