A new disque in town


  • Morby in less time

    par Adehoum Arbane le 17.11.2014 La jolie leçon offerte par Still Life et son créateur, Kevin Morby,  tient en un mot : labeur. Non content d’avoir sorti en 2013 un premier album solo prometteur, imparfait certes mais exécuté avec sincérité, le singer-songwriter de Kansas City, installé maintenant à Brooklyn, récidive un an plus tard. Un an seulement. À contre courant de tous ses contemporains, englués dans les méandres décisionnels de l’industrie du disque quand ils ne sont pas tout simplement frappés par le virus de la procrastination. 
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  • Ariel Pink et la grande lessiveuse pop

    par Adehoum Arbane le 11.11.2014 Ariel Pink ou ce grand mashup conviant tour à tour dans sa parade rose le fantôme de Zappa et l’esprit des Mothers, Todd Rundgren, Henry The Horse, John Carpenter, Cure, Walt Avery et Tex Disney, Klaus Nomi, Bowie, Alice ‘Bob Ezrin’ Cooper, Gargamel, David Peel, Les Drifters, Monkees, Ohio Express et au passage toute la team Jeffrey Katz-Jerry Kassenetz… On est obligé de s’arrêter en chemin. La liste serait infinie. À dire vrai, il n’y a rien d’étonnant à cela.
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  • The Einstein Tremolos, à faire pleurer Albert

    par Adehoum Arbane le 03.11.2014 Nager à contre-courant ! Tout athlète sait à quel risque il s’expose : fatiguer, perdre pied puis sombrer. Quand la dernière marrée pousse sur la plage à peine foulée de la pop hexagonale une nouvelle génération d’artistes chantant en français, The Einstein Tremolos résiste au mouvement. Et sans jamais céder aux sirènes de la commodité. Jusqu’au-boutistes, ces musiciens livrent un premier chapitre hors des conventions du genre, court en apparence – seulement huit titres – mais dense dans son approche musicale. 
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  • Moodoïd, sauvé par le Gong

    par Adehoum Arbane le 27.10.2014 Précédé d’une réputation aussi flatteuse que méritée, Moodoïd – soit Pablo Padovani et ses quatre girls – livre enfin son premier opus. Et crée l’exploit. Dans un monde, celui du rock contemporain, dominé par les formats courts et les guitares ascétiques, Moodoïd ressuscite l’esprit gonflé à l’hélium du Gong des premiers âges. Et vous envoie direct dans l’espace tout en revoyant au Fish Rising de Steve Hillage. Le Monde Möö, c’est le nom de l’album, flashe donc autant vers les guitares bavardes que les claviers stellaires des années 72-76...
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  • Weezer a true star

    par Adehoum Arbane le 20.10.2014 Weezer produit la musique idéale à l’adresse des quadras qui, refusant de vieillir, retrouvent alors les frissons anciens de leurs vingt ans révolus. Ce syndrome bien connu de la crise de la quarantaine, Rivers Cuomo a dû lui même le vivre pour revenir ainsi attifé, en disque, avec ses refrains vengeurs et ses riffs criards. Back To The Shack le résume fort bien. Nonobstant cette attitude fuyante du regard en arrière, le leader toujours en verve de Weezer ressuscite à travers cette neuvième livraison le sacro-saint crédo du rock...
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  • Manipulator, Ty standard

    par Adehoum Arbane le 29.09.2014 On aime bien Ty Segall. Ce stakhanoviste du rock. Même s’il ne bouscule en rien l’ordonnancement de son grand œuvre – le mot est faible ! –, son appétit d’écriture et de réalisation force le respect. C’est que le bouillonnant rockeur californien a quasi réussi – pour la blague – à créer son propre modèle économique et artistique. Manipulator porte ainsi bien son nom. Segall nous manipule et on en redemande. Et il nous en redonne. Son mode de création court-termiste lui permet de livrer à chaud des disques bourrés de chansons. 
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  • Avi Buffalo, deuxième effort et réconfort

    par Adehoum Arbane le 22.09.2014 Loin des poses affectées et des refrains taiseux, le rock sincère existe encore. Généreux, il se donne comme le font parfois les adolescents lorsqu’ils plongent, corps et âme, dans leurs premiers émois pubescents. At Best Cuckold, deuxième effort de Avi Buffalo, confirme ce que le single – le lumineux So What – esquissait déjà. Une musique aussi tendre qu’échevelée, à la fois bravache et profonde qui n’est pas sans rappeler les instantanés crus – figés ou filmés – signés Larry Clark ou les plans sourds de Gus Van Sant criant pourtant leur vérité, comme dans Paranoid Park. 
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  • Marie Flore, my baby just wrote you a letter

    par Adehoum Arbane le 15.09.2014

    Chère Marie Flore, lorsque mon papa a posé ton album pour la première fois sur la platine, je dois bien te l’avouer, j’ai lâché un "Ouah" de jubilation. Car malgré les deux ou trois borborygmes constituant la base de mon vocabulaire de petite fille de dix neuf mois, je suis quand même capable d’aligner des concepts assez poussés. Ainsi, je peux le dire aujourd’hui, By The Dozen est sans doute, à l’heure où nous parlons, le dernier vrai album de rock’n’roll. 


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  • So What, the fucking song

    par Adehoum Arbane le 15.07.2014 Et si Avi Buffalo donnait, un temps, raison à l’effroyable logique de l’IPod : ne conserver dans nos playlists interchangeables qu’une chanson, une seule ? Telle est la vocation temporaire de So What, premier extrait de leur futur et très attendu deuxième album, At Best Cuckold. Pas tant parce qu’il s’agit de l’unique chanson à se mettre sous l’écouteur, donc un choix par défaut. Bien que pour le moment solitaire, So What est une invitation à épier la sortie du Lp. 
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  • Desse espoir dans la nuit noire

    par Adehoum Arbane le 07.07.2014 C’est un fait, le rock français a longtemps sonné propret, gentillet. Cette réalité, comme l’avait chantée Téléphone dans Un autre monde, est aujourd’hui quelque peu bousculée par une nouvelle génération de musiciens frondeurs. Melmoth parlait en son temps des rockeurs – prononcez rockeurses – au blouson de cuir. Qualificatif qui colle perfecto à Marc Desse, sorte de Patrick Dewaere pop en mode urbain. De l’aveu du jeune homme, ce premier album a été écrit et enregistré à une période mallarméenne de son existence. 
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  • The GOASTT, psyché d’Œdipe

    par Adehoum Arbane le 30.06.2014 Enfin un fils de qui ferait presque oublier le père. Sean Lennon s’était lancé dans la carrière sans brio réel, sans originalité aucune. Il n’avait pas encore brillé comme l’avait fait John en son temps au sein des Beatles puis en solo. Projet bizarroïde mené tambour battant avec sa femme – Charlotte Kemp Muhl –, The Ghost Of A Saber Tooth Tiger atteint une forme d’apogée. Oh, il ne s’agit pas d’évoquer Midnight Sun, étonnant sophomore, comme un chef-d’œuvre impérissable. Mais la chose sonne suffisamment déjantée pour qu’on s’y attarde un moment. 
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  • Israel Nash et pas un autre ?

    par Adehoum Arbane le 24.06.2014 On a beau chercher les superlatifs, le plus beau compliment que puisse recevoir un album n’est-il pas de donner envie d’en écouter un autre ? Oui, Rain Plans de Israel Nash donne envie de réécouter No Other de Gene Clark. Car il emprunte d’une certaine manière la même voie. Il ne s’agit pas de faire passer le premier pour un copiste. Disons que l’Americana, puisque c’est de cette musique dont il est question ici, se plait à répondre à un autre mot, la tradition. 
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  • Charles-Baptiste, le trait d’union

    par Adehoum Arbane le 18.05.2014 En économie, on les appelle réformateurs. En politique, voire dans le cénacle de la philosophie, on les qualifie de rénovateurs. En France, ils sont un petit nombre, très décidé, à bousculer depuis quelques années les ors poussiéreux, oripeaux cependant prestigieux, de la variété française. Avouons-le, Charles-Baptiste fait partie de ce think-thank de singer-songwriters audacieux. Si la révolution est en marche, elle prend chez ce jeune homme venu du Béarn – en soi un mythe balzacien – une tournure singulière. 
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  • Kevin Morby, mother folkeux

    par Adehoum Arbane le 12.05.2014 Et si on pouvait enfin écouter du Bob Dylan sans la voix nasillarde et chevrotante de Bob Dylan ? Ce fantasme de fan, bien que respectueux du mythe dylanien, Kevin Morby est en passe de l’avoir réalisé ! Oh God ! Sur son premier album solo, l’envoutant Harlem River, il livre de ces ballades folk urbaines – l’esprit de la grosse pomme n’est jamais très loin – qui vous emportent vers un ailleurs fait de longs voyages dans des trains de marchandises au milieu des clochards aux barbes rêveuses. 
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  • The Horrors, de l’ombre à la lumière

    par Adehoum Arbane le 28.04.2014 Monkees ou Talk Talk, leur plus grand mérite fut de franchir d’un pas de géant la frontière qui sépare le phénomène préfabriqué de l’authentique formation rock. The The Horrors appartient à cette catégorie. Ils n’étaient qu’un simple groupe garage gothique pour minettes. Ils sont devenus en trois albums seulement l’un des noms les plus prometteurs des années deux mille. Luminous, le dernier en date, achève cette mue sidérante en plongeant le groupe dans le bain de la modernité 
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  • Éternels Temples du soleil

    par Adehoum Arbane le 22.04.2014 Depuis sa création en 1966 – des deux côtés de l’Atlantique –, le rock psychédélique aura perduré traversant les décennies comme autant d’espaces-temps. Les années 80 virent des groupes comme TV Personnalities ou XTC reprendre le flambeau là où Syd Barrett l’avait laissé. Les nineties auront fait fi du grunge bruitiste en réhabilitant un certain acid rock californien pétri de coolitude Stonienne, porté par la génération Anton Newcombe. Jusqu’à aujourd’hui où, tel un phénix
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  • Dorian Pimpernel, syndrome de Peter Pop

    par Adehoum Arbane le 31.03.2014 À l’heure où le grand manège médiatique jette en pâture la vérité crue dans un cynisme, si ce n’est décomplexé, tout du moins assumé, y-a-t-il encore une place pour la fantaisie ? La légèreté ? Sans le vouloir, c’est la question que sous-tend l’existence même du tout premier album de Dorian Pimpernel après des années d’oisiveté rêveuse et créative qui a vu ses musiciens assembler méthodiquement leurs comptines semées ensuite telles les cailloux du petit Poucet sur la toile. 
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  • Metronomy, belles-lettres

    par Adehoum Arbane le 21.03.2014 Fait rarissime dans les annales de la pop. Voilà un groupe évoluant sous les froids climats de sa riviera natale, venant de la toute aussi glaciale filière électro qui, d’un seul coup d’un seul, s’éprend du son "Motown" ou, pour parler geek, opte pour une enluminure Philly Sound. Mais attention, Metronomy n’est pas Todd Rundgren bien que la comparaison ne soit pas usurpée au vu du modernisme dont chacun a pu – certes à des époques différentes – se prévaloir.
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  • Orouni, cache-cache musical

    par Adehoum Arbane le 04.03.2014 Pour vivre heureux, écrivons caché. Cet adage, quoique détourné de sa version originelle, semble coller à merveille à Orouni qui nous revient d’un grand tour du monde avec précisément… Grand Tour. Oublions les « bio » rédigées par des attachés de presse zélés pour se plonger dans la musique car c’est bien de cela dont il s’agit. Non pas que ces blocs de vies rassemblés en un texte n’apportent aucune information précieuse mais la Musique - la pop en l’occurrence – se veut un langage propre à raconter la vérité intrinsèque d’un artiste. 
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  • Jonathan Wilson, retour en fanfare ?

    par Adehoum Arbane le 03.02.2014 Et si la musique n’avait d’autre fonction que d’être purement récréative ? De laisser de côté la vérité d’un texte, l’évidence d’une mélodie pour mieux se laisser aller ? Et si cette dernière n’était là que pour installer une ambiance, édifier un mur de sons multipliés dans l’unique but d’accompagner nos pâles journées de labeur ? Sans le vouloir, c’est l’exploit assez culoté que vient de réaliser Jonathan Wilson avec son deuxième opus, Fanfare. 
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  • Les 10 meilleurs singles français 2013

    par Adehoum Arbane le 20.01.2014 Il fut un temps où "Salut les copains" n’était pas qu’une adresse joyeuse envoyée à un petit cercle de fidèles réunis autour d’un baby ou d’un flipper. Il était une époque où l’on collectionnait précieusement de curieux objets ronds appelés EP, Maxi, 45 tours. Pour les plus anciens d’entre nous, on naviguait avec insouciance entre ce petit lot d’années bénies, de 62 à 64. Quant aux plus jeunes, ils ne juraient que par le Top 50 et son fameux "Salut, les p’tits clous". 
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  • De La Jolie Musique, sea, textes and fun ?

    par Adehoum Arbane le 14.01.2014 Sous ce charmant patronyme renvoyant au titre d’un livre ludo-éducatif pour bébé surdoué – De La Jolie Musique donc – se c     ache un collectif écumant la nouvelle scène pop française depuis maintenant quelques années. Erwann Corré, son leader bricoleur, a patiemment compilé dans cette Mémoire Tropicale, tel un Chateaubriand voyageant à dos de Bat Macoumba, tout ce qu’il comptait de jolies mélodies, idées déjantées et autres textes marrants, malins, courants, câlins. Est-ce là l’unique résumé d’un premier album plus complexe qu’il n’y paraît, insaisissable comme un lion de safari ? 
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  • Top des mag rock ayant le moins de couilles

    par Adehoum Arbane le 07.01.2014 Dans ce concours général de tartufferie que sont les tops des meilleurs albums de l’année, il est de bon ton de se distinguer. Sur toutes les unes, dans les toutes les colonnes, toujours le même constat : l’impossibilité des grands titres de la presse rock, on et off line, de proposer un best of ramassé, expurgé, bref un palmarès avec des partis pris. Pourquoi ne pas prendre exemple sur Cannes ? D’un président du jury à l’autre, la palme d’or ne tombe pas toujours – enfin presque – entre les mêmes mains. 
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  • Mazzy Star, coton club

    par Adehoum Arbane le 30.12.2013 À la manière du septième art, la musique possède ses genres. On trouve les déclinaisons officielles, gravées dans le marbre de la Légende, ces familles que sont la pop, la folk, la country, soul, funk, punk, disco, prog… Et parfois, au détour d’une discographie se révèle quelque incongruité plaçant le groupe qui la pratique en marge de la Production Classique. En quatre albums, Mazzy Star a inventé la Shiny Coton Breathing Folk soit une sorte de musique acoustique propice au rêve éveillé. 
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  • Arcade Fire, sous les feux de la rampe

    par Adehoum Arbane le 16.12.2013 On ne présente plus Arcade Fire. Voilà un groupe qui, en l’espace de neuf ans, est passé de l’indie folk – canadienne de surcroit – au statut de formation Classic Rock. De chouchou de la presse geek aux Grammy Awards. Et en seulement quatre albums. Arcade Fire, c’est un peu l’histoire de sept enfants de la banlieue de Montréal qui finissent en week-end avec Bowie. Un destin qui a vu ces musiciens exemplaires migrer de l’accordéon aux synthés. 
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