Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • Pink Floyd au pied du mur ?

    par Adehoum Arbane le 30.03.2015 Lorsque dans les toutes dernières minutes de The Wall – le film délirant signé Alan Parker – le fameux mur éclate, ce n’est pas tant la psyché torturée de Pink, double allégorique de Roger Waters, qui s’effondre. Non. C’est un autre rempart qui s’écroule alors dans les gravas de mots et la fureur des guitares. Le véritable mur dont parle l’album – sans que chacun ne le sache ou n’ait tenté de le savoir – est bien celui qui sépara naguère les seventies symphoniques de la pop eighties. 
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  • Aline, l’avis électrique

    par Adehoum Arbane le 23.03.2015 Ça y est. J’entre dans ma quarantième année. Non pas qu’une forme de frayeur me saisisse. Nullement. Il reste tant à accomplir qu’une espérance de vie raisonnée rend désormais possible. La vie est encore là, rougeoyante, circulant dans les veines, battant les tempes. La vie électrique. La formule claque, parle. C’est précisément celle qu’a retenue Aline pour annoncer son futur deuxième album. La vie électrique, comme un manifeste stylisé, éclate en ce moment dans les ondes. 
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  • Rundgren, le magicien ose

    par Adehoum Arbane le 16.03.2015 Dans les dictionnaires du rock et autres Lagarde & Michard Pop, Todd Rundgren est habituellement présenté comme un sorcier du son. Et c’est bien le sentiment qui envahit l’auditeur à mesure que défilent les minutes de A Wizard, A True Star, paru en 73. Pour résumer l’affaire – et s’agissant de Rundgren le mot "résumé" est à lui seule une gageure –, A Wizard est une verrue de taffetas. Un véritable ovni et pas seulement pour ses thèmes psyché-spatiaux. 
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  • Soft Machine, pas si soft que cela

    par Adehoum Arbane le 09.03.2015 Mieux que Dylan, Randy Newman et Patti Smith réunis. Soft Machine est la seule formation à avoir intellectualisé le rock. Pas seulement par le biais du jazz qui a progressivement contaminé une musique de prime à bord, disons, excentrique plus que psychédélique même si les contours du genre ont défini les premiers âges du groupe. Ainsi, la fantaisie a cédé la place à ce que l’on appellera la mystique du sens. De même que l’on donne du sens à sa propre vie, Soft Machine a donné du sens à sa musique. 
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  • Pink Floyd, le blues des businessmen

    par Adehoum Arbane le 03.03.2015 Exit Robert Johnson, John Lee Hooker, Alexis Korner ou John Mayall. Et si le plus grand album de blues de tous les temps n’était autre que Wish You Were Here de Pink Floyd ? Pour beaucoup, le blues est l’affaire des puristes. Du plus haut de leur mépris – comme d’une pyramide napoléonienne –, ces derniers renvoient la pop à la vulgate. Sans le vouloir Pink Floyd aura réconcilié les deux camps. Avec en guise de trait d’union tout le savant attelage des musiques cosmiques qui ont fait sa légende. 
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  • Magma, danse sur le fil

    par Adehoum Arbane le 23.02.2015 Le poète Pierre Reverdy affirmait : « le cœur n’est jamais si bien en équilibre que sur un tranchant d’acier. » Ces mots, cette quête ardente autant que permanente – l’équilibre donc – semblent correspondre en tout point à la musique de Magma. Au premier abord, un équilibre entre un passé – livré et assumé – et un présent en construction. Équilibre aussi entre les forces en présence qui structurent le répertoire du mythique groupe de Christian Vander. Ici, Slag Tanz. Morceau qui existait déjà dans les premiers âges magmaïens sous une forme inachevée...
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  • Deep Purple, huit nuances de gris

    par Adehoum Arbane le 16.02.2015 Pour les snobs du rock, la carrière de Deep Purple aurait très précisément démarré avec le fameux In Rock, brûlot de virilité glabre et braillarde, surtout célèbre pour son gros pompage de Child In Time – et au passage upgradé –, chanson dont la paternité revient en fait à It’s A Beautiful Day. C’était oublié qu’avant la période dite "Mark II", le violet profond eut un intéressant passage à vide psyché hard, cependant nécessaire, et qui permit d’esquisser un son en même temps qu’il éprouvait plusieurs combinaisons de musiciens. 
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  • Moodoïd, la gaieté scénique

    par Adehoum Arbane le 09.02.2015 D’ordinaire, la Gaîté Lyrique porte mal son nom. Motif de la bouderie, son indécent déballage de jeunes branchés aux mines marmoréennes et aux blue-jeans années 80 remontés jusqu’aux épaules. Malgré la beauté de son architecture ancienne figée dans un écrin moderne, tout en néon traversant, la joie de vivre n’y explose pas à chaque mètre carré. Tel ne fut pas le cas ce soir – bleui par le froid – du 28 janvier 2015. Et pour cause puisque Moodoïd y donnait un concert dont l’attente était aussi forte que les visages, eux, étaient patibulaires.
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  • Heep, Heep, Heep Uriah

    par Adehoum Arbane le 02.02.2015 Pour le commun des mortels, le hard rock – heavy metal pour les très très intimes – serait uniquement le fait de zicos bas du front, faux virtuoses au maniérisme trompeur et à la brutalité avérée. Et si ces gens-là, pour paraphraser Brel, se trompaient lourdement ? Et si le Hard était en définitive fin, léger ; soit foutrement intelligent ? Fin des années soixante, le psychédélisme freak agonise. Il sera bientôt troqué en Amérique pour un country rock hippie de fort bel aloie. 
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  • Gilmour se met à Nude

    par Adehoum Arbane le 26.01.2015 Quand il ne fut pas la créature insaisissable de Syd Barrett, Pink Floyd fut la chose de Roger Waters. Au point de ravaler Gilmour, Wright et Mason au rang de musiciens de studio sur leur génial effort pré-eighties, The Wall. Et si Richard Wright fut le vrai musicien du groupe – c’est lui qui accordait chacun des instruments avant de monter sur scène –, alors que Mason allait jouer les producteurs avec Wyatt tout en collectionnant au passage les voitures de sport, c’est David Gilmour qui incarna...
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  • Nilsson, we can’t live without you

    par Adehoum Arbane le 19.01.2015 Harry Nilsson est un peu le Alain Juppé de la pop. « Le meilleur d’entre nous » auraient  clamé les Beatles, John Lennon en chœur. Pourquoi un tel orfèvre n’a jamais eu – hormis quelques singles bien placés – la reconnaissance que son œuvre – certes contrastée – a pourtant amplement méritée ? Dès l’année 66, il se tenait prêt. Déjà. Attendant que le public l’adoube. Six printemps, six étés le sépareront de la standing-ovation populaire. Avant d’être dévoyée dans un boursoufflement émotionnel indigeste par une Maria un peu trop carrée, Without You fut d’abord une tendre balade.
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  • Magma, dans le feu de la discussion

    par Adehoum Arbane le 12.01.2015 Vendredi 21 novembre. 18 heures. La nuit s’est depuis longtemps installée, bien confortablement. D’un pas décidé bien que relativement stressé par la tâche qui m’attend, je me dirige vers le Triton, petite salle indépendante en plein cœur des Lilas qui reçoit depuis maintenant quatorze ans le meilleur de la scène jazz et des musiques actuelles, dites aussi progressives. Dans la discrète rue du coq français qui abrite le club un homme marche devant moi, tête enfoncée, un sac de provisions dans la main. 
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  • 2014, Top Less ?

    par Adehoum Arbane le 05.01.2015 Je vous arrête tout de suite ! Inutile de remettre en cause la légitimité même du top pas plus qu’il n’est loisible de s’interroger, à l’occasion d’un tourbillonnant brainstorming au cœur d’une rédaction imaginaire, sur les 10, 20, 30, 50, 100 meilleurs albums de l’année. Au fond, ce qui rend l’exercice pertinent, c’est bien sa matière même. L’album. Et surtout ce je-ne-sais-quoi qui le différencie des autres – de la masse, en fait – au point de l’autoriser à rejoindre un classement, fut-il provisoire. 
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  • Joel Jerome, presque un nom

    par Adehoum Arbane le 23.12.2014

    Quand il n’est pas le déversoir de la médiocrité humaine, l’Internet peut parfois réserver d’heureuses surprises. Oubliez vos lol cats falots et autres statuts de Narcisses contemporains. Il ne s’agit pas plus de disserter en boucle sur des gifs animés. Joel Jerome est le sujet qu’il faut aborder, explorer, pousser sans à priori ni fantasme. Pas vraiment EP, pas encore LP, Babies On Acid, le premier effort du monsieur livré il y a quelques mois, possédait déjà la vertu – somme toute réjouissante – d’éveiller la curiosité. 


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  • Sans les Coral, le bateau cool

    par Adehoum Arbane le 15.12.2014 C’est par le hipster que tout commença. L’obsession du cool. Appliquée à la musique et, plus particulièrement à la pop, elle vire souvent au grotesque. S’inscrire dans son temps reste, et nous ne le dirons jamais assez, une intention louable. Un crédo infiniment respectable. Mais il ne faut pas confondre être « de son temps » et « dans l’air du temps ». Démarche viciée qui passe systématiquement par l’emploi de machineries synthétiques en boucles obsédantes, de boîtes à rythme à l’encéphalogramme plat. Seule reste la posture, forcément vaine. 
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  • Foxygen, album#3 vicieux ou vicié ?

    par Adehoum Arbane le 08.12.2014 Si l’on en croit la Bible, le suicide relève du péché absolu. Pour les japonais, il s’inscrit dans une tradition mêlant honneur et courage. Quand un samouraï est battu à la guerre, il se fait seppuku. Quelles que soient les valeurs – militaires ou spirituelles – auxquelles l’individu se réfère, celles-ci ne dépassent jamais le périmètre de leurs attributions. Ainsi, il n’existe pas à proprement parler de concept équivalent à l’aune de la pop music. Le suicide, commercial par définition, se veut la résultante d’une mécanique complexe et huilée...
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  • Humble Avi

    par Adehoum Arbane le 01.12.2014 Une large ceinture de bitume, parcourue par un flot continu de voitures lancées à pleine vitesse, sépare de façon physique Paris des Lilas. Pas besoin de m’aventurer plus loin en terre inconnue, mon périple pédestre s’arrête tout net dans le confort standardisé d’un hôtel pour cadres en voyage d’affaires longeant le périphérique. D’ordinaire, je rencontre les artistes chez eux – enfin à leur label – ou parfois même, quand la confiance s’est installée, dans le calme vacarme d’un rade de quartier où quelques piliers refont le monde sur le tremplin légèrement humidifié du zinc duquel s’envolent les verres. 
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  • Thèse, antithèse, teaser selon Alister

    par Adehoum Arbane le 24.11.2014 Alister est connu pour être prolifique. Plusieurs cordes à son arc, comme dit l’expression. En parallèle de ses activités journalistiques passées à inventorier méthodiquement les héros de la pop culture française – lui y'en a vouloir Jean Yanne, Desproges, Prévost et tant d’autres dans sa revue Schnock –, l’homme de lettres donc, de sa plus belle plume envoie une missive du genre mélodique, offrant un après à ces deux avant-propos que furent les brillants Aucun mal ne vous sera fait et Double détente, parus respectivement en 2008 et 2011. 
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  • Morby in less time

    par Adehoum Arbane le 17.11.2014 La jolie leçon offerte par Still Life et son créateur, Kevin Morby,  tient en un mot : labeur. Non content d’avoir sorti en 2013 un premier album solo prometteur, imparfait certes mais exécuté avec sincérité, le singer-songwriter de Kansas City, installé maintenant à Brooklyn, récidive un an plus tard. Un an seulement. À contre courant de tous ses contemporains, englués dans les méandres décisionnels de l’industrie du disque quand ils ne sont pas tout simplement frappés par le virus de la procrastination. 
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  • Ariel Pink et la grande lessiveuse pop

    par Adehoum Arbane le 11.11.2014 Ariel Pink ou ce grand mashup conviant tour à tour dans sa parade rose le fantôme de Zappa et l’esprit des Mothers, Todd Rundgren, Henry The Horse, John Carpenter, Cure, Walt Avery et Tex Disney, Klaus Nomi, Bowie, Alice ‘Bob Ezrin’ Cooper, Gargamel, David Peel, Les Drifters, Monkees, Ohio Express et au passage toute la team Jeffrey Katz-Jerry Kassenetz… On est obligé de s’arrêter en chemin. La liste serait infinie. À dire vrai, il n’y a rien d’étonnant à cela.
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  • The Einstein Tremolos, à faire pleurer Albert

    par Adehoum Arbane le 03.11.2014 Nager à contre-courant ! Tout athlète sait à quel risque il s’expose : fatiguer, perdre pied puis sombrer. Quand la dernière marrée pousse sur la plage à peine foulée de la pop hexagonale une nouvelle génération d’artistes chantant en français, The Einstein Tremolos résiste au mouvement. Et sans jamais céder aux sirènes de la commodité. Jusqu’au-boutistes, ces musiciens livrent un premier chapitre hors des conventions du genre, court en apparence – seulement huit titres – mais dense dans son approche musicale. 
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  • Moodoïd, sauvé par le Gong

    par Adehoum Arbane le 27.10.2014 Précédé d’une réputation aussi flatteuse que méritée, Moodoïd – soit Pablo Padovani et ses quatre girls – livre enfin son premier opus. Et crée l’exploit. Dans un monde, celui du rock contemporain, dominé par les formats courts et les guitares ascétiques, Moodoïd ressuscite l’esprit gonflé à l’hélium du Gong des premiers âges. Et vous envoie direct dans l’espace tout en revoyant au Fish Rising de Steve Hillage. Le Monde Möö, c’est le nom de l’album, flashe donc autant vers les guitares bavardes que les claviers stellaires des années 72-76...
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  • Weezer a true star

    par Adehoum Arbane le 20.10.2014 Weezer produit la musique idéale à l’adresse des quadras qui, refusant de vieillir, retrouvent alors les frissons anciens de leurs vingt ans révolus. Ce syndrome bien connu de la crise de la quarantaine, Rivers Cuomo a dû lui même le vivre pour revenir ainsi attifé, en disque, avec ses refrains vengeurs et ses riffs criards. Back To The Shack le résume fort bien. Nonobstant cette attitude fuyante du regard en arrière, le leader toujours en verve de Weezer ressuscite à travers cette neuvième livraison le sacro-saint crédo du rock...
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  • Van Morrison, astral oui

    par Adehoum Arbane le 13.10.2014 Le débat ne peut pas se résumer à « Astral Weeks est-il le meilleur album de Van Morrison ? » Difficile de passer par pertes et profits des trésors comme Moondance – album d’une qualité constante –, Tupelo Honey, Saint Dominic’s Preview ou Veedon Fleece. Ces quelques exemples glanés dans les premiers âges d’une discographie féconde montre à quel point Van The Man ne fut pas homme à céder à la facilité même si une telle longévité peut laisser dans une carrière aussi respectable soit-elle quelques trous d’air artistiques. 
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  • Randy Newman, homme neuf

    par Adehoum Arbane le 07.10.2014 Se méfier des outsiders. Ils finissent toujours avec le temps, à force d’efforts et d’abnégation, par dépasser leurs brillants rivaux. Pendant que Mick Jagger tortille du cul dans les stades, que Dylan joue les penseurs de Rodin version songwriter, que Bowie n’est plus que l’ombre botoxée de lui-même, Randy Newman poursuit son grand petit bonhomme de chemin. Depuis maintenant quarante six ans. Sans se soucier des autres, sans courir après le star-system, en restant fidèle à ses fans. 
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