Shebam de Alice Cooper à Zappa


  • The War On Drugs, trip rock

    par Adehoum Arbane le 26.09.2017 Décomplexé. La seule évocation de ce mot fait frémir. Et pourtant, The War On Drugs est bien l’un des rares groupes à assumer un rock décomplexé. De son temps, mais sans pour autant se laisser pervertir par les sirènes de l’esthétique. Est-ce à dire que son quatrième album, A Deeper Understanding, ne l’est pas, nous répondrons par un non franc et massif en guise de cri du cœur. De prime à bord dense, bloc de son immédiat, ce très beau disque s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. Surtout, jamais il ne cède aux tentations synthétiques bien qu’ajoutant à sa palette instrumentale claviers en tous genres. 
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  • Roger Waters, un homme en colère

    par Adehoum Arbane le 19.09.2017 On prétend souvent que le rock est mort, à raison. Trop d’argent, trop de cynisme, mais aussi et sans doute – ce qui était à craindre – une vie bien trop longue pour prétendre surprendre à nouveau. En 76, les punks sauvèrent les meubles. Dans les années 80, alors que le hip hop juvénile et crâneur débarquait, une certaine synthpop proposa – enfin – un discours neuf. Puis vinrent le grunge – Nirvana – et l’électro, qui était déjà pour cette dernière une autre histoire dans le sillon de la pop culture. Mais que reste-t-il de tout cela en 2017 ? Le rock c’était la colère, la sauvagerie, un désir d’abandon...
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  • Ariel Pink, white mishmash

    par Adehoum Arbane le 12.09.2017 Ariel Pink est le Frank Zappa des temps nouveaux. Un Brian Wilson synthétique. Un Kim Fowley produit par Quincy Jones. Ariel Pink est un derviche tourneur qui s’arrête tantôt sur l’un de ces modèles pour mieux l’explorer, le transcender. Aux yeux de ses détracteurs, c’est son fonds de commerce. Et sa corne d’abondance pour ses fans les plus ultras. Zappa, période Mothers of Invention, pour cet art si américain – voire californien – du crossover, du mishmash comme on dit en anglais. À l’image du célèbre moustachu qui mélange avec bonheur doo-wop, jazz et pop, Pink s’avère un véritable shaker à influences. 
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  • L’aventure Arcade Fire

    par Adehoum Arbane le 05.09.2017 Peu de groupes peuvent s’enorgueillir de voir leur discographie qualifiée d’aventure. L’aventure Pink Floyd, certes. Évidemment. Arcade Fire appartient depuis 2004 à cette catégorie restreinte. Pour avoir repoussé, disque après disque, les frontières étroites de sa propre histoire. Tout maintenant. Voilà bien un titre qui résonne comme une prophétie, mieux comme un second testament, un évangile. Le début de quelque chose d’autre. Cependant il semblerait que le liant n’ait pas réellement pris, le groupe n’ayant pas totalement réalisé sa mue mainstream telle que le promettait son précédent Long Player, Reflektor. 
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  • Love, pop fellinienne

    par Adehoum Arbane le 08.08.2017 Des clavecins moussant en cascade, des espagnolades à la mode californienne, on aurait pu en rester là. Bien que rigoureusement exactes, ces quelques impressions négligent l’essentiel au détriment du particulier. Da Capo au deuxième rang de la discographie de Love en cette année 66 si décisive, s’oriente malgré son nom vers un pays, mieux un homme, pour en ressortir nanti d’un adjectif des plus précis : Da Capo invente donc une pop fellinienne. Certes Orange Skies, signé Bryan Maclean, vise une forme de tropicalisme californianisé. Idem pour Que Vida, ceinturé de points d’exclamation. 
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  • Jefferson Airplane, Surrealistic Frisco

    par Adehoum Arbane le 01.08.2017 Surrealistic Pillow. Un album synecdoque. Fruit d’un groupe qui l’est tout autant. Le Jefferson Airplane, la partie. Et San Francisco, ville-scène dont il est issu, le tout. Le deuxième album de l’Airplane a ceci de remarquable qu’il constitue le miroir de Frisco. Allons plus loin dans la métonymie : les deux apparaissent comme indissociables, l’un ne pouvant s’empêcher de faire songer à l’autre. Peut-être parce que Surrealistic Pillow sortit le 1er février 1967 et que son succès, immédiat, fulgurant, en fit la bande-son parfaite et naturelle du Summer of Love dont nous fêtons cette année les cinquante ans. 
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  • Dion, le monde perdu

    par Adehoum Arbane le 25.07.2017 1965 fut une année charnière, la médiane entre l’ancien et le nouveau monde. Avant 65, c’est la résilience du rock’n’roll, la suprématie du single. Après 65, l’avènement de la pop et de son corolaire, le psychédélisme. Cette année-là donc, Brian Wilson – accessoirement accompagné des Beach Boys – sort Today, marchepied vers Pet Sounds. Les Fab entament leur trilogie pop moderne avec Rubber Soul – en vérité ils avaient publié la même année « Help ! ». Idem pour Dylan qui se chauffe avant Blonde on Blonde, fomentant sa révolution électrique sur Bringing All back Home et Highway 61 Revisited.
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  • Miranda Lee Richards, variété us

    par Adehoum Arbane le 18.07.2017 Récemment sur une plateforme de téléchargement, le nouvel album de Miranda Lee Richards était présenté sous l’étiquette Dream Pop. Maladie des temps modernes qui consiste à mal nommer les choses, et donc à ajouter au malheur du monde. Car Existential Beast – cinquième album et œuvre éminemment charnelle – a si peu à voir avec les galettes abrasives auquel il est abusivement comparé. Seul peut-être On The Outside Of Heaven, avec ses synthés vaporeux, pourrait éventuellement prétendre au titre, mais il n’en est rien de la première à la dernière seconde. 
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  • In the court of Kobaïa

    par Adehoum Arbane le 11.07.2017 Juste avant la tombée de rideau sur les sixties moribondes, 1969 serait le signe avant-coureur d’un basculement dramatique, d’un renversement de valeurs. L’acmé d’une longue série qui avait vu la pop et le psychédélisme débonnaire s’installer dans le paysage culturel, avec leurs codes, leurs modes et leurs hérauts, d’un côté les pop stars, de l’autre, « la tribu prophétique aux prunelles ardentes » comme l’avait si bien écrit Charles Baudelaire. Tout avait commencé avec le vrai faux dernier album des Beatles, le symphonique Abbey Road qui, sans le savoir, allait annoncer une nouvelle ère d’ambition musicale.
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  • Flotation Toy Warning, flottement de 13 ans

    par Adehoum Arbane le 04.07.2017 Ne dit-on pas « se faire attendre, c’est se faire désirer » ? Dans le cas de Flotation Toy Warning, le désir vire d’emblée à l’excitation priapique. Car il aura fallu patienter treize ans entre leur cultissime premier album, Bluffer's Guide To The Flight Deck, et son successeur, The Machine That Made Us. C’est peu dire que malgré les années, Paul Carter et sa bande font preuve d’une belle constance, retrouvant avec le goût de la composition ces mélodies alambiquées dont ils avaient le secret. 
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  • Peter von Poehl, Graal et grâce

    par Adehoum Arbane le 27.06.2017 Le Saint Graal, c’est la quête d’un objet mythique aux pouvoirs insoupçonnés et que l’on poursuit sans relâche, parfois sans y parvenir. On pourrait dire que Peter von Poehl a trouvé le Graal depuis maintenant onze ans et qu’il tente dès lors de l’entretenir, d’en perfectionner les lignes, de dilater de manière quasi infinie ses nombreuses facultés. Son Graal à lui c’est la pop. Il y a dans sa quête une dimension chevaleresque, et pour d’un héraut comme Peter von Poehl, le Moyen-Âge (d’or de la pop) ne serait aucunement un temps barbare – quelle idiotie de prétendre cela ! 
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  • Tom Rapp, à un cheveu de Macron

    par Adehoum Arbane le 20.06.2017 On parle souvent des musiciens de second plan – l’expression ne se veut pas péjorative – en ces termes : untel est le Dylan anglais, un autre le Hendrix du pauvre. Ainsi en va-t-il de Tom Rapp, leader du groupe d’acid-folk Pearls Before Swine, qu’on pourrait qualifier de Macron de la chanson. Fut-il banquier, conseiller, ministre ou président ? À l’évidence non.  L’analogie tient à si peu, à ce chuintement dans la voix de l’artiste qui dénote quelque peu à l’écoute de la musique si délicate qu’il écrivit et joua avec son groupe ou sous son propre patronyme...
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  • Kevin Morby, diligente élégie

    par Adehoum Arbane le 13.06.2017 Il fut un temps, c’était alors l’âge d’or de la pop et du rock, où les groupes sortaient un album par an, parfois deux comme les Doors, le Jefferson Airplane ou encore Spirit – Creedence en sortit trois la seule année 69. Aujourd’hui, les temps ont changé où les artistes prennent souvent le temps, plus que de raison, avant de livrer une nouvelle création. Pas pour Kevin Morby qui depuis 2013 enchaîne les albums avec la régularité du métronome, sans s’étendre en palabre ou procrastination inutile. 
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  • Tous les chemins partent de Abbey Road

    par Adehoum Arbane le 06.06.2017 Pygmalion, inspirateur, père spirituel, mentor, maître, la culture classique regorge de mythes, termes et autres images – souvent saisissantes – renvoyant à cette vérité : nous sommes tous redevables envers les figures du passé qui, nous ayant précédé, ont toujours ouvert la voie. Nous pourrions ajouter une expression de plus, qui aujourd’hui s’accorde à merveille avec l’un des grands mythes de la culture populaire, les Beatles. Abbey Road, tout comme Sgt Pepper’s, peut s’enorgueillir d’être devenu un album étalon. Au point de qualifier les choses ainsi : tel album est le « Abbey Road » d’un groupe
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  • Captain Beefheart, travail perso

    par Adehoum Arbane le 30.05.2017 Et si contre vents et marrées Bob Krasnow, l’indélicat producteur de Strictly Personal, le deuxième album de Captain Beefheart and His Magic Band, avait eu raison ? Voilà bien une polémique dont seul le rock a le secret et qui traversa les décennies sans faiblir. Au point d’avoir, hélas et fort injustement, déclassé l’album dans le cœur des fans. Ceux-ci le jugeant de mauvais goût, cédant à travers ce tripatouillage arbitraire et sournois à l’air du temps, à la mode des années 67-68 où tous les groupes, producteurs, labels voulaient absolument sonner psychédélique.
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  • Vanilla Fudge, introduction en règle

    par Adehoum Arbane le 23.05.2017 Une règle de la pop – la bonne – prétend qu’il ne faut pas plus de quelques secondes pour jauger un hit single.  Quelques petites secondes pour se faire embarquer, et ne plus jamais lâcher l’affaire. Roulement de caisse-claire, riff de guitare, ou le bon vieux « one, two, three, for », c’est dans ce laps de temps de l’introduction que la bataille se joue. La survie aussi. Vanilla Fudge est passé maître dans l’art de l’introduction, pas dans sa jubilatoire brièveté, plutôt dans sa capacité à instaurer une ambiance. Poser les bases de sa dramaturgie
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  • Jim Buckley, au bon souvenir de Morrison

    par Adehoum Arbane le 16.05.2017 Théorie du complot. 1971, les Doors livrent sans le savoir leur chant du cygne. Après s’y être époumoné avec grâce et volupté, Morrison part pour la France, terminus Paris au sens le plus littéral puisqu’il y trouvera la mort. La voie est libre, si l’on ose dire. La voix du moins. Tim Buckley y voit un signe qui le conduit à écrire, enregistrer puis sortir Greetings from L.A. l’année suivante. Théorie certes, mais conjecture assez évidente à l’écoute de l’album. Nous n’irons pas plus loin dans le complotisme bêlant qui défigure trop souvent les rayonnages de l’actualité. 
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  • BS&T, les larmes de la délicatesse

    par Adehoum Arbane le 09.05.2017 Le rêve urbain se transforme le plus souvent en cauchemar. La ville devient un cloaque duquel on peine à s’extraire. Souvent l’envie de retrouver des paysages artificiels certes, mais harmonieux, se fait sentir. Voilà pourquoi on rêve au château de Versailles, sa verticalité arborée, son horizontalité de granit. Est-il possible de concevoir un chef-d’œuvre de délicatesse ailleurs qu’en ces lieux ? Faut-il se retirer dans un cottage pour signer le futur chef-d’œuvre de la pop sophistiquée ? Prenez New York par exemple, cet enfer fumant et maugréant.
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  • Les Stooges, « radical sixties »

    par Adehoum Arbane le 02.05.2017 En 1971, le cinéaste Don Siegel jette un pavais dans la marre des Radical Sixties. À l’hédonisme ambiant, au libéralisme échevelé, celui de l’économie et des mœurs –bousculant les valeurs traditionnelles et White Trash –, il oppose Dirty Harry, ce personnage de flingueur froid et brutal, défiant crânement l’ordre établi par sa vision expéditive d’une justice qui sans lui serait vouée à la mollesse. Un an après, Nixon bat à plate couture le candidat démocrate, George McGovern. Il faut remonter à l’année 1970 pour voir les graines de cette ultra-violence pousser. Jusqu’à l’explosion. 
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  • Armanet, le cœur bien arrimé

    par Adehoum Arbane le 25.04.2017 Il y a un peu de Luis Buñuel chez Juliette Armanet. Dans ce désir, louable, de renouer avec l’âge d’or. Mais en évitant cependant la passion confite – parce que désincarnée – de la seule posture stylistique. L’âge d’or de Juliette Armanet est bien celui des sentiments. L’amour y est central, comme un arc décochant ses flèches joliment empoisonnées. Pourtant, ce sujet maint fois traité, quasi éculé, trouve ici son expression la plus aboutie. Juliette Armanet a pourtant choisi de le raconter sous son versant le moins flatteur : celui des passions défaites ou de la défaite des passions. 
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  • Fishbach, enfant terrible

    par Adehoum Arbane le 25.04.2017 Les enfants terribles chers à Cocteau ne sont pas si ingrats que cela. Fishbach, de son doux prénom Flora, en fait partie. Elle n’a pas choisi d’écrire – des chansons en l’occurrence – pour exorciser tel sentiment, bien que sa musique, sombre et rugueuse, en donne la trompeuse impression. Fishbach a restitué sur son premier album une musique proche de ce qu’elle écoutait étant petite. Et par là-même, elle a souhaité remercier ceux qui lui avaient fait découvrir cette même musique. Soit ses parents. 
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  • All If, copie non conforme

    par Adehoum Arbane le 18.04.2017 « Si à l’avenir on entend parler d’un faussaire de génie, alors nous penserons à vous » avait déclaré le jury au jeune artiste peintre en devenir, tout juste sorti de l’école. Phrase pas tout à fait imaginaire que des générations de professeurs auront dû prononcer devant le talent insolent de certains de leurs élèves. Surtout quand ces derniers dépassaient leurs maîtres comme on l’observait parfois dans les ateliers du Caravage ou de Ingres, appelés si justement écoles. Toutes ces considérations savantes s’appliquent bien évidemment à la musique, et qui plus est à la pop. 
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  • Led Zeppelin, Holy shit ?

    par Adehoum Arbane le 11.04.2017 Révélation. Acte par lequel une force supérieure fait connaître son dessein. Autre stade, supérieur encore, celui de l’illumination : la manifestation d’une vérité qui vous dépasse. On parle également d’éveil spirituel et là, on pense évidemment aux saintes à l’image d’Ermine de Reims. C’est encore la transfiguration qui voit l’homme messianique se couler dans les vêtements probes et étincelants du dieu vivant. Au fond, quel que soit le terme, sa définition ou sa valeur, il existe communément un état de transcendance par lequel on se révèle à soi-même, on se réalise ! 
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  • Father John Misty, batteur en brèche

    par Adehoum Arbane le 04.04.2017 Dans l’imaginaire rock, et plus précisément celui du groupe, chaque musicien occupe une place symbolique. Si le chanteur s’impose comme le leader naturel, le guitariste incarne lui le héros. Le claviériste, quand il est présent, apporte souvent la caution technique et musicale. Quant à la section rythmique, on retombe d’un cran : le bassiste par sa physionomie patibulaire est souvent le grand oublié de l’histoire, et le batteur, s’il n’est pas John Bonham ou Keith Moon, passe directement à la trappe. Dommage car il existe quelques cas historiques de batteurs ayant quitté leurs habits de frappeurs pour briller. 
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  • The Shins, a house is not a motel

    par Adehoum Arbane le 28.03.2017 Une maison de vacances où rien n’a bougé, où les souvenirs semblent avoir été coulés dans l’ambre du temps, pour l’éternité. Oui, les Shins sont notre maison de vacances à nous. Une fois retrouvée, on s’y sent bien, à son aise, comme chez soi. Mais à l’écoute du cinquième album, Heartworms, un sentiment particulier envahit l’auditeur. À peine entré, on découvre que tel meuble n’est plus à la place qu’il occupait précédemment, quand un autre aura tout bonnement été remplacé. Et la maison de reparaître sous nos yeux, mais de manière différente. 
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