A new disque in town


  • À deux c’est mieux

    par Adehoum Arbane le 04.01.2016 Le top. Anglicisme désignant dans le langage montagnard le sommet, le faîte mais qui, pour le commun des mortels, signifie également le meilleur du meilleur, ce qui est au-dessus de tout. En prenant cette définition à la lettre et en l’appliquant à la production musicale de l’année qui vient de s’écouler, soit 2015, on affirmera non sans fierté que le top 10 des albums pop internationaux réunit Tame Impala avec Currents, Tame Impala avec Currents, Tame Impala avec Currents, Tame Impala avec Currents...
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  • Souriez, Brian a concrétisé

    par Adehoum Arbane le 21.12.2015 Avec la récente sortie de Love & Mercy, l’occasion nous est donnée de reparler de SMiLE, le projet contrarié du génie des Beach Boys, Brian Wilson. Inutile de nous appesantir sur son histoire, la lutte amicale – sans coup férir ? – entre les Garçons de la Plage et les Scarabées qui débuta le 3 décembre 1965 avec Rubber Soul qui, dans une réaction en chaîne, engendra Pet Sounds dont la riposte anglaise fut Revolver que Brian Wilson vécut autant comme une claque qu’un défi et qui devait fatalement l’amener dans l’impasse SMiLE. 
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  • King Gizzard, c'est pas du pipeau

    par Adehoum Arbane le 30.11.2015 Pour enrayer l’inéluctable déclin du temps présent, pour cataplasmer le pessimisme ambiant, sortons patchouli et autres vieilleries hippies ! On pourrait croire à une boutade et pourtant. Surgi tout droit des antipodes, le collectif melbournien King Gizzard & The Lizard Wizard a osé l’inimaginable : proposer pour ses nouvelles chansons tout un catalogue d’instruments antiques, sitar, flûte, tablas, clarinette et l’imagerie psyché qui va avec, comme en témoigne le morceau titre, Paper Mâché Dream Balloon. 
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  • Night Moves, Flash-Burns

    par Adehoum Arbane le 17.11.2015 On se souvient de la célèbre sentence de Nietzsche, « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », en ouverture du Conan de John Milius. Manière de dire que les plus persévérants seront à la fin gagnants. H-Burns semble être de cette trempe-là. Seize ans maintenant qu’il sillonne les autoroutes, pourtant balisées, de l’Americana en vieux routier fidèle, de disques en premières parties, de concerts en tête d’affiche jusqu’en studios, pour y graver quelque projet plus ambitieux. Nous y voilà. Night Moves.
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  • Courtney, acide Barnett

    par Adehoum Arbane le 09.11.2015 La pop au féminin relève du concept en soi, le plus souvent défini par des mélodies trop suaves pour être honnêtes et une certaine manière de chanter en feulements et autres ouh ouh yeah crispants. Tout le contraire de Courtney Barnett, rockeuse australienne qui a sorti en début d’année son très remarqué premier album – Sometimes I Sit And Think, And Sometimes I Just Sit – sur lequel elle prend des allures de Lou Reed ronchon, pourtant habile dans l’art de trousser des histoires ornementées de riffs sales et tranchants. 
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  • No one is Les Innocents ?

    par Adehoum Arbane le 02.11.2015 On dit souvent que seule la chanson prime. Par chanson il faut entendre le canevas de notes, d’harmonies et de mots qui forment ce que l’on appelle doctement une partition. Souvent, il suffit d’écouter une démo pour se rendre compte de son potentiel, son pouvoir d’attraction. La production n’est, à ce stade-là, qu’un vernis apporté – ultime étape – à l’œuvre en question. Le fond surpassant donc la forme. Certes, cette réalité demeure, mais il ne faudrait pas réduire une chanson à son être intime, son squelette primal. Ainsi, combien de titres gâchés par une production malhabile.
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  • Israel Nash, cosmos factory

    par Adehoum Arbane le 26.10.2015 Gram Parsons en avait rêvé, Israel Nash l’a fait. Une musique aux racines country, ponctuée d’envolées spatiales. Un psychédélisme positif en somme, débarrassé de toute allusion aux drogues. Une musique d’une pureté confondante, à la fois fragile et violente. Comme un torrent jaillissant de la montagne séculaire. Silver Season serait une sorte d’American Beauty planant, un Everybody Know This Is Nowhere cosmique. Un Meddle américain ? Dit comme ça, la chose est plaisante mais forcément réductrice. Quand l’Angleterre tente de retrouver la pop à guitare qui était son crédo...
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  • Charles-Baptiste, du cul, du cul, du culot

    par Adehoum Arbane le 12.10.2015 Briser les interdits. Faire voler les tabous en éclats. À l’heure de Youteube et Jacqueline & Michou, ces mots ont perdu de leur sens profond. Charles-Baptiste, chanteur de variété assumé, a semble-t-il réussi à dépasser malgré cela les bornes de la bienséance avec son dernier clip, étendard bien tendu de son nouvel Ep intitulé La symphonie pornographique. Le célèbre site de vidéos en streaming n’a guère apprécié les images exhibées-cachées mais ô combien subliminales de Porno, son premier extrait, au point de le censurer un temps. 
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  • Soundhunters, l’empire des sons

    par Adehoum Arbane le 05.10.2015 En soixante années d’existence, la mythologie rock a enfanté nombre de figures et avatars dont le rockumentaire, ou document rock. Ce genre a connu depuis quelque temps un renouveau salutaire, transfiguré par des réalisateurs ambitieux. De même que le rock, ou plus globalement la pop music, se nourrit d’avant-garde, le documentaire musical avait ainsi besoin d’un film, un seul, pour entrer dans une nouvelle ère de perception. Telle est le dessein, dans le fond comme dans la forme, de Soundhunters, une expédition musicale. 
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  • Double Françoise, un homme et une femme

    par Adehoum Arbane le 28.09.2015 Il fut un genre dans lequel la France excella, à l’époque où la Perfide Albion aposait sur le monde de la pop son sceau magistral. Les yé-yé girls. Françoise Hardy toutes époques confondues, France Gall dans sa période lysergique, l’incontournable Claudine Longet bien sûr, Clothilde et Jacqueline Taïeb dans des formules plus troubles encore. C’est cette tradition que Double Françoise se plait à ressusciter, non par nostalgie, mais parce que ce langage-là – basse ourlée, claviers solaires, servis par des refrains imparables emmenés par de jolis brins de femmes – reste éternel. 
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  • Vaille que Vile

    par Adehoum Arbane le 21.09.2015 Inutile de l’attendre, de l’espérer ou même de l’appeler, la révolution musicale n’arrivera plus. Trop d’années ont passé, trop d’époques, de genres et bien sûr d’œuvres se sont écoulés sous les ponts en luxuriantes mélodies, tantôt bouleversantes tantôt structurantes. Une fois lesté du poids des ambitions oubliées, une seule posture prévaut pour affronter l’avenir créatif : la décontraction. Loin des modes, de cette bêtifiante viralité qui ferait passer un caillou pour de l’or, Kurt Vile, droit dans ses bottes, poursuit son modeste chemin artistique...
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  • Aline et son alinéa

    par Adehoum Arbane le 25.08.2015 Aline, ce prénom de jeune fille fragile, est aussi le patronyme d’un groupe qui avec Regarde le ciel a fait du single le crédo de sa première proposition créative. Enchaînant les mélodies fraîches, tendres et fringantes, des chansons – des vraies – aussi intenses que directes. La vie électrique, son deuxième album, franchit un cap. On n’en avait presque oublié que derrière Aline il y avait cinq musiciens, cinq adultes, ayant rassemblé, digéré, transformé leurs histoires personnelles, leurs chemins de vie en compositions adroites et pénétrantes.
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  • Tame Impala, à contre Currents

    par Adehoum Arbane le 13.07.2015 Et si l’épicentre de la créativité pop s’était déplacé ? Alors que Londres ne semble plus être la capitale de la fantaisie et de l’énergie rock, que les évolutions états-uniennes ne concernent qu’un petit bataillon de groupes, c’est en Australie qu’il faut aller dénicher le nom qui agite depuis cinq ans les cercles de la critique. Tame Impala, car c’est bien de lui dont nous parlons aujourd’hui, est à l’origine de l’une des plus passionnantes sagas comme seul le rock sait les imaginer depuis ses toutes premières années. 
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  • Steven Wilson, cette main est une claque

    par Adehoum Arbane le 29.06.2015 Une morne plaine aux étendues linéales. Voilà à quoi ressemble la musique pop en 2015. À force de trop vouloir incarner l’idée de modernité, la production actuelle s’est littéralement desséchée. Hormis quelques exemples pourtant signifiants, le constat semble accablant. Fils spirituel du rock progressif des seventies anglaises, leader de Porcupine Tree, Steven Wilson a décidé de renverser la table. Et d’insuffler à cette pop parfois aseptisée un souffle de liberté. Oh, il ne s’est jamais vraiment éloigné de ses fondamentaux.
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  • Jacco Gardner, grey dream

    par Adehoum Arbane le 08.06.2015 La Hollande – et au passage l’ensemble des pays de la péninsule scandinave – recense l’une des plus importantes collections de disques pop. Pour l’amateur de musique sixties, voire seventies, c’est du côté d’Amsterdam – entre autre donc, car on peut aussi aller à Hambourg, Stockholm – qu’il faut aller chasser ! Qu’il s’agisse de pop anglo-saxonne ou de production 100% locale, c’est là–bas que l’on dénichera – les guides touristiques s’en font l’écho – les trésors vinyliques, souvent proposés à des prix "raisonnables" et dans un état proche de la virginité absolue. 
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  • Tame Impala, la malédiction du 3

    par Adehoum Arbane le 04.05.2015 Que nous disent les deux derniers singles de Tame Impala ? Ils nous rappellent à quel point la production actuelle, à la fois pléthorique et incessante, disparaît aussi vite qu’elle a surgi. Passer le cap du troisième album sans décevoir, en maintenant un certain niveau de qualité – voire en allant plus loin –, est devenu chose rare. On se souvient du cas MGMT qui, malgré ses indéniables mérites, avait déçu jusqu’à ses plus indécrottables thuriféraires. Mais qui se rappelle de Vampire Weekend, Two Doors Cinema Club et autres avatars modeux
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  • Jarvis Platini, espérance propre

    par Adehoum Arbane le 06.04.2015 Si un jour on m’avait dit que j’écrirais à propos d’un album pas tout à fait disque, parce que dématérialisé, sur des chansons non chantées mais chontées, c’est-à-dire contées. Je crois que j’aurais ri. Venons en à Sale Hope. Ceci n’est ni une pipe ni de la pop, pas plus du rock. Punk ? À voir. Art brut sans aucun doute tant l’exigence du texte à nu, porté par une voix à la limite de la fêlure, paraît insurmontable. 
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  • Aline, l’avis électrique

    par Adehoum Arbane le 23.03.2015 Ça y est. J’entre dans ma quarantième année. Non pas qu’une forme de frayeur me saisisse. Nullement. Il reste tant à accomplir qu’une espérance de vie raisonnée rend désormais possible. La vie est encore là, rougeoyante, circulant dans les veines, battant les tempes. La vie électrique. La formule claque, parle. C’est précisément celle qu’a retenue Aline pour annoncer son futur deuxième album. La vie électrique, comme un manifeste stylisé, éclate en ce moment dans les ondes. 
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  • Magma, danse sur le fil

    par Adehoum Arbane le 23.02.2015 Le poète Pierre Reverdy affirmait : « le cœur n’est jamais si bien en équilibre que sur un tranchant d’acier. » Ces mots, cette quête ardente autant que permanente – l’équilibre donc – semblent correspondre en tout point à la musique de Magma. Au premier abord, un équilibre entre un passé – livré et assumé – et un présent en construction. Équilibre aussi entre les forces en présence qui structurent le répertoire du mythique groupe de Christian Vander. Ici, Slag Tanz. Morceau qui existait déjà dans les premiers âges magmaïens sous une forme inachevée...
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  • Moodoïd, la gaieté scénique

    par Adehoum Arbane le 09.02.2015 D’ordinaire, la Gaîté Lyrique porte mal son nom. Motif de la bouderie, son indécent déballage de jeunes branchés aux mines marmoréennes et aux blue-jeans années 80 remontés jusqu’aux épaules. Malgré la beauté de son architecture ancienne figée dans un écrin moderne, tout en néon traversant, la joie de vivre n’y explose pas à chaque mètre carré. Tel ne fut pas le cas ce soir – bleui par le froid – du 28 janvier 2015. Et pour cause puisque Moodoïd y donnait un concert dont l’attente était aussi forte que les visages, eux, étaient patibulaires.
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  • 2014, Top Less ?

    par Adehoum Arbane le 05.01.2015 Je vous arrête tout de suite ! Inutile de remettre en cause la légitimité même du top pas plus qu’il n’est loisible de s’interroger, à l’occasion d’un tourbillonnant brainstorming au cœur d’une rédaction imaginaire, sur les 10, 20, 30, 50, 100 meilleurs albums de l’année. Au fond, ce qui rend l’exercice pertinent, c’est bien sa matière même. L’album. Et surtout ce je-ne-sais-quoi qui le différencie des autres – de la masse, en fait – au point de l’autoriser à rejoindre un classement, fut-il provisoire. 
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  • Joel Jerome, presque un nom

    par Adehoum Arbane le 23.12.2014

    Quand il n’est pas le déversoir de la médiocrité humaine, l’Internet peut parfois réserver d’heureuses surprises. Oubliez vos lol cats falots et autres statuts de Narcisses contemporains. Il ne s’agit pas plus de disserter en boucle sur des gifs animés. Joel Jerome est le sujet qu’il faut aborder, explorer, pousser sans à priori ni fantasme. Pas vraiment EP, pas encore LP, Babies On Acid, le premier effort du monsieur livré il y a quelques mois, possédait déjà la vertu – somme toute réjouissante – d’éveiller la curiosité. 


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  • Sans les Coral, le bateau cool

    par Adehoum Arbane le 15.12.2014 C’est par le hipster que tout commença. L’obsession du cool. Appliquée à la musique et, plus particulièrement à la pop, elle vire souvent au grotesque. S’inscrire dans son temps reste, et nous ne le dirons jamais assez, une intention louable. Un crédo infiniment respectable. Mais il ne faut pas confondre être « de son temps » et « dans l’air du temps ». Démarche viciée qui passe systématiquement par l’emploi de machineries synthétiques en boucles obsédantes, de boîtes à rythme à l’encéphalogramme plat. Seule reste la posture, forcément vaine. 
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  • Foxygen, album#3 vicieux ou vicié ?

    par Adehoum Arbane le 08.12.2014 Si l’on en croit la Bible, le suicide relève du péché absolu. Pour les japonais, il s’inscrit dans une tradition mêlant honneur et courage. Quand un samouraï est battu à la guerre, il se fait seppuku. Quelles que soient les valeurs – militaires ou spirituelles – auxquelles l’individu se réfère, celles-ci ne dépassent jamais le périmètre de leurs attributions. Ainsi, il n’existe pas à proprement parler de concept équivalent à l’aune de la pop music. Le suicide, commercial par définition, se veut la résultante d’une mécanique complexe et huilée...
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  • Thèse, antithèse, teaser selon Alister

    par Adehoum Arbane le 24.11.2014 Alister est connu pour être prolifique. Plusieurs cordes à son arc, comme dit l’expression. En parallèle de ses activités journalistiques passées à inventorier méthodiquement les héros de la pop culture française – lui y'en a vouloir Jean Yanne, Desproges, Prévost et tant d’autres dans sa revue Schnock –, l’homme de lettres donc, de sa plus belle plume envoie une missive du genre mélodique, offrant un après à ces deux avant-propos que furent les brillants Aucun mal ne vous sera fait et Double détente, parus respectivement en 2008 et 2011. 
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