A new disque in town


  • Drame, acte 2

    par Adehoum Arbane le 13.03.2018 La musique instrumentale est par définition inclassable. Elle s’étend du classique – appellation réductrice – au jazz, du rock (dont les jams cosmiques !) à la techno, et joue même des coudes pour se frayer un passage vers les œuvres expérimentales. Difficile à cerner, elle n’en demeure pas moins exigeante. Hors format, elle ne se laisse pas si promptement apprivoisée. Car il faut bien arriver à remplacer idées et mots par des sons, des notes, plus globalement caractères et tonalités afin d’exprimer telle ou telle émotion. Parfois, souvent, la musique instrumentale choisit un chemin de traverse, en dehors de toute recherche de signification. 
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  • MGMT, âge sombre ?

    par Adehoum Arbane le 06.03.2018 Wolfgang Amadeus Mozart composa La flûte enchantée en 1791, puis mourut la même année. Il avait 35 ans. Aujourd’hui, nous gardons de lui – et pour l’éternité – l’image du film de Milos Forman, soit un jeune homme fantasque au rire tintinnabulant. Il se trouve que Andrew VanWyngarden et Ben Goldwasser ont composé leur quatrième album, Little Dark Age, au même âge (on leur souhaite toutefois une plus longue existence !). Ainsi et depuis leurs fracassants débuts, ils réécrivent, au fil des albums, leur œuvre de jeunesse. Tels des Mozart de l’ère pop. C’est peu dire que leur musique recèle cette part enfantine...
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  • The Limiñanas, homme et femme de l’ombre ?

    par Adehoum Arbane le 20.02.2018 Johnny vient de laisser sa peau au vestiaire du provisoire pour rejoindre l’éternité. Pour les quelques rockeurs restants, c’est cependant un souffle précaire qui les maintient en vie. Et si comme après l’apocalypse, les Limiñanas étaient les derniers ? Des Mad Max des temps nouveaux, guerrière et guerrier. Ouverture et Le premier jour, comme le symbole de cette destruction créatrice. Leur musique sur cet album se déroule telle l’autoroute sans fin d’un rock extatique, avec paroles, mais sans réelle désir de l’inscrire dans les espaces codés du songwriting. D’où cette permanence...
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  • Rétrospective ?

    par Adehoum Arbane le 09.01.2018 Au "c’était mieux avant", bêtement remisé par les thuriféraires de la modernité, préférons l’image d’un passé pop en forme de corne d’abondance dont on n’aurait pas fini d’explorer les moindres recoins. Non que notre époque ne soit pas digne d’intérêt, musicalement parlant, mais il semblerait que les trois âges d’or – 60s, 70s, 80s – de la pop nous réservent encore quelque surprise. Ainsi, on aura donc attendu 2017 pour découvrir des disques, connus ou non, parfois approchés ou pas, et dont l’écoute intégrale relève de la révélation mystique. Certains ont réapparu par l’entremise de la réédition quand d’autres ont été tout bonnement… 
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  • Matthieu Malon, froideur des sentiments ?

    par Adehoum Arbane le 19.12.2017 D’ordinaire, la simple évocation des sentiments – ce que l’on appelait autrefois l’amour courtois – collerait plus naturellement au registre musical de la folk, cette forme personnelle et délicate qui convient si bien à l’épanchement de l’âme. Chez Matthieu Malon, cet épanchement existe, mais c’est un véritable torrent de lave. Dans l’hiver du cœur certes, mais un torrent de lave malgré tout. Malin, Malon évite le cliché de la déprime faite musique. Il le fait tout au long de ce quatrième album en plantant ainsi le décor. Alternance entre morceaux courts – voire très –, à la coloration pop, et morceaux plus longs...
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  • Daho et la psyché

    par Adehoum Arbane le 12.12.2017 Dans le célèbre conte de Charles Perrault, le Petit Poucet et ses frères sont abandonnés en forêt par des parents trop pauvres pour les nourrir. Au courant du terrible sort qui les attend, Poucet a l’intelligence de semer des cailloux qui permettront à la fratrie de retrouver son chemin. On peut reprendre cette symbolique à bon compte au sujet d’Etienne Daho qui nous revient, comme Poucet, avec un nouvel album, Blitz. Dès la première écoute, c’est peu dire que le registre psyché en bourdons de fuzz étonne quand on connaît son amour immodéré pour la belle pop solaire - le mot est certes réducteur, mais approprié ! 
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  • Kurt et Courtney pour se rencontrer

    par Adehoum Arbane le 24.10.2017 Courtney & Kurt, affiche crânement la pochette de l’album. Love & Cobain. Telle est l’image qui vient de surgir de façon fulgurante. Il fallait oser. Cependant loin du couple infernal dont les affres défrayèrent jadis la chronique, cette dernière consacre un nouveau duo, jeunes hérauts de la scène indé : Courtney Barnett et Kurt Vile. C’est une tradition du rock et de la pop, vieille comme le monde, mais qui n’en finit pas de se réinventer au fil des combinaisons. On connaissait Simon & Garfunkel, Sam & Dave, Sonny & Cher, Nancy & Lee. Plus pointus Hall & Oates, Delaney & Bonnie, Dillard & Clark...
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  • LCD, dream without a dream

    par Adehoum Arbane le 10.10.2017 V des Horrors est l’album que James Murphy – alias LCD Soundsystem – aurait dû écrire et sortir à la place de son rêve américain, joli mais trompeur. Les Horrors vivent leur ascension. Renouvèlement et audace sont leurs mamelles nourricières. Le groupe de Faris Badwan sera passé, en quelques années, de gentil combo garage goth au statut envié de formation contemporaine, rien de moins. Est-ce à dire que le leader de LCD demeure un novice dans l’art de mêler rock brut et expérimentations, que nenni. Cependant, à trajectoire quasi identique – période, nombre d’albums –, les Horreurs auront prouvé qu’un groupe aussi attendu soit-il...
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  • The Horrors, le V de la victoire

    par Adehoum Arbane le 10.10.2017 V des Horrors est l’album que James Murphy – alias LCD Soundsystem – aurait dû écrire et sortir à la place de son rêve américain, joli mais trompeur. Les Horrors vivent leur ascension. Renouvèlement et audace sont leurs mamelles nourricières. Le groupe de Faris Badwan sera passé, en quelques années, de gentil combo garage goth au statut envié de formation contemporaine, rien de moins. Est-ce à dire que le leader de LCD demeure un novice dans l’art de mêler rock brut et expérimentations, que nenni. Cependant, à trajectoire quasi identique – période, nombre d’albums –, les Horreurs auront prouvé qu’un groupe aussi attendu 
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  • Gardiens de la galaxie… pop

    par Adehoum Arbane le 03.10.2017 La bande originale n’a pas toujours eu – à tort – les honneurs de la presse. Peut-être parce que celle-ci devait durablement se diviser en deux catégories, pour paraphraser Eli Wallach dans Le bon, la brute et le truand. D’un côté, les musiques de film entièrement composées par des groupes ou des compositeurs attitrés (Pink Floyd, Ennio Morricone, John Williams, François de Roubaix pour ne citer qu’eux). De l’autres, les BO enchaînant les reprises des grands tubes de l’histoire du rock et de la pop. Concourant dans la seconde catégorie, Gardians of the Galaxy : Awsome Mix Vol. 2 s’en distingue cependant et ce, pour au moins deux... 
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  • The War On Drugs, trip rock

    par Adehoum Arbane le 26.09.2017 Décomplexé. La seule évocation de ce mot fait frémir. Et pourtant, The War On Drugs est bien l’un des rares groupes à assumer un rock décomplexé. De son temps, mais sans pour autant se laisser pervertir par les sirènes de l’esthétique. Est-ce à dire que son quatrième album, A Deeper Understanding, ne l’est pas, nous répondrons par un non franc et massif en guise de cri du cœur. De prime à bord dense, bloc de son immédiat, ce très beau disque s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. Surtout, jamais il ne cède aux tentations synthétiques bien qu’ajoutant à sa palette instrumentale claviers en tous genres. 
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  • Roger Waters, un homme en colère

    par Adehoum Arbane le 19.09.2017 On prétend souvent que le rock est mort, à raison. Trop d’argent, trop de cynisme, mais aussi et sans doute – ce qui était à craindre – une vie bien trop longue pour prétendre surprendre à nouveau. En 76, les punks sauvèrent les meubles. Dans les années 80, alors que le hip hop juvénile et crâneur débarquait, une certaine synthpop proposa – enfin – un discours neuf. Puis vinrent le grunge – Nirvana – et l’électro, qui était déjà pour cette dernière une autre histoire dans le sillon de la pop culture. Mais que reste-t-il de tout cela en 2017 ? Le rock c’était la colère, la sauvagerie, un désir d’abandon...
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  • Ariel Pink, white mishmash

    par Adehoum Arbane le 12.09.2017 Ariel Pink est le Frank Zappa des temps nouveaux. Un Brian Wilson synthétique. Un Kim Fowley produit par Quincy Jones. Ariel Pink est un derviche tourneur qui s’arrête tantôt sur l’un de ces modèles pour mieux l’explorer, le transcender. Aux yeux de ses détracteurs, c’est son fonds de commerce. Et sa corne d’abondance pour ses fans les plus ultras. Zappa, période Mothers of Invention, pour cet art si américain – voire californien – du crossover, du mishmash comme on dit en anglais. À l’image du célèbre moustachu qui mélange avec bonheur doo-wop, jazz et pop, Pink s’avère un véritable shaker à influences. 
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  • L’aventure Arcade Fire

    par Adehoum Arbane le 05.09.2017 Peu de groupes peuvent s’enorgueillir de voir leur discographie qualifiée d’aventure. L’aventure Pink Floyd, certes. Évidemment. Arcade Fire appartient depuis 2004 à cette catégorie restreinte. Pour avoir repoussé, disque après disque, les frontières étroites de sa propre histoire. Tout maintenant. Voilà bien un titre qui résonne comme une prophétie, mieux comme un second testament, un évangile. Le début de quelque chose d’autre. Cependant il semblerait que le liant n’ait pas réellement pris, le groupe n’ayant pas totalement réalisé sa mue mainstream telle que le promettait son précédent Long Player, Reflektor. 
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  • Miranda Lee Richards, variété us

    par Adehoum Arbane le 18.07.2017 Récemment sur une plateforme de téléchargement, le nouvel album de Miranda Lee Richards était présenté sous l’étiquette Dream Pop. Maladie des temps modernes qui consiste à mal nommer les choses, et donc à ajouter au malheur du monde. Car Existential Beast – cinquième album et œuvre éminemment charnelle – a si peu à voir avec les galettes abrasives auquel il est abusivement comparé. Seul peut-être On The Outside Of Heaven, avec ses synthés vaporeux, pourrait éventuellement prétendre au titre, mais il n’en est rien de la première à la dernière seconde. 
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  • Flotation Toy Warning, flottement de 13 ans

    par Adehoum Arbane le 04.07.2017 Ne dit-on pas « se faire attendre, c’est se faire désirer » ? Dans le cas de Flotation Toy Warning, le désir vire d’emblée à l’excitation priapique. Car il aura fallu patienter treize ans entre leur cultissime premier album, Bluffer's Guide To The Flight Deck, et son successeur, The Machine That Made Us. C’est peu dire que malgré les années, Paul Carter et sa bande font preuve d’une belle constance, retrouvant avec le goût de la composition ces mélodies alambiquées dont ils avaient le secret. 
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  • Peter von Poehl, Graal et grâce

    par Adehoum Arbane le 27.06.2017 Le Saint Graal, c’est la quête d’un objet mythique aux pouvoirs insoupçonnés et que l’on poursuit sans relâche, parfois sans y parvenir. On pourrait dire que Peter von Poehl a trouvé le Graal depuis maintenant onze ans et qu’il tente dès lors de l’entretenir, d’en perfectionner les lignes, de dilater de manière quasi infinie ses nombreuses facultés. Son Graal à lui c’est la pop. Il y a dans sa quête une dimension chevaleresque, et pour d’un héraut comme Peter von Poehl, le Moyen-Âge (d’or de la pop) ne serait aucunement un temps barbare – quelle idiotie de prétendre cela ! 
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  • Kevin Morby, diligente élégie

    par Adehoum Arbane le 13.06.2017 Il fut un temps, c’était alors l’âge d’or de la pop et du rock, où les groupes sortaient un album par an, parfois deux comme les Doors, le Jefferson Airplane ou encore Spirit – Creedence en sortit trois la seule année 69. Aujourd’hui, les temps ont changé où les artistes prennent souvent le temps, plus que de raison, avant de livrer une nouvelle création. Pas pour Kevin Morby qui depuis 2013 enchaîne les albums avec la régularité du métronome, sans s’étendre en palabre ou procrastination inutile. 
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  • Armanet, le cœur bien arrimé

    par Adehoum Arbane le 25.04.2017 Il y a un peu de Luis Buñuel chez Juliette Armanet. Dans ce désir, louable, de renouer avec l’âge d’or. Mais en évitant cependant la passion confite – parce que désincarnée – de la seule posture stylistique. L’âge d’or de Juliette Armanet est bien celui des sentiments. L’amour y est central, comme un arc décochant ses flèches joliment empoisonnées. Pourtant, ce sujet maint fois traité, quasi éculé, trouve ici son expression la plus aboutie. Juliette Armanet a pourtant choisi de le raconter sous son versant le moins flatteur : celui des passions défaites ou de la défaite des passions. 
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  • Fishbach, enfant terrible

    par Adehoum Arbane le 25.04.2017 Les enfants terribles chers à Cocteau ne sont pas si ingrats que cela. Fishbach, de son doux prénom Flora, en fait partie. Elle n’a pas choisi d’écrire – des chansons en l’occurrence – pour exorciser tel sentiment, bien que sa musique, sombre et rugueuse, en donne la trompeuse impression. Fishbach a restitué sur son premier album une musique proche de ce qu’elle écoutait étant petite. Et par là-même, elle a souhaité remercier ceux qui lui avaient fait découvrir cette même musique. Soit ses parents. 
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  • All If, copie non conforme

    par Adehoum Arbane le 18.04.2017 « Si à l’avenir on entend parler d’un faussaire de génie, alors nous penserons à vous » avait déclaré le jury au jeune artiste peintre en devenir, tout juste sorti de l’école. Phrase pas tout à fait imaginaire que des générations de professeurs auront dû prononcer devant le talent insolent de certains de leurs élèves. Surtout quand ces derniers dépassaient leurs maîtres comme on l’observait parfois dans les ateliers du Caravage ou de Ingres, appelés si justement écoles. Toutes ces considérations savantes s’appliquent bien évidemment à la musique, et qui plus est à la pop. 
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  • Father John Misty, batteur en brèche

    par Adehoum Arbane le 04.04.2017 Dans l’imaginaire rock, et plus précisément celui du groupe, chaque musicien occupe une place symbolique. Si le chanteur s’impose comme le leader naturel, le guitariste incarne lui le héros. Le claviériste, quand il est présent, apporte souvent la caution technique et musicale. Quant à la section rythmique, on retombe d’un cran : le bassiste par sa physionomie patibulaire est souvent le grand oublié de l’histoire, et le batteur, s’il n’est pas John Bonham ou Keith Moon, passe directement à la trappe. Dommage car il existe quelques cas historiques de batteurs ayant quitté leurs habits de frappeurs pour briller. 
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  • The Shins, a house is not a motel

    par Adehoum Arbane le 28.03.2017 Une maison de vacances où rien n’a bougé, où les souvenirs semblent avoir été coulés dans l’ambre du temps, pour l’éternité. Oui, les Shins sont notre maison de vacances à nous. Une fois retrouvée, on s’y sent bien, à son aise, comme chez soi. Mais à l’écoute du cinquième album, Heartworms, un sentiment particulier envahit l’auditeur. À peine entré, on découvre que tel meuble n’est plus à la place qu’il occupait précédemment, quand un autre aura tout bonnement été remplacé. Et la maison de reparaître sous nos yeux, mais de manière différente. 
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  • Alexia Gredy, évanescent paradis

    par Adehoum Arbane le 21.03.2017 C’est stupide, mais ce sont souvent les mauvaises images qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on se plonge dans la pop au féminin. Françoise Hardy nous laissant un message personnel, Adjani dans son joli pull marine au fond d’une piscine ou encore les fautes de prononciations et d’accords, en vérité charmantes, de Jane Birkin. Avant de découvrir la musique d’Alexia Gredy, il convient d’abord de fermer les yeux. Puis d’ouvrir grand son cœur, enfin son esprit. On pense alors étrangement à un homme, Michel Lang qui filma ces amours adolescentes auxquelles la jeune artiste fait ici involontairement allusion. 
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  • Les marchands de Temples

    par Adehoum Arbane le 14.03.2017 On nous chante à longueur d’antenne que l’Industrie est morte, que la Moselle sombre, que la Lorraine ne vaut guère mieux. Certes, le chômage de masse est là qui en atteste. Mais soyons sérieux, comment affirmer une telle sottise alors que le dernier né de Temples est une usine à tubes ! Volcano grondait déjà, lorsque le groupe avait décidé de jeter en pâture à l’Internet tout ébaubi son monstrueux single Strange or Be Forgotten. C’était sans savoir que le reste, c’est-à-dire les onze morceaux qui le précédaient, était à l’avenant ! 
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