C'était mieux avant


  • The Hollies, Romany conté

    par Adehoum Arbane le 21.02.2017 Se fier à son instinct. Puis écouter les conseils avisés d’une tierce personne surtout quand ils sont frappés du coin du bon sens. La pochette, étrangement belle, magnétise d’emblée. Sa poésie surannée fait son œuvre. Surtout en ces temps où le présent contrarié, dans l’attente d’un futur toujours plus grand, voudrait estomper, voire effacer le passé. Celui-ci resurgit de notre mémoire cotonneuse, le temps et l’espace d’un disque où la mélancolie n’a rien de honteuse. Au contraire. Quant aux conseils pétris de cette bonne vieille sagesse des anciens...
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  • Bob Dylan, silence royal

    par Adehoum Arbane le 07.02.2017 Plus encore que la prise de son, au demeurant excellente, mieux que l’interprétation juste et impeccable de Dylan, ce qui impressionne le plus dans ce Real Royal Albert Hall 1966 concert, c’est le silence qui règne. Un silence religieux, respectueux. Une communion sans bruit de fond, sans parasitage, un regard que l’on imagine ému – nous ne sommes malheureusement pas dans la salle avec ces londoniens chanceux, alors que le maître essuyait au dehors les pires insultes, « Juda », « traître ». 
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  • Kevin ailleurs

    par Adehoum Arbane le 24.01.2017 Comparaison n’est pas raison prétend le vieil adage. Kevin Ayers serait une sorte de Syd Barrett blond. Même début en fanfare au sein d’une formation qui agita, à l’époque – c’était en 67 – les cercles de l’underground dont l’UFO était alors l’avant-scène. Même contribution éphémère, soit un album. Certes, Barrett s’imposa comme le seul maître à bord du Pink Floyd à qui le groupe, mythe du psychédélisme anglais, doit son nom. Il fut ainsi le principal songwriter et le père de tant de classiques comme Arnold Layne, Astronomy Domine, Lucifer Sam, The Scarecrow… 
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  • Pet Sounds, la messe est dite ?

    par Adehoum Arbane le 25.10.2016 C’est le grand retour de tout. Du psyché, des synthés, de l’Histoire, de la Nation, des religions, du moins du religieux. En tant que fait mais aussi comme aspiration. Alors qu’il va être prochainement rejoué dans son intégralité comme c’est de coutume en ces temps de muséification de la pop, Pet Sounds s’affirme comme une œuvre puissamment religieuse, ô combien spirituelle. Pas seulement pour God Only Knows. Et bien avant SMiLE, sobrement qualifié de Teenage symphony to God.
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  • Anthony Phillips, voix au chapitre

    par Adehoum Arbane le 03.10.2016 Le cas d’Anthony Phillips n’est pas seulement singulier pour avoir été le tout premier guitariste de Genesis – et pour avoir quitté le groupe avant qu’il ne connaisse le succès. Non, Anthony Phillips pose sans le vouloir – sans le savoir ? – l’un des problèmes du rock que certaines formations avaient réglé dès leur fondation : proposer une véritable voix. Qui porte. Qui donne aux chansons le relief suffisant pour entrer dans la carrière et la légende. Certes, Phillips fut guitariste avant de chanter. 
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  • Beau Dommage, Où est passée la pop ?

    par Adehoum Arbane le 20.09.2016 On le dit souvent, il faut choisir son camp. Les quelques exemples de groupes ayant voulu brasser tous les genres dénotent parfois un manque de conviction, du moins une faiblesse. On pense ainsi à Queen qui, à force de trop en faire – hard, pop, vaudeville, glam, prog –, a sans doute perdu nombre de fans en chemin, et l’ensemble de la rock critique avec. En suivant ce précieux adage, on aurait exigé de la scène québécoise qu’elle tranchât entre chanson à texte – la tradition francophone – et le rock d’obédience anglo-saxonne. 
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  • Sonic Youth, in or out ?

    par Adehoum Arbane le 06.09.2016 Sonic Youth, formation clivante. D’aucuns se pâment devant l’intellectualisme bruitiste du groupe, d’autres pointent l’absence de « chansons ». De quoi venir chahuter ce bon vieux vivre-ensemble. D’abord disons-le, tous ont d’une certaine manière raison. Comment cependant parvenir à réconciliation ces deux familles ? Sans se soustraire à l’analyse objective – si l’écoute et la compréhension d’une œuvre musicale peuvent l’être. Afin de ménager les susceptibilités des uns – en gros, les fans – tout en garantissant l’intégrité des autres – les détracteurs – commençons par faire l’école buissonnière du parfait petit rock critic zélé...
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  • Quand David n’était pas encore Bowie

    par Adehoum Arbane le 30.08.2016 En 1967, David Bowie est un parfait ringard. Comme l’atteste son éponyme premier album. Un suiveur ? Même pas. À en juger par sa tête de puceau recto verso, Bowie n’est même pas à la hauteur du sergent poivre, de Syd et tant d’autres. Il aura ainsi loupé toutes les révolutions du Swinging London. Il faut dire que dans le genre Ray Davies de second rang, la promesse n’est guère enthousiasmante.  Pourtant il ne faudrait pas passer par pertes et profits ce premier album – premier essai – moins catastrophique qu’il n’en a l’air. 
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  • Soft Machine, 7ème merveille ?

    par Adehoum Arbane le 23.08.2016 Musique d’ambiance. Sans doute s’agit-il de la pire insulte qui soit. Moins peut-être que musique d’ascenseur. Et pourtant, l’intention était louable. Soit instaurer un contexte plaisant dans le confort feutré d’une salle d’attente, ou bien de détendre quelque cadre stressé avant une réunion de la plus haute importance. Une musique fonctionnelle donc. Il est humiliant et pour le coup injuste de qualifier ainsi Soft Machine, mythique formation de l’école de Canterbury, bien que sa production post-Wyatt, post-Hopper and Dean s’en rapproche immanquablement. 
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  • Miles Davis, l’avenir du rock ?

    par Adehoum Arbane le 16.08.2016 Qui ne s’est jamais interrogé ? Quel artiste, album incarnera l’avenir du rock ? En 2016, la question reste plus que pertinente, primordiale. Imaginez alors en 1969. Le rock s’était déjà mille fois réinventé, des générations – si l’on ose dire – s’étaient déjà succédé depuis les premiers rockers d’abord, puis leurs fabuleux rejetons, Beatles-Stones en tête. La révolution pop était en marche, celle du psychédélisme avait produit ses premiers effets, sidérants, joyeux, incalculables. C’est Lester Bangs qui, de façon quasi prémonitoire, annonça le coup d’après : Miles Davis, à l’avant-garde du nouveau rock. 
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  • Le rêve communautaire de David Crosby

    par Adehoum Arbane le 09.08.2016 Le communautarisme, voilà un mot qui ébranle nos consciences. Que l’idée paraissait douce lorsque l’adjectif communautaire était précédé du mot « rêve ». D’autant qu’il n’était chargé d’aucune connotation politico-religieuse. Aux prémices de l’ère hippie, le rêve communautaire est plutôt une aspiration à vivre une existence simple, à partager sans jamais rien posséder. C’est aussi le mirage d’une sexualité à plusieurs, là fut l’illusion de trop. Au-delà des clichés, cette idée prit souvent des formes mouvantes. 
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  • Klement, la forme et le Fon

    par Adehoum Arbane le 12.07.2016 À en juger par les kilomètres qui s’éparent les Pays-Bas – malgré tout si hauts – et la Californie du sud, voire – sous les tropiques – le Brésil, on pourrait presque parler de pop des antipodes. En effet, c’est dans ces contrées, reculées mais moins froides qu’il n’y paraît, chez nos amis néerlandais, que Fon Klement, singer-songwriter du cru, livre un premier album d’un goût exquis. Publié en 1973, I Feel Lonely In My Town n’est pas en soi une révolution mais bien une continuité. 
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  • Pensée de la Police

    par Adehoum Arbane le 10.05.2016 Et si les années 80 étaient moins insipides qu’il n’y paraît ? Deux groupes et peut-être deux chansons démontrent, s’il en était, la résilience d’une musique qui serait cependant rudoyée, torturée pour finir rabougrie à force de céder aux canons des radios et, ô nouveauté, de la télévision, surtout MTV et son média roi, le vidéo clip. Le premier des groupes sonne familier à l’oreille, pas tant pour sa référence autoritaire mais pour la qualité et l’originalité de son répertoire, je veux parler de The Police. 
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  • Libéralisme et progressif

    par Adehoum Arbane le 18.04.2016 Jamais une doctrine économique – habituellement décriée – n’aura autant collé à un genre musical. Loin de l’appréciation sommaire – (rock plus argent) multiplié par cynisme égale capitalisme – à laquelle on aurait trop facilement la tentation de céder, il s’agit bien de montrer en quoi le rock progressif s’avère un style profondément pénétré, habité par le théorie libérale. Celle-ci ne doit pas au passage être vue comme un dogme, mais bien comme un prisme.  Si nous devions la définir brièvement nous dirions qu’au-delà de l’adéquation naturelle entre offre et demande...
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  • Alice Cooper, hell et lui

    par Adehoum Arbane le 12.04.2016 Les apparences sont trompeuses et, par prudence, il ne faut jamais s’y fier. Pour le commun des mortels adepte du métal le plus sommaire, Alice Cooper c’est l’homme à la peau parcheminée, regard fardé-zébré et commissures d’où s’écoule un sang noir, un corps de pantin tout en perfecto clouté et pantalon de cuir, parfois accompagné d’un python, voire plus inquiétant d’une hache. Âme damnée souvent annonciatrice d’un tonnerre de décibels. Pour quelques-uns, les 30% les plus érudits, Alice alias Vincent Furnier est surtout cette ancienne gloire des sixties-seventies
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  • Premiata Forneria Marconi, classique latin

    par Adehoum Arbane le 28.03.2016 D’une certaine manière, la musique classique était la pop des temps anciens. Les compositeurs incarnaient l’avant-garde et jouissaient en même temps d’une grande renommée. Ils voyageaient de pays en royaumes pour jouer leurs œuvres devant les grandes cours d’Europe. Ils s’appelaient Bach, Mozart, Wagner, Chopin, Berlioz, Ravel, Purcell, Vivaldi, Rossini, Puccini. À cette époque donc, quatre nations dominaient : l’Allemagne et la France, dans une moindre mesure l’Angleterre et bien sûr l’Italie. L’Italie, pays dont la puissance patrimoniale fit écho jusque dans la musique mais en cultivant certains particularismes, un romantisme échevelé
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  • Cressida, folle élégance

    par Adehoum Arbane le 21.03.2016 Et si derrière les stéréotypes culturels, jaillissait – haut et fier – le soleil de la vérité ? Ainsi l’élégance reste la marque indélébile des britanniques. Preuve en est le deuxième album de Cressida – Asylum –, paru en 1971 sur le mythique label Vertigo. Car derrière cette pochette Syd Barrettienne se cache un disque exquis, mêlant avec une grâce infinie – savamment dosée – jazz, pop et envolées progressives mesurées. Disons-le d’abord pour en être débarrassé – la comparaison n’est pas honteuse, voire plutôt flatteuse –, Cressida pourrait largement s’inscrire dans la scène de Canterbury, lui manque peut-être cet orgue fuzz pour y prétendre. 
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  • King Crimson, Red dingue

    par Adehoum Arbane le 07.03.2016 On dit souvent – ce n’est pas faux – que Low posa les bases de la new wave ; de la froideur et de la mélancolie dans la pop. Pourtant trois ans avant, un groupe devant livrer son chant du cygne jeta avec impudeur l’une de ses œuvres les plus crues, et en même temps la plus aboutie. Fondatrice. Ce groupe, c’est King Crimson. Cet album, c’est Red. Disque au nom trompeur – quoique – car tout ici suinte la noirceur d’une âme torturée, que son physique de professeur de mathématique ne laissait pas présager ; nous parlons du guitariste Robert Fripp.
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  • Rock’n’roll suicide

    par Adehoum Arbane le 29.02.2016 Comme pour la vie, la mort est intimement liée à l’histoire du rock. Ce fut d’abord les morts subites, précoces, forcément injustes. Buddy Holly, Otis Redding. Puis le fameux club des 27 inauguré par Brian Jones, suivi du trio infernal Hendrix, Joplin, Morrison. Mais là, les choses sont différentes. Ce nouveau cycle funèbre a commencé le 4 décembre 1993 avec le décès de Zappa, pour se poursuivre le 9 aout 95 avec celui de Jerry Garcia. Mais cela n’était qu’un prologue. Les années 2000 marquent la confrontation entre deux visions de la mort, deux slogans. 
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  • Argus, grosse cotte

    par Adehoum Arbane le 22.02.2016 La six cordes, une affaire d’hommes. De préférence virils, triturant les riffs comme on soulève les montagnes. En cette fin de seventies, alors que certains explorent le versant caché de leur féminité, la majorité s’adonne à un rock dur, tout à la fois heavy, mental, metal, hurlant. Sauf peut-être Wishbone Ash. Qu’ils soient anglais ne tient aucunement au hasard, tant leur musique se veut de la dentelle, assemblée pourtant à la pointe du médiator. Wishbone Ash n’appartient pas à la première division des groupes et artistes essentiels, cette poignée qui à elle seule a révolutionné le rock. 
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  • Jim, Croce du droit

    par Adehoum Arbane le 08.02.2016 Dilemme absurde comme il en existe tant, les quelques disques qu’on aurait le droit d’emporter – on se demande bien qui décida de cette règle – sur une île déserte. Ou pire, ceux qui finiront à coup sûr dans les classements du type, les 50 meilleurs albums de tous les temps, ever. Ces œuvres ont en commun d’appartenir à la première division du rock, soit les incontournables, et que l’on ne fera pas l’offense de citer. Certes, il existe loin derrière les œuvres mineures, voire dispensables et au milieu, coule la rivière de ces petits chef-d’œuvre oubliés...
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  • Martin Circus, les marrants de l’an II

    par Adehoum Arbane le 01.02.2016 En 1971, lorsque Martin Circus publie son deuxième effort – et quel effort ! –, baptisé sobrement Acte II, le groupe progresse sans changer de cap. C’est là sa grande force. Loin des Ange, Mona Lisa, Atoll qui s’évertuent à jouer les copistes d’un prog, anglais à l’écrasante majorité, Martin Circus approfondit la musique initiée sur En direct du Rock’n’roll Circus. Soit un rock efficace mais sans cesse imaginatif. Surtout, jamais il ne cède aux sirènes de la mode, des codes soufflés en catimini par les grandes formations comme Genesis ou Yes. 
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  • Martin Circus, acte fondateur

    par Adehoum Arbane le 18.01.2016 On réduit un peu trop vite Martin Circus au rock à nez rouge. Une réalité bien française en général – certes – mais qui cependant se limite à la période mainstream du groupe dont le point d’orgue demeure l’épouvantable pastiche de Barbara Ann, Marylène. À leurs débuts les Martin n’étaient pas des – Les – Charlots. Pas encore. Ils représentaient même l’un des premiers et plus beaux fleurons du rock hexagonal, tenté par l’aventure underground et dont les références – Soft Machine et surtout Zappa – définiraient les contours d’un style en vérité audacieux. 
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  • Allen Toussaint, l’ouverture

    par Adehoum Arbane le 11.01.2016 Malgré les courants qui structurèrent les sixties – d’une nation à l’autre –, jamais celles-ci ne furent dominées par l’esprit de chapelle. Ainsi pouvait-on, à l’époque, passer sans difficulté de Led Zeppelin à Marvin Gaye. Un singer-songwriter incarna de façon exemplaire cette tendance à la transversalité : Allen Toussaint. Un disque résume à merveille cette philosophie : Southern Nights. Considéré depuis comme sa meilleure contribution, il ne faudrait cependant pas s’arrêter au seul critère du jugement, fut-il communément partagé, mais plutôt explorer l’œuvre en question afin d’en saisir l’importance. 
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  • Help Yourself, yankee es-tu ?

    par Adehoum Arbane le 14.12.2015 Il y a dans l’histoire du rock un épiphénomène – peu relevé par définition – appelé l’identification qui appartient en vérité au registre le la psychanalyse. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un groupe essayant de sonner comme s’il était originaire d’un autre pays. Un exemple typique et pour le coup connu de tous, America. Ces clones sympathiques de CSN&Y ont toujours été fascinés par la pop anglaise, tant et si bien qu’ils choisirent George Martin comme producteur unique – accompagné du fidèle Geoff Emerick – à partir de Holiday, leur quatrième album paru en 1974. 
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