A new disque in town


  • Chocolat, bromance avant la transe ?

    par Adehoum Arbane le 20.12.2016 « La vie est trop courte pour être petite », confessait Benjamin Disraeli. Surtout, la vie est trop courte pour se perdre dans je ne sais quel délire de mecs, de geeks, de gaspiller temps et énergie à ne pas produire pour soi. C’est en substance le sentiment que l’on ressent à la découverte, d’abord amusée, puis enthousiaste du troisième – et conceptuel –  album de Chocolat, le side project du singer-songwriter Jimmy Hunt. Alors que les fans transis attendent le digne successeur du génial Maladie d’amour, Hunt se tape un trip avec ses potes musiciens. 
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  • Barbagallo, chien pas si fou

    par Adehoum Arbane le 13.12.2016 Arrêtons de faire de Paris l’épicentre de la créativité musicale. Vive la décentralisation ! Non, ceci n’est pas le slogan, la promesse griffonnée, braillarde, sur un tract de campagne à l’aube de l’année 81. À l’heure de la mondialisation, Barbagallo a décidé de donner sa chance à la régionalisation. De sillonner un imaginaire terrien, hautement émotionnel. « L’amour est le dernier pays ou j’irai marcher. Pourquoi courir le monde, à l’ombre de rien ? », chante-il d’un air faussement désabusé, en vérité d’une joie inépuisable. 
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  • BLOT, Mr Tambourine frontman

    par Adehoum Arbane le 06.12.2016 Le monde du rock est ainsi fait, divisé entre frontmen et sidemen. Ce que l’on appelait autrefois, avec une pointe de mépris, les requins de studio. BLOT a longtemps fait le job aux côtés de l’éruptif Gaspard Royant, et qui plus est, avec conscience et professionnalisme. Par tous les temps, en studio comme sur scène – il fallait à ce propos le voir dans la nuit live décocher ses flèches hendrixiennes.  BLOT est bien plus que le simple nom d’un musicien, celui d’un singer-songwriter qui eut soif de se réinventer sans cesse au travers de projets...
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  • Daisy Lambert, maréchal de transe

    par Adehoum Arbane le 29.11.2016 Maréchal de France, chef du conseil royal des finances et ami de Louis XIV, François de Neufville de Villeroy représente l’une des principales figures de la noblesse lyonnaise et qui fut, pour reprendre les mots mêmes de Saint-Simon, « magnifique en tout ». Malgré une carrière militaire des moins glorieuses, cet homme loyal se coula dans les habits du courtisan accompli bien qu’il conserva des attaches solides avec sa bonne ville de Lyon dont il fut gouverneur. 
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  • Alister, souvenir, souvenir

    par Adehoum Arbane le 22.11.2016 Dernier volet d’une trilogie qui ne dit pas son nom et dont il représente la synthèse, Mouvement Perpétuel annonce donc la fin d’un cycle. Il clôt une époque qui semble résonner avec une promesse épanchée sous la plume alerte d’Alister : No Future mais No Stalgie. Et pourtant, alors que le rockeur laisse partir son petit dernier, on ne peut s’empêcher d’y voir un signe de tristesse, une forme de mélancolie codée que l’on retrouve, en filigrane, à travers les douze chansons de l’album.
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  • Charles-Baptiste, artiste dalien

    par Adehoum Arbane le 15.11.2016 Salvador Dali était coutumier du fait, non par manque d’inspiration mais bien parce qu’il se sentait profondément questionné par un sujet, une œuvre. Revisiter inlassablement un tableau, lui conférer une majesté nouvelle, l’éclairer d’un soleil autre, autrement placé. Même le terme revisiter possède un charme certain, comme si l’artiste pouvait rentrer une fois de plus dans son œuvre, la parcourir méticuleusement, en modifier l’architecture. 
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  • The Lemon Twigs, Cocteau Twigs

    par Adehoum Arbane le 08.11.2016 On pardonne tout à la jeunesse. Son audace, son insouciance, son insolence, son mépris des codes et des usages. De même que son talent. Grande oubliée des programmes et des promesses, la jeunesse exprime toute la démesure de son immense potentiel dans le libre périmètre du rock. Et ce depuis des décennies. Songez aux Beatles, aux Who et autres trublions électriques. Nous accorderons donc notre grâce aux deux têtes pensantes de Lemon Twigs...
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  • Pépite, têtes chercheuses

    par Adehoum Arbane le 01.11.2016 On ne les connaît que trop bien ces accroches faussement prometteuses qui lardent les affiches de cinéma. « Un chef-d’œuvre », « Magnifique », « Émouvant », « MAGISTRAL », « Une pépite ». Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, dit-on. Lorsque l’on découvre la musique de Pépite, on craint le pire, on s’attend à une déception à la hauteur de la proposition. Imaginez donc ! La pépite, ce bout d’or gros comme un caillou que des pionniers cherchaient inlassablement. 
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  • The Divine Comedy humaine

    par Adehoum Arbane le 18.10.2016 Balzacien, Neil Hannon l’est sans le savoir. Pas tant pour la pop à patine qu’il polit depuis plus de deux décennies. Balzac avait emprunté à la Divine Comédie son titre de La comédie humaine, et ce n’est ici pas vraiment un hasard. Reprenons depuis le début. D’un disque à l’autre, Neil Hannon perpétue les codes du songwriting pop à l’ancienne, il enlumine ses chansons d’instruments antiques, explore des registres que d’aucuns qualifieraient de poussiéreux, voire de franchement rétrograde. Ironie du sort, sa musique n’a jamais été aussi actuelle. 
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  • Lafayette, le rêve américain

    par Adehoum Arbane le 11.10.2016 L’eldorado, voilà le moteur philosophique de la culture pop. Dans la littérature moderne, c’est la transgression esthétique. Le cinéma lui recherche le champ-contrechamp parfait. Pour la musique populaire, en France comme de l’autre côté de la Manche, c’est la chanson choc dans ses dessous chics. L’eldorado de Lafayette est à prendre au pied de la lettre. Surtout il a été fort bien résumé par des générations d’auteurs-compositeurs-interprètes avant lui. Maxime Le Forestier rêvait de San Francisco, Julien Clerc claironnait sur la Californie. Sanson voyait plus loin, d’abord Hollywood puis Vancouver. 
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  • La Femme, fatal ?

    par Adehoum Arbane le 27.09.2016 « Je veux apaiser, rassembler, réformer. » Mais putain, ta gueule Alain ! Je t’aime bien mais là nous parlons de choses sérieuses, plus précisément du nouvel album – le deuxième – de La Femme. Malgré des qualités indéniables, La Femme reste l’exemple typique du groupe enfermé dans le phénomène qu’il suscite. On ne peut pas dire que l’on n’aime pas la Femme, la chose est interdite, comme en d’autres temps personne n’osait assumer son amour pour Queen en place publique. C’est le retour de la Morale, forcément contre les haters, les rageux, entrainant avec elle son cortège incessant, obsessionnel de phobies. 
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  • Alister, de l’orage dans l’air

    par Adehoum Arbane le 05.07.2016 Tout est question de timing. Tel est l’enjeu. Un exemple : alors qu’Altamont signe sans le savoir l’acte de décès du psychédélisme hippie, les Stooges déboulent avec un No Fun prophétique. Quand le prog n’en finit plus d’agoniser, de double en triple albums, les petits cons du punk mettent un pied dans la porte, renversant dans la foulée la table de la loi rock. Alors quand les différentes révolutions larvent l’actualité, quand les élus se damnent en harcelant ces dames, quand le petit air du « tout fout le camp » se diffuse un peu partout, il était logique de faire dans l’urgence...
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  • Eskimo, le grand saut

    par Adehoum Arbane le 28.06.2016 L’important n’est pas de savoir si Eskimo sonne comme la petite sœur australe de PJ Harvey. Non, l’important est de savoir d’où vient Eskimo. Pour comprendre la suite, à l’évidence. On la retrouve ainsi très tôt au côté d’Erwann Corré, leader facétieux et perfectionniste du collectif pop surréaliste, De La Jolie Musique. La belle y joue divers instruments, y fait parfois retentir son timbre. Alors, quand elle décide de voler de ses propres ailes sous son propre surnom, Eskimo, la jeune musicienne ose le grand saut. Pour atterrir là où on ne l’attendait pas. 
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  • Kyle Craft, dans nos petits papiers

    par Adehoum Arbane le 21.06.2016 Les amis de mes amis sont mes amis, et c’est tout naturellement que l’on suit l’avis d’Alister, singer-songwriter de son état, homme de presse et surtout homme de goût. Oh ce dernier n’est pas à proprement parler un ami, pas plus que Kyle Craft n’est le sien. De ce proverbe vieux comme le monde on retiendra donc l’esprit de confiance. La sagesse de ceux qui connaissent sur le bout de leurs doigts de pianiste les canons de la pop. 
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  • Kevin Morby, l’art du dépouillement

    par Adehoum Arbane le 14.06.2016 On connaissait les franciscains pour cette qualité-là. Se délester du confort matériel, si l’on ose dire, s’agissant de moines, pour embrasser l’absolu et la spiritualité. Inspiré par Saint François d’Assise, ces hommes défièrent l’autorité religieuse, qui elle se gobergeait dans la richesse et l’apparat. En musique il existe de ces moines artistes qui sacrifient tout à leur art, mieux, qui choisissent l’expression la plus dépouillée pour faire surgir la beauté là où elle se trouve. Paradoxalement, c’est ici le cas de Kevin Morby. 
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  • The Limiñanas, novelists rock

    par Adehoum Arbane le 07.06.2016 Pris dans l’épuisante immédiateté du monde moderne, essoré par la lessiveuse médiatique, on oublie tout simplement de se poser, de penser. Il faut hélas l’avouer, la critique rock ne fonctionne plus qu’aux moyens d’étiquettes, facilité qui prive tout un chacun d’un droit à l’analyse qui devrait irriguer le journalisme pop. La musique des Limiñanas s’avère, par essence, référentielle. Elle puise son énergie, sa sève dans ce corpus musical que sont les musiques populaires, qui s’époumonent depuis plus de cinquante ans. 
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  • Lafayette ou le génie français

    par Adehoum Arbane le 31.05.2016 Ne nous voilons pas la face, la pop est et restera anglo-saxonne. Question d’identité. Tout un pan de notre histoire contemporaine en atteste. La France a longtemps hésité à assumer ses particularismes – cette langue française si peu faite pour les refrains limpides – malgré quelques noms prestigieux, dont Serge Gainsbourg que Lafayette ne se prive pas de citer dans son dernier single, le sulfureux La mélancolie française. Et pourtant, Lafayette réussit cette alliance fantasmée entre l’exactitude pop et la volubilité de la langue française. Mais dans cette nouvelle contribution il va plus loin. 
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  • Chatelard, le dix-neuvièmiste

    par Adehoum Arbane le 24.05.2016 L’artiste, cet être tourmenté, obsédé. Pas tant pour son étrange manie de toujours réécrire, de repeindre couche après couche une œuvre qui ne peut être figée. Chez Alexandre Chatelard, l’obsession va plus loin, même si elle passe par cette exigence maniaque. Sans peut-être le savoir, cet auteur-compositeur bien connu des radars de la création musicale post-moderne s’avère, paradoxe ultime, un dix-neuvièmiste. Un amoureux des temps anciens, littéraires et picturaux auxquels il fait référence. L’art académique – ne pas entendre conventionnel – dont il est question ici s’efforçait ainsi d’approcher la perfection...
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  • Daisy Lambert, the great geek in the sky

    par Adehoum Arbane le 17.05.2016 Ground Control To Major Tom ? Rien, aucune réponse et pour cause, son créateur est mort. Disparu, aspiré. Rassurons-nous, d’autres se sont levés, déjà prêts, avec dans leurs mains fécondes la matière nouvelle de la pop du futur. Daisy Lambert ne nous avait pas réellement quitté, il nous revient aujourd’hui avec l’amorce stellaire d’un deuxième album qui s’annonce grandiose. Ce clair-obscur galactique, cet autre versant de la lune s’appelle Les Cœurs Célestes. Ode à l’amour prétend la formule. Il est vrai même si cette évidente définition, pour simpliste qu’elle soit, semble lui aller comme un gant. 
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  • Juliette Armanet, l’art manié de la pop

    par Adehoum Arbane le 03.05.2016 C’est peut-être la chose la plus précieuse qui soit. Un graal pour certains. Un secret bien gardé pour d’autres. Tous en rêvent, car il fédère la pop au-delà du temps, des époques, nous parlons de ce satané refrain. Il est le trampoline sans quoi une mélodie, aussi parfaite, aussi pure soit-elle, ne pourrait s’envoler vers les sommets. Qu’il s’exprime en anglais ou dans la langue – plus châtiée – de nos grands littérateurs, seule compte son exactitude. Sa capacité à durer, à perdurer même. Juliette Armanet semble avoir décroché la martingale.
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  • Gaspard Royant, le feu et la classe

    par Adehoum Arbane le 26.04.2016 Il convient de dépasser le simple débat du revivalisme, ou même du vintage. Gaspard Royant s’affirme comme un styliste accompli, point. Le constat, flagrant, explose à chaque seconde de son deuxième effort, Have You Met Gaspard Royant ?, dont l’adresse reste de manière fort habile dans les mémoires, comme un rappel. Tout dans ce disque, des morceaux jusqu’à la pochette, parle de son amour pour ce que l’on appelait naguère le « bel ouvrage ». 
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  • Breakfast in Australia

    par Adehoum Arbane le 04.04.2016

    Disons-le sans ergoter. Currents est à Tame Impala ce que Breakfast In America fut à Supertramp. Maintenant que le débat est posé, il serait sage de dissiper tout malentendu. Il ne s’agit pas de prétendre que les albums sonnent de la même manière, qu’ils empruntent la même autoroute inspirationnelle, non. Au-delà même des années qui les séparent, de leurs styles respectifs, c’est dans leur démarche intrinsèque et, plus largement, dans le parcours des groupes, que la comparaison s’avère pertinente. 


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  • LaMontagne sacré

    par Adehoum Arbane le 14.03.2016 Surgi de la nuit des temps, l’ouroboros nous revient aujourd’hui. Allégorie présente dans de nombreuses civilisations perdues depuis – mais ô combien fascinantes –, le serpent qui se mort la queue symbolise la continuité, l’autofécondation et l’éternel retour. Un animal si puissant, si protecteur – dans la culture nordique – qu’il finit par s’enfermer dans un perpétuel recommencement. Étonnant paradoxe qu’a retenu Ray LaMontagne pour son sixième album – son meilleur ? La question semble plus que légitime tant le singer-songwriter est parvenu à se réinventer en évitant le grand écart stylistique. 
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  • Fat White Family, other fuckers

    par Adehoum Arbane le 15.02.2016 Et si le nihilisme était la meilleure preuve qu’un album de rock est bien ce qu’il prétend être : rock ? Après leur très remarqué premier essai, le si coquettement nommé Champagne Holocaust, la Fat White Family récidive avec une deuxième tentative. Rien que l’impossibilité de nommer la chose en dit long sur l’étrangeté de ce Songs For Our Mothers. Difficile aussi à situer sur une cartographie musicale, quelle qu’elle soit. Sont-ils américains comme le laisserait présager la dureté, l’aridité, voire la dégueulasserie de la musique, ou plutôt anglais comme le raconte leur biographie, détail qui s’avère pourtant exact. 
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  • Chansons adultes d'un Benjamin de la pop

    par Adehoum Arbane le 25.01.2016 J’avoue avoir été touché par Night Music, Love Songs de Benjamin Schoos. Littéralement terrassé. Malgré ses lenteurs, à l’évidence assumées. Malgré son petit côté Rock Bottom des temps modernes. Cet album porte bien son nom qui s’épanouit le soir, quand le monde est couché, quand, casque sur les oreilles, on accepte de errer entre demi-sommeil et rêve éveillé, hébété. Mais il ne faudrait pas rester en surface, dixit Le Grand Paquebot Va Sombrer. La surface des choses, l’écume des nuits donc, ce serait d’affirmer que ce disque est celui des retours d’after. 
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