A new disque in town


  • The Horrors, de l’ombre à la lumière

    par Adehoum Arbane le 28.04.2014 Monkees ou Talk Talk, leur plus grand mérite fut de franchir d’un pas de géant la frontière qui sépare le phénomène préfabriqué de l’authentique formation rock. The The Horrors appartient à cette catégorie. Ils n’étaient qu’un simple groupe garage gothique pour minettes. Ils sont devenus en trois albums seulement l’un des noms les plus prometteurs des années deux mille. Luminous, le dernier en date, achève cette mue sidérante en plongeant le groupe dans le bain de la modernité 
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  • Éternels Temples du soleil

    par Adehoum Arbane le 22.04.2014 Depuis sa création en 1966 – des deux côtés de l’Atlantique –, le rock psychédélique aura perduré traversant les décennies comme autant d’espaces-temps. Les années 80 virent des groupes comme TV Personnalities ou XTC reprendre le flambeau là où Syd Barrett l’avait laissé. Les nineties auront fait fi du grunge bruitiste en réhabilitant un certain acid rock californien pétri de coolitude Stonienne, porté par la génération Anton Newcombe. Jusqu’à aujourd’hui où, tel un phénix
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  • Dorian Pimpernel, syndrome de Peter Pop

    par Adehoum Arbane le 31.03.2014 À l’heure où le grand manège médiatique jette en pâture la vérité crue dans un cynisme, si ce n’est décomplexé, tout du moins assumé, y-a-t-il encore une place pour la fantaisie ? La légèreté ? Sans le vouloir, c’est la question que sous-tend l’existence même du tout premier album de Dorian Pimpernel après des années d’oisiveté rêveuse et créative qui a vu ses musiciens assembler méthodiquement leurs comptines semées ensuite telles les cailloux du petit Poucet sur la toile. 
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  • Metronomy, belles-lettres

    par Adehoum Arbane le 21.03.2014 Fait rarissime dans les annales de la pop. Voilà un groupe évoluant sous les froids climats de sa riviera natale, venant de la toute aussi glaciale filière électro qui, d’un seul coup d’un seul, s’éprend du son "Motown" ou, pour parler geek, opte pour une enluminure Philly Sound. Mais attention, Metronomy n’est pas Todd Rundgren bien que la comparaison ne soit pas usurpée au vu du modernisme dont chacun a pu – certes à des époques différentes – se prévaloir.
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  • Orouni, cache-cache musical

    par Adehoum Arbane le 04.03.2014 Pour vivre heureux, écrivons caché. Cet adage, quoique détourné de sa version originelle, semble coller à merveille à Orouni qui nous revient d’un grand tour du monde avec précisément… Grand Tour. Oublions les « bio » rédigées par des attachés de presse zélés pour se plonger dans la musique car c’est bien de cela dont il s’agit. Non pas que ces blocs de vies rassemblés en un texte n’apportent aucune information précieuse mais la Musique - la pop en l’occurrence – se veut un langage propre à raconter la vérité intrinsèque d’un artiste. 
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  • Jonathan Wilson, retour en fanfare ?

    par Adehoum Arbane le 03.02.2014 Et si la musique n’avait d’autre fonction que d’être purement récréative ? De laisser de côté la vérité d’un texte, l’évidence d’une mélodie pour mieux se laisser aller ? Et si cette dernière n’était là que pour installer une ambiance, édifier un mur de sons multipliés dans l’unique but d’accompagner nos pâles journées de labeur ? Sans le vouloir, c’est l’exploit assez culoté que vient de réaliser Jonathan Wilson avec son deuxième opus, Fanfare. 
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  • Les 10 meilleurs singles français 2013

    par Adehoum Arbane le 20.01.2014 Il fut un temps où "Salut les copains" n’était pas qu’une adresse joyeuse envoyée à un petit cercle de fidèles réunis autour d’un baby ou d’un flipper. Il était une époque où l’on collectionnait précieusement de curieux objets ronds appelés EP, Maxi, 45 tours. Pour les plus anciens d’entre nous, on naviguait avec insouciance entre ce petit lot d’années bénies, de 62 à 64. Quant aux plus jeunes, ils ne juraient que par le Top 50 et son fameux "Salut, les p’tits clous". 
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  • De La Jolie Musique, sea, textes and fun ?

    par Adehoum Arbane le 14.01.2014 Sous ce charmant patronyme renvoyant au titre d’un livre ludo-éducatif pour bébé surdoué – De La Jolie Musique donc – se c     ache un collectif écumant la nouvelle scène pop française depuis maintenant quelques années. Erwann Corré, son leader bricoleur, a patiemment compilé dans cette Mémoire Tropicale, tel un Chateaubriand voyageant à dos de Bat Macoumba, tout ce qu’il comptait de jolies mélodies, idées déjantées et autres textes marrants, malins, courants, câlins. Est-ce là l’unique résumé d’un premier album plus complexe qu’il n’y paraît, insaisissable comme un lion de safari ? 
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  • Top des mag rock ayant le moins de couilles

    par Adehoum Arbane le 07.01.2014 Dans ce concours général de tartufferie que sont les tops des meilleurs albums de l’année, il est de bon ton de se distinguer. Sur toutes les unes, dans les toutes les colonnes, toujours le même constat : l’impossibilité des grands titres de la presse rock, on et off line, de proposer un best of ramassé, expurgé, bref un palmarès avec des partis pris. Pourquoi ne pas prendre exemple sur Cannes ? D’un président du jury à l’autre, la palme d’or ne tombe pas toujours – enfin presque – entre les mêmes mains. 
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  • Mazzy Star, coton club

    par Adehoum Arbane le 30.12.2013 À la manière du septième art, la musique possède ses genres. On trouve les déclinaisons officielles, gravées dans le marbre de la Légende, ces familles que sont la pop, la folk, la country, soul, funk, punk, disco, prog… Et parfois, au détour d’une discographie se révèle quelque incongruité plaçant le groupe qui la pratique en marge de la Production Classique. En quatre albums, Mazzy Star a inventé la Shiny Coton Breathing Folk soit une sorte de musique acoustique propice au rêve éveillé. 
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  • Arcade Fire, sous les feux de la rampe

    par Adehoum Arbane le 16.12.2013 On ne présente plus Arcade Fire. Voilà un groupe qui, en l’espace de neuf ans, est passé de l’indie folk – canadienne de surcroit – au statut de formation Classic Rock. De chouchou de la presse geek aux Grammy Awards. Et en seulement quatre albums. Arcade Fire, c’est un peu l’histoire de sept enfants de la banlieue de Montréal qui finissent en week-end avec Bowie. Un destin qui a vu ces musiciens exemplaires migrer de l’accordéon aux synthés. 
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  • L’art de TRIOMPHE était au Baron

    par Adehoum Arbane le 12.11.2013 Le Baron. Réduit feutré pour yuppies flippés. Avant même qu’une faune au parfum fauve n’investisse les lieux comme des financiers carnassiers, j’y ai fait, je dois l’avouer, l’une des plus singulières rencontres. Un Frédéric Chopin Mitch Mitchellisé, un bassiste au visage de piéta et au corps drapé de smoking tout deux accompagnés d’un guitariste Phil Lynott dans ses habits de Beatles. Un beau diable comme je le constaterai plus tard.
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  • MGMT, mentale machine musique

    par Adehoum Arbane le 29.10.2013 Inutile de tergiverser, MGMT est l’un des groupes les plus séduisants de ces dix dernières années. Voilà pourquoi il est permis aujourd’hui de chahuter le mythe. Ou du moins de poser une véritable réflexion dégagée de toute influence. Car MGMT est déjà entré dans l’histoire, à contrario de tant de formations dispensables aussitôt écoutées aussi vite oubliées. Avant tout parce que Management appartient au cercle très fermé des groupes ayant réalisé un parfait premier album. 
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  • Ty Segall, rêve éveillé

    par Adehoum Arbane le 21.10.2013

    La chose semble relever de l’exploit. Ou bien du rêve éveillé. Ou encore de la gageure. Trouver un artiste et un album – les deux réunis – bien mieux que le trop hirsute et baba bavard Devendra Banhart. Ce n’est pas vraiment un petit nouveau. Celui-ci fait la joie de la nouvelle scène californienne depuis quelques prolifiques années. Ty Segall. C’est son nom. Ce rockeur au visage poupon n’a pas son pareil pour s’énerver sur des guitares fuzz – le nom de son nouveau projet discographique – et brouillonner des hymnes garage bouillonnant. 


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  • FUZZ, effet d'annonce ?

    par Adehoum Arbane le 15.10.2013

    La formule est entendue. L’acte de décès maintes fois signé. Le rock serait mort, allez, au moins depuis la fin des années soixante dix. Après, peut-être, le dernier sursaut du punk ou bien le suicide de Ian Curtis. Début des années 2000, on a cru à une résurrection, tout du moins un retour porté par les guitares faméliques, asséchées des limpides Strokes. Non le rock n’est pas mort, pas plus qu’il n’était parti. 


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  • Miles Kane, trois minutes d'éternité

    par Adehoum Arbane le 08.10.2013

    Si Miles Kane n’a piqué qu’un seul truc aux sixties, ce n’est pas tant la furie hendrixienne des guitares. Encore moins les orgues baveux ou même les chœurs omniprésents. Non, Miles Kane a tout bonnement recyclé une vieille formule qui fit le miel des années 64-67 en Angleterre – beaucoup – et aux États-Unis – aussi, notamment avec la vague soul –, cette règle d’airain du rock et de la pop : la chanson de moins de trois minutes.


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  • Queens of the Stone Age, deaf metal

    par Adehoum Arbane le 09.07.2013 Depuis sa création, le rock a fait plus que se réinventer. Il s’est diversifié. Touchant ainsi des publics à géométrie variable au moyen d’une segmentation qui aurait pu, telle une greffe délicate, ne jamais prendre. La fameuse politique de filières qui n’a de cesse de faire écho ces derniers temps. Ainsi en est-il du Stoner rock qui se définit comme une déclinaison naturelle du Heavy Rock. Pierre angulaire (!!!) du mouvement, les Queens of the Stone Age n’en sont pas à leur première incarnation. Déjà sous l’énigmatique appellation de Kyuss, Josh Homme, son leader, rédigeait sur le grimoire du Métal une partition bien à lui, entre space et rock et inflexions californiennes. Lorsque la formation se dissout telle une goutte de LSD sous le soleil aride du désert, le monolithique guitariste réunit de nouveaux adeptes, ses reines, et forment les Queens of the Stone Age.
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  • The Hinnies, équilibre miraculeux

    par Adehoum Arbane le 11.06.2013 l faut toujours croire aux miracles. D’autant qu’ils ne sont pas tous d’ordre biblique ou géographique ; oubliez les grandes catharsis de Lourdes. Celui dont il est question ici s’avère musical. Il tient à cette rencontre improbable que le patron de Sub Pop, Bruce Pavitt – signataire de Nirvana –, avait alors théorisé à propos du grunge : la sincérité du punk, les riffs de Black Sabbath et les lignes mélodiques des Beatles. En 1992, arrive dans les bacs Dead Four, l’unique Lp des Hinnies. Passé inaperçu à l’époque, l’album tient du véritable miracle. Il incarne l’idée même esquissée par Pavitt, cet équilibre ténu entre la violence des guitares, de rigueur en ce début de décennie 90, et l’immédiateté de la pop.
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  • Daft Punk, RAM... On ?

    par Adehoum Arbane le 04.06.2013 C’est la déclaration de Liam Gallagher qui a mis le feu aux poudres. Lassé par le phénomène Random Access Memory, du nom du dernier album de Daft Punk, l’imprudent déclarait dans la presse être capable d’écrire Get Lucky en quelques secondes. Les réseaux sociaux ripostent avec véhémence. Chacun y va de son post pour recadrer l’impétueux ex leader de Oasis. Satisfait de son petit effet, la rock star récidive en affirmant, non sans culot, pouvoir écrire l’album entier en une semaine. Quand on sait que les Daft Punk travaillent à leur projet depuis des années, on s’étrangle. Y a t-il pas dans ces propos à l’emporte-pièce une part de vérité ou s’agit-il d’un crime de lèse-majesté ?
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  • Ready To Die, la mort dans l'âme

    par Adehoum Arbane le 07.05.2013 Ready To Die serait un album acceptable, voire même exaltant s’il n’était estampillé Iggy & The Stooges. Nos corps bougeraient à la limite de l’hystérie et avec une certaine sincérité si l’opus avait été signé par je ne sais quel combo proto-punk. La sueur aurait enveloppé nos torses, distillant son parfum âcre et son poison suave si la formation avait émergé de NYC, de Brooklyn, de Manchester ou des quartiers miteux de Londres. Beaucoup de « si » qui ne valent pas un « oui » unanime à cette quatrième livraison du fameux groupe de Detroit. Même sans Ron Asheton, hélas disparu en 2009, et avec LE James Williamson qui contribua au son de Raw Power, lui apportant ces couleurs malsaines qui conviennent tant aux Stooges, le résultat déçoit.
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  • Triomphe, épais EP et dense musique

    par Adehoum Arbane le 30.04.2013 Pourquoi la chronique longue, détaillée, circonstanciée ne serait-elle réservée qu’au Lp, format roi qui, depuis les prolifiques sixties, dicte sa loi ? La chose étant dite, actée, passons aux choses sérieuses. Humm… Sous l’arc de Triomphe où sommeille le soldat inconnu s’est réveillée une force pour l’instant méconnue. Quoique. De l’architecture centenaire aux héros maintes fois célébrés, elle a conservé le nom comme une adresse préventive à celles et ceux qui découvriront le délicat objet de carton dont l’intérieur semble préserver le meilleur. TRIOMPHE. Tout un programme.
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  • Welcome to the Comedown Machine

    par Adehoum Arbane le 23.04.2013 Il faut bien l’avouer, je n’ai jamais aimé les Strokes. À qui la faute, à ces journalistes-influenceurs avides de formules chocs sur le retour du rock à guitare dont je n’avais pas vraiment constaté l’acte de décès. Et puis vint l’examen en surface de la production du quintet new-yorkais. Le son paraissait étriqué, énergique certes, mais aussi sec qu’un gin tonic de fin de soirée. Il y eut ensuite la récupération publicitaire, odieuse et fourbe. Où était la dimension indé ? Comment accepter d’associer un Acte Créateur à une marque, une société cotée en bourse ? Et je suis passé à autre chose. Le nouveau siècle, s’il avait commencé par quelques riffs des Strokes, ce nouveau siècle-là allait trouver d’autres voix.
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  • Daisy Lambert, album chic & effet choc

    par Adehoum Arbane le 15.04.2013 Avec son visage poupin et sa chevelure rouquine habitée, flammèches dorées en pagaille, Daisy Lambert se rapproche étrangement de Van Morrison. Cette ressemblance frappante n’est pas que physique, fort heureusement. Comme l’irlandais fou qui jadis troqua le garage rock époque Them contre une musique plus inspirée, entre folk et jazz sur Astral Weeks, Daisy Lambert assume sur ce premier album des ambitions démesurées. Un grand huit artistique dont on ressort sonné tant l’œuvre étonne par sa maturité. Comme Van Morrison en 1968, Daisy joue son va-tout. Audace et prise de risque maximum : de cette équation il va puiser sa force.
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  • Big Issues Printed Small, opus 3

    par Adehoum Arbane le 09.04.2013 Il n’y a rien de pire que ces musiques que l’on entend sans vraiment les écouter. Un bon disque arrive à vous attraper par le bras et à vous dire « hé, pose-toi, écoute-moi, tu ne le regretteras pas ». Ces albums-là, s’ils étaient légions il y a quarante ans, se font aujourd’hui plus rares. C’est peut-être que la masse produite a étouffé les velléités créatives de ces œuvres écrites, au sens propre du terme, avec honnêteté et intelligence. Mais les chansons qu’elles renferment ont cette faculté, mieux, ce don d’être têtues, d’insister, de mettre le pied dans la porte et quand celle-ci s’ouvre pleinement, elles entrent alors chez nous pour ne plus jamais en ressortir. Des mélodies qui habitent donc.
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  • Jacco Gardner, Batave a dream

    par Adehoum Arbane le 02.04.2013 La modernité, voilà la nouvelle obsession en vogue. Elle tente d’infiltrer tous les domaines de la création, design, architecture, théâtre, danse, cinéma et bien sûr la musique. Pour s’inscrire dans l’avenir, il faut être de son temps. En vain ? Parmi toutes les décennies passées, les sixties consituent un eldorado, un jardin d’Eden indépassable. Tout y fut inventé en matière de pop, de nombreux langages qui coexistent encore de nos jours furent imaginés, psyché, country, americana, folk, soul, funk, folk, hard, classic rock jusqu’au punk, aussi braillard qu’un nouveau-né. Et si les musiciens et songwriters d’aujourd’hui s’étaient entichés de cet héritage pour d’autres raisons et pas seulement sonores ou techniques ? La question mérite d’être posée à l’heure où Jacco Gardner, jeune hollandais de 24 printemps radieux, sort son premier album solo judicieusement appelé Cabinet of Curiosities.
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